- Le taux du Livret A passera à 1,7 % dès le 1er août 2025, contre 2,4 % actuellement.
- Une baisse qui impactera directement les 56 millions d’épargnants français.
Le couperet est sur le point de tomber. Sauf revirement de dernière minute, le taux du Livret A devrait passer de 2,4 % à 1,7 % dès le 1er août 2025. Une nouvelle déconvenue pour les épargnants, après déjà plusieurs mois de baisse progressive de la rémunération.
C’est le résultat mécanique d’une formule bien connue des spécialistes de l’épargne : celle qui détermine le rendement du Livret A, fondée sur la moyenne de l’inflation hors tabac et des taux interbancaires (€STR) sur les six derniers mois. Et les derniers chiffres de l’Insee, publiés ce vendredi 11 juillet, sont sans équivoque.
Inflation en berne, taux interbancaires en repli
Les données d’inflation confirment une tendance lourde : la hausse des prix ralentit nettement. Sur un an, la hausse des prix à la consommation (hors tabac) n’est que de 0,9 % en juin. Sur les six derniers mois, la moyenne tombe même à 0,88 %, bien loin des 2,3 % enregistrés un an plus tôt.
En parallèle, les taux interbancaires poursuivent leur décrue. Le taux €STR, auquel les banques se prêtent entre elles, est passé de 2,92 % début janvier à 1,919 % début juillet. Moyenné sur le semestre, il s’établit à 2,44 %.
Résultat : en appliquant la formule officielle ((0,88 % + 2,44 %) / 2), le taux théorique du Livret A ressort à 1,66 %, arrondi à 1,7 %.
Fin d’une parenthèse à 3 %
Ce changement s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plusieurs mois. Le 1er février dernier, le taux du Livret A était déjà passé de 3 % à 2,4 %, après 18 mois de gel décidé par le gouvernement. Le prochain ajustement prévu pour le 1er août devrait donc acter une nouvelle baisse de 0,7 point.
Pour les 56 millions de détenteurs du Livret A, la perspective est claire : leur épargne sera moins bien rémunérée au second semestre. Et cela, jusqu’au 1er février 2026, date de la prochaine révision.
Un geste politique encore possible ?
Peut-on espérer un coup de pouce ? Rien n’est exclu. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, peut encore proposer une dérogation à la formule de calcul. Il reviendra alors au ministre de l’Économie, Éric Lombard, d’en décider. Ce fut le cas lors du gel à 3 % entre 2023 et 2025. Mais en février dernier, aucune intervention politique n’était venue bloquer la baisse.
À l’heure où la BCE assouplit progressivement sa politique monétaire et où l’inflation semble maîtrisée, l’exécutif pourrait choisir de suivre la règle à la lettre.
Une épargne qui rapporte toujours… mais moins
Même à 1,7 %, le Livret A conserve certains avantages : sécurité, disponibilité des fonds, fiscalité avantageuse. Mais dans un contexte de taux en baisse, il devient moins compétitif face à d’autres solutions d’épargne, comme le Livret d’épargne populaire (LEP), l’assurance-vie, ou les comptes à terme.
