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Alstom investit 150 millions d’euros pour tripler la production du TGV M en France

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Confronté à des retards de livraison et une demande en forte hausse, Alstom mise sur un investissement de 150 millions d’euros pour tripler sa capacité de production du TGV M et créer 1 000 emplois en France dès 2025.

Le constructeur ferroviaire Alstom a officialisé, ce vendredi 4 avril, un plan d’investissement massif de 150 millions d’euros destiné à augmenter significativement sa capacité de production de trains à grande vitesse. Un millier de recrutements sont également prévus en 2025, une annonce qui s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les délais de livraison et les capacités industrielles du groupe.

« Traditionnellement, nous avions une ligne de production de TGV, soit un TGV par mois, douze par an. Nous ambitionnons d’avoir trois lignes, soit un triplement des capacités », a expliqué Henri Poupart-Lafarge, directeur général d’Alstom.

Nouvelle ligne d’assemblage à Valenciennes, doublement à La Rochelle

Pour répondre à la demande, une nouvelle ligne d’assemblage sera installée dans l’usine de Valenciennes Petite-Forêt, jusqu’ici spécialisée dans la production de métros. À La Rochelle, berceau historique des TGV, les lignes de chaudronnerie et d’assemblage seront doublées.

« Nous allons installer une nouvelle ligne à La Rochelle […] et une à Valenciennes. Cela va nous permettre d’être plus flexibles », a ajouté Henri Poupart-Lafarge sur BFM Business.

Actuellement, Alstom ne dispose que d’une seule ligne de production du TGV M, ou Avelia Horizon, dans son site de La Rochelle. Avec ce plan, le groupe vise une cadence de 2,5 trains par mois d’ici deux ans, contre un seul aujourd’hui.

Une demande nationale et internationale sous tension

Développé par Alstom pour SNCF Voyageurs, le TGV M rencontre un succès commercial au-delà des frontières françaises. Le groupe a déjà signé des contrats avec les États-Unis, le Maroc, et Proxima, le premier opérateur ferroviaire privé à vouloir concurrencer la SNCF sur l’axe Atlantique.

« Ce TGV rencontre un grand succès, à la fois en France, mais on l’a vendu aux États-Unis, au Maroc, et au premier opérateur privé, Proxima »,  a souligné le dirigeant.

Mais ce succès s’accompagne de défis logistiques importants. Les premiers exemplaires, commandés par la SNCF en 2018, devaient entrer en circulation fin 2023. Après plusieurs reports, leur mise en service est désormais annoncée pour début 2026.

Le Maroc, qui a commandé 18 rames, espère les recevoir avant la Coupe du monde de football 2030, tandis que Proxima compte lancer son service en 2028 avec 12 rames.

Livrer à temps, un défi pour Alstom

Malgré un carnet de commandes record, Alstom a accumulé des retards de livraison qui commencent à inquiéter ses clients. La SNCF évoquait récemment une « course contre la montre » pour respecter les échéances.

« Nous devons faire monter en capacité l’ensemble de nos usines », a reconnu Henri Poupart-Lafarge. « Nous allons permettre une meilleure régularité dans les livraisons, on va mettre les bouchées doubles. », assure-t-il.

Une relance industrielle stratégique

Au-delà du TGV, Alstom a revu l’ensemble de sa gamme ferroviaire – tramways, trains régionaux et grandes lignes – pour mieux répondre à une demande en forte croissance, tirée par la transition écologique et la saturation des réseaux traditionnels.« Nous avons fondamentalement revu notre gamme de produits », a résumé Henri Poupart-Lafarge.

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