- Lors d’une visite dans la wilaya de Chlef, le ministre de l’Agriculture, Youcef Cherfa, a affirmé que la production nationale de blé dur prévue pour 2024/2025 permettra à l’Algérie de couvrir ses besoins pour l’année 2026.
- Une campagne prometteuse, appuyée par des rendements records et une stratégie de diversification agricole.
L’Algérie se prépare à un tournant dans sa politique agricole. En visite dans la wilaya de Chlef, Youcef Cherfa, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a annoncé que la production nationale de blé dur attendue pour la saison agricole 2024/2025 permettra de couvrir les besoins du pays pour l’année 2026. Un objectif ambitieux qui, s’il est atteint, mettra fin aux importations de cette céréale stratégique.
« Une production attendue de blé dur nous permettant d’assurer l’autosuffisance et de ne plus importer ce produit pour l’année 2026″, a affirmé le ministre lors du lancement officiel de la campagne moisson-battage pour les wilayas du Nord et des Hauts-Plateaux.

Une dynamique positive dans le secteur céréalier
S’exprimant à l’issue de sa visite sur le terrain, M. Cherfa s’est montré confiant quant à la dynamique actuelle du secteur. Il a notamment salué les efforts engagés dans la filière orge, soulignant des progrès notables en matière de production.
« Nous avons beaucoup évolué et allons pouvoir couvrir une bonne période de l’année prochaine à partir de la production nationale », a-t-il indiqué, en ajoutant que la récolte 2024 sera « beaucoup mieux » que celle de l’année dernière et qu’elle enregistre « une cadence positive d’année en année ».
Des rendements exceptionnels dans le Sud
Le ministre a également mis en avant les performances enregistrées dans les wilayas du Sud, où les rendements dépassent les attentes. Il a parlé d’une « récolte excellente », avec des chiffres allant jusqu’à 80 quintaux par hectare, contre une moyenne nationale souvent bien inférieure.
« Des rendements très prometteurs dépassant les 55 quintaux à l’hectare et allant jusqu’à 80 q/ha », a-t-il précisé, saluant les efforts du secteur dans ces régions.
Colza et soja : vers une diversification des cultures
Le développement agricole ne se limite pas aux céréales. La culture du colza prend de l’ampleur, avec une superficie de 21 000 hectares emblavés à l’échelle nationale. Cette plante oléagineuse est destinée à renforcer la production nationale d’huile de table, notamment grâce à des unités de trituration désormais opérationnelles dans le pays.
Quant au soja, introduit à titre expérimental sur 100 hectares, il est appelé à jouer un double rôle : source d’huile végétale, mais aussi matière première pour l’alimentation animale.

« Le soja ne se cultivait pas uniquement pour sa trituration et sa transformation en huile, mais également pour fabriquer l’aliment de bétail », a précisé le ministre, appelant à « réserver plus d’exploitations agricoles pour sa culture, dans le but d’arriver à une production nationale assez confortable.
Assainissement du foncier agricole : un nouveau dispositif intersectoriel
Autre annonce d’envergure : l’assainissement du foncier agricole. Un dispositif conjoint entre les ministères de l’Agriculture, des Finances, de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire a été mis en place pour résoudre plus de 90 problématiques liées à la gestion des terres agricoles.
« Ce nouveau dispositif promet de bonnes perspectives pour le secteur de l’agriculture », a estimé M. Cherfa, soulignant que « l’agriculteur est le seul à même de développer le secteur », tandis que « l’administration a un rôle de l’accompagner, l’assister et assurer la vulgarisation qu’il faut ».
