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Baladna investit 3,5 milliards de dollars en Algérie pour produire localement 50 % de la poudre de lait nationale

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  • Le géant agroalimentaire qatari Baladna lance un projet agro-industriel majeur à Adrar, au sud de l’Algérie.
  • Évaluée à 3,5 milliards de dollars, cette initiative vise à produire 50 % de la poudre de lait consommée dans le pays, réduire la dépendance aux importations et générer plus de 5 000 emplois directs.
  • La première phase, déjà enclenchée, acte la signature de 14 contrats avec des partenaires nationaux et internationaux.

   C’est un tournant stratégique pour l’industrie agroalimentaire algérienne. Le groupe qatari Baladna a officialisé, ce lundi, la signature des contrats relatifs à la première phase de son ambitieux projet de production de lait en poudre dans la région d’Adrar, au sud du pays. Montant total de l’investissement : 3,5 milliards de dollars.

La cérémonie s’est tenue au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif Rahal d’Alger, en présence de membres du gouvernement, de responsables de la société Baladna et de diplomates, dont l’ambassadeur du Qatar en Algérie.

Une première phase évaluée à 500 millions de dollars

Ce sont 14 contrats, représentant un montant de plus de 500 millions de dollars, qui ont été conclus entre « Baladna-Algérie » et plusieurs entreprises internationales et locales, spécialisées dans les équipements agricoles, l’irrigation, les infrastructures métalliques, les études géotechniques et l’impact environnemental.

Parmi les partenaires clés, GEA Technologies (Allemagne) concevra les lignes de production laitière et les équipements de traite automatisée. UCC (UrbaCon Trading and Contracting) assurera la réalisation de la charpente métallique de l’usine. Quant à EHAF (Qatar), elle élaborera les plans architecturaux du complexe.

Le projet comprend également l’intervention de sociétés telles que AFKO (Turquie) et Valmont (États-Unis) pour les systèmes d’irrigation, DG Jones and Partners pour la gestion de projet, ou encore Condor-Travocovia, RedMed et EFORHYD pour les travaux de terrain, les bases de vie et les forages.

Un projet structurant pour l’Algérie

Ce projet, qui s’étend sur 117 000 hectares, ambitionne de produire localement 50 % des besoins nationaux en poudre de lait, tout en réduisant la dépendance aux importations. Il prévoit la création de plus de 5 000 emplois directs.

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Youcef Cherfa, a salué l’importance stratégique de l’initiative :

« Ce projet représente le socle de lancement de l’ensemble du dispositif national de relance de la filière laitière. Il s’inscrit pleinement dans la stratégie de réduction des importations et de renforcement de la production locale », a-t-il indiqué.

Il a précisé que toutes les conditions sont réunies pour le passage à l’opérationnel :

« L’attribution du foncier agricole, le raccordement au réseau électrique, les autorisations de forage et les infrastructures de base sont déjà assurés. »

Premiers jalons posés avant 2026

La première phase, déjà lancée, prévoit la mise en valeur de 100 000 hectares, la création de 700 pivots d’irrigation pour les cultures fourragères, la construction de deux fermes bovines et d’une usine de production de lait en poudre.

Le démarrage de la production est attendu en 2026, avec l’introduction de races bovines importées, soigneusement sélectionnées pour leur productivité et leur adaptation au climat local.

Soutien transversal des institutions algériennes

Le PDG de Sonelgaz, Mourad Adjal, a confirmé la mobilisation anticipée pour accompagner le projet :

« Le raccordement au réseau électrique national est en cours, parallèlement à l’ouverture des pistes, à la programmation des routes d’accès et à l’installation de la connectivité Internet. »

De son côté, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a mis en avant la portée politique du projet : « Ce partenariat reflète la nouvelle vision de l’Algérie en matière d’investissement productif et confirme les résultats concrets des réformes économiques engagées par le président de la République »

Un modèle de partenariat Sud-Sud

Souad Assaous, directrice générale de l’investissement et du foncier agricole, a rappelé que ce projet est le fruit d’un partenariat exemplaire avec Baladna, signé en avril 2024. Il incarne « notre volonté de nouer des alliances stratégiques pour renforcer la sécurité alimentaire nationale. »

Enfin, le président du conseil d’administration de Baladna, Mohamed Moutaz Al-Khayyat, s’est félicité de cette avancée : « Ce projet mobilisera les expertises nationales et internationales pour une réalisation conforme aux normes et dans les délais impartis. »

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