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BYD dépasse Tesla en 2025 et devient numéro 1 mondial de la voiture électrique

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  • En 2025, le constructeur chinois BYD dépasse Tesla et prend la tête du marché mondial des voitures 100% électriques.
  • Avec plus de 2 millions de véhicules vendus fin novembre, le groupe de Shenzhen confirme sa montée en puissance à l’international.

    Avec 2 066 002 véhicules 100% électriques vendus fin novembre, BYD prend pour la première fois la tête du classement mondial, tandis que Tesla ralentit, plombé par des prévisions de livraisons en baisse, une concurrence plus agressive et une image fragilisée. En toile de fond : droits de douane, bataille industrielle et pari de l’autonomie pour 2026.

BYD franchit un cap historique et relègue Tesla à la deuxième place

C’est une bascule symbolique pour l’industrie automobile : BYD a pris en 2025 la première place du marché mondial des voitures électriques, devant Tesla. Fin novembre, le groupe basé à Shenzhen affichait 2 066 002 véhicules entièrement électriques vendus, franchissant ainsi un seuil historique, rapporte BFM Business ce lundi 29 décembre.

En face, Tesla apparaît distancé. La marque d’Elon Musk avait écoulé 1 217 902 véhicules fin septembre, selon les dernières publications disponibles. L’écart est tel qu’un rattrapage avant la fin de l’année semble désormais hautement improbable.

Tesla : un sursaut au troisième trimestre, puis un net ralentissement attendu

Tesla avait pourtant connu un trimestre solide. Le troisième trimestre 2025 a bénéficié d’un effet d’anticipation lié à l’arrêt imminent d’un crédit d’impôt aux États-Unis, incitant de nombreux acheteurs à avancer leur acquisition. Les livraisons mondiales ont ainsi progressé de 7% sur un an, pour atteindre 497 099 véhicules.

Mais la dynamique pourrait s’inverser dès le trimestre suivant. FactSet table sur 449 000 véhicules livrés au quatrième trimestre, soit une baisse de 9,48% sur un an, et sur une année 2025 à 1,65 million de véhicules, un niveau très inférieur aux ventes de BYD déjà enregistrées au 30 novembre.

Certaines banques sont encore plus prudentes : Deutsche Bank anticipe 405 000 véhicules au quatrième trimestre et UBS 415 000. Selon Deutsche Bank, le repli s’explique par des ventes plus faibles qu’attendu en Amérique du Nord (-33%), en Europe (-34%) et en Chine (-10%).

Concurrence, politique et image de marque : Tesla sous pression

Au-delà des volumes, Tesla doit composer avec plusieurs facteurs défavorables : une transition électrique jugée plus lente que prévu, une concurrence qui se renforce sur tous les continents, et un contexte politique devenu sensible.

La proximité d’Elon Musk avec le président Donald Trump a « terni l’image » de Tesla, alimentant manifestations, appels au boycott et dégradations — particulièrement en Europe, où les ventes ont chuté.

BYD accélère à l’international pour contourner les obstacles commerciaux

Pendant que Tesla ralentit, BYD consolide sa montée en puissance en dehors de la Chine. Malgré une prudence des consommateurs sur son marché domestique, le constructeur multiplie les initiatives industrielles à l’étranger.

« BYD est l’un des pionniers dans l’installation de capacités de production et d’approvisionnement pour véhicules électriques hors de Chine », affirme Jing Yang, directrice pour l’Asie-Pacifique chez Fitch Ratings. Et « cette diversification géographique va probablement l’aider à naviguer dans un environnement de plus en plus compliqué en matière de droits de douane », a-t-elle ajouté.

La stratégie n’est pas anodine : les droits de douane américains sur les véhicules électriques importés de Chine peuvent atteindre jusqu’à 150%. Disposer d’une production et d’une chaîne d’approvisionnement hors de Chine devient donc un levier central pour sécuriser la croissance à l’international.

Des constructeurs chinois dopés par un secteur subventionné

Autre facteur de compétitivité : les constructeurs chinois bénéficient d’un secteur largement subventionné par Pékin. Un soutien qui leur permet de rester agressifs sur les prix, d’accélérer l’innovation et de conquérir des parts de marché à l’export — un avantage structurel face à leurs concurrents.

2026 : l’autonomie comme plan de relance pour Tesla

Pour Tesla, l’année 2026 pourrait marquer un tournant, à condition de réussir le virage technologique. « Pour M. Michaeli, l’année 2026 sera celle de la conduite autonome (FSD) et l’avenir de Tesla dépendra de sa capacité à effectuer ce virage avec succès. »

TD Cowen estime que les ventes pourraient atteindre 1,98 million de véhicules, même si le consensus évoqué se situe plutôt autour de 1,86 million. Et l’enjeu est clair : « S’ils réussissent (le FSD), cela va doper la demande pour leurs véhicules », souligne M. Michaeli, qui s’attend aussi au lancement de nouveaux produits, comme le Semi et une potentielle version SUV du Cybertruck.

Parmi les projets attendus, le Cybercab — destiné au service de robotaxi en déploiement à Austin — doit entrer en production en avril, tandis que la commercialisation de versions meilleur marché des Model 3 et Model Y, annoncées début octobre, est présentée comme un autre levier pour stimuler les ventes.

Un leadership mondial qui redessine le marché de la voiture électrique

En prenant la tête du marché mondial des voitures électriques en 2025, BYD confirme l’ascension des industriels chinois dans l’automobile. Tesla, longtemps référence incontestée du secteur, se retrouve face à une équation plus complexe : défendre ses volumes, restaurer son image et réussir son pari technologique sur l’autonomie. Une bataille qui, au-delà des chiffres, pourrait définir le prochain cycle de la mobilité électrique.

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