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lundi, mai 4, 2026
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Projet américain sur Gaza : indignation et rejet dans le monde arabe

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  • L’ annonce de Donald Trump concernant une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis et le déplacement de sa population vers l’Égypte ou la Jordanie a provoqué une levée de boucliers la majorité des pays arabes et musulmans.
  • Cette déclaration, saluée par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu comme « révolutionnaire », a suscité de vives réactions dans la région et au-delà.

De retour de Washington, Benyamin Netanyahu a affiché un ton triomphal en qualifiant la vision de Trump de « créative et bien meilleure pour Israël« . « Le président Trump a également présenté une vision totalement différente de l’après-guerre. Pendant une année entière, on nous a dit que le ‘jour d’après‘ devait inclure l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) et l’Autorité palestinienne. Le président Trump est venu avec une « vision complètement différente et bien meilleure pour Israël« , a déclaré le Premier ministre israélien.

Cependant, cette annonce a immédiatement suscité une vague d’indignation à l’international. Plusieurs pays arabes et musulmans ont réagi avec fermeté, qualifiant cette initiative de tentative de déplacement forcé et de violation du droit international.

Condamnations unanimes dans le monde arabe

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé les « activités futiles » des États-Unis, affirmant que « personne n’a le pouvoir d’expulser les habitants de Gaza de leur patrie « . « Les propositions mises à l’ordre du jour par la nouvelle administration américaine concernant Gaza sous la pression du lobby sioniste ne méritent pas d’être examinées ou discutées de notre point de vue« , a-t-il ajouté.

L’Arabie saoudite a également exprimé son rejet total de cette proposition, la qualifiant de tentative de détourner l’attention des « crimes continus commis par l’occupation israélienne contre les Palestiniens« . Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que « le peuple palestinien a droit à sa terre et ne peut être expulsé« .

Une position soutenue par l’Égypte, qui a qualifié les déclarations israéliennes de « violation flagrante du droit international« . La Jordanie, quant à elle, a appelé à une réaction ferme face à « une rhétorique irresponsable menaçant la stabilité régionale« , selon son porte-parole Sufian Qudah.

Le Qatar, le Koweït, Bahreïn et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont unanimement condamné les propos de Netanyahu et la proposition américaine. Jassim al-Budaiwi, secrétaire général du CCG, a qualifié ces déclarations de « dangereuses et irresponsables« , appelant la communauté internationale à adopter une « position décisive« .

Le Bahreïn a souligné que toute initiative visant à déplacer les Palestiniens de leurs terres est « inacceptable« . De son côté, le Qatar, médiateur dans les négociations sur le cessez-le-feu, a dénoncé « une provocation inadmissible« .

Une initiative fragilisant le processus de paix

Alors que la communauté internationale s’efforce de stabiliser un cessez-le-feu déjà fragile à Gaza, cette annonce de Trump semble compliquer davantage la situation. La majorité des pays arabes et musulmans restent attachés à une solution diplomatique, insistant sur le respect des résolutions de l’ONU et du droit des Palestiniens à disposer d’un État viable.

Le rejet massif par les nations arabes et la condamnation unanime de cette approche soulignent les risques d’une escalade des tensions au Moyen-Orient. « Le Royaume affirme que le peuple palestinien a droit à sa terre et qu’il n’est pas un intrus ou un immigrant qui peut être expulsé chaque fois que l’occupation israélienne brutale le souhaite« , a insisté le ministère saoudien des Affaires étrangères.

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