La Cour de justice de la République (CJR) a ouvert une information judiciaire visant Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, pour « faux témoignage« .
L’annonce a été faite ce vendredi 31 janvier par Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation. Cette procédure fait suite à des déclarations controversées de la ministre lors d’une audition sous serment devant une commission d’enquête parlementaire.
Une audition sous serment remise en cause
Le 30 avril 2024, Aurore Bergé avait nié tout lien personnel avec Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC), devant une commission d’enquête parlementaire. Mais en septembre, le journaliste d’investigation Victor Castanet, dans son livre Les Ogres, a mis en lumière des éléments troublants, évoquant un « pacte de non-agression » entre la ministre et la lobbyiste.
Un signalement de l’Assemblée nationale à l’origine de l’enquête
L’ouverture de cette enquête fait suite à un signalement du bureau de l’Assemblée nationale. La CJR, seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions, est désormais chargée d’instruire cette affaire.
L’avocate d’Aurore Bergé, Jade Dousselin, a réagi à cette annonce : « Nous prenons acte de l’ouverture d’une instruction qui est la suite naturelle de la saisine de la CJR. Aurore Bergé répondra évidemment à toutes les demandes qu’aura cette dernière pour mener à bien son instruction. »
Victor Castanet a dévoilé des éléments susceptibles de fragiliser la défense de la ministre. Parmi eux, un courriel échangé le 1er août 2023 entre Aurore Bergé et sa directrice de cabinet, dans lequel elle évoque Elsa Hervy en des termes familiers : « une copine« , ajoutant qu’ »elle sera très aidante pour moi ». Ces révélations ont conduit plusieurs députés de gauche à saisir la justice pour dénoncer un potentiel mensonge sous serment.
Une ministre sur la défensive
Face aux accusations, Aurore Bergé s’est défendue en affirmant que son rôle de ministre implique d’échanger avec les différents acteurs du secteur, sans pour autant souscrire à leurs positions. Début octobre, elle a d’ailleurs porté plainte pour diffamation en réponse aux révélations du journaliste. De son côté, Elsa Hervy a admis avoir eu des échanges avec la ministre, tout en réfutant l’existence d’un quelconque « pacte« .
