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Marché de l’électroménager 2025 : baisse du gros appareil, boom de l’airfryer et l’aspirateur laveur

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  • Le secteur de l’électroménager termine 2025 sur une note contrastée. Tiré vers le bas par la crise du logement neuf, le gros électroménager recule nettement.
  •  À l’inverse, le petit électroménager enchaîne les records, porté par de nouveaux usages, l’essor des appareils “intelligents”.

   En 2025, le marché de l’électroménager affiche un bilan contrasté. Selon l’étude NielsenIQ-GFK réalisée pour le Gifam (Groupement des marques d’appareils pour la maision), les ventes de gros appareils affichent une baisse en valeur de plus de 4%. Une tendance qui s’inscrit dans un contexte plus large : la santé du secteur reste étroitement liée à celle du bâtiment.

Avec moins de logements construits, une partie de la demande s’est évaporée : un million d’appareils n’ont pas trouvé preneurs en 2025.

« Il y a une vraie corrélation entre ventes en immobilier et ventes de gros électroménager. Les appareils encastrables notamment ont subi assez fortement le manque de constructions neuves« , a expliqué Laurent Cours, directeur département statistiques et études au Gifam  à RMC Conso.

Les plus touchés sont les appareils intégrables, installés lors de l’aménagement d’une cuisine neuve. Dans cette catégorie, les fours font partie des principales victimes. Le recul de la construction pèse directement : avec 200 000 logements neufs qui n’ont pas été construits depuis trois ans, les ventes d’intégrables ont dégringolé, un coup dur supplémentaire car ce sont aussi les produits les plus onéreux.

Entre 2024 et 2025, les ventes de gros appareils intégrables chutent ainsi de 7,5% en valeur. Les appareils en pose libre ne sont pas épargnés : ils reculent également, de 3% en valeur.

Cuisinistes : -10% sur fond de moindre mobilité résidentielle

La baisse ne se limite pas aux fabricants. Les cuisinistes disent eux aussi être à la peine, avec une diminution de 10%. En cause, un marché du déménagement moins dynamique : les ménages bougent moins, réaménagent moins, et renouvellent moins souvent leurs équipements.

Dans un contexte de consommation plus prudente, certains critères deviennent décisifs au moment de l’achat : économies d’énergie et d’eau, réparabilité, et performances mesurables au quotidien.

Le cas des sèche-linge résume bien cette logique. Les ventes reculent de 9% pour l’ensemble de la catégorie, mais pas celles des modèles équipés d’une pompe à chaleur. Plus chers, ils séduisent grâce à la promesse d’une consommation d’énergie réduite : leurs ventes grimpent de 8%.

L’électroménager “intelligent” séduit 

Autre argument qui déclenche les achats : l’intelligence embarquée. Les réfrigérateurs sophistiqués capables d’adapter leur fonctionnement aux habitudes des foyers — en produisant plus de froid aux heures d’ouverture fréquente, par exemple le matin — gagnent du terrain. Leurs ventes sont en hausse de 18%, signe d’un intérêt croissant pour des appareils plus autonomes et présentés comme plus efficaces.

Boom du petit électroménager : aspirateur balai laveur et airfryer

Paradoxalement, l’actualité du secteur ne se résume pas au repli du gros électroménager. Le petit électroménager enchaîne, lui, les succès.

Le produit plébiscité par les consommateurs du moment est l’aspirateur balai laveur avec une hausse de +66% en 2024, et une progression du même ordre en 2025. Une performance qui s’explique notamment par l’équipement des ménages : avec un Français sur deux qui possède un animal de compagnie, l’intérêt pour des solutions rapides et efficaces de nettoyage se comprend aisément.

Autre phénomène durable : l’airfryer, appareil hybride entre le four et la friteuse. Dix millions d’unités ont été vendues en trois ans. L’explication tient aussi à l’évolution démographique : moins d’enfants, des foyers plus petits, et un besoin de cuisiner vite de petites quantités, sans multiplier les ustensiles.

La météo, de plus en plus extrême, devient, elle aussi, un moteur de ventes. Laurent Cours, directeur du département statistiques et études du Gifam, parle d’un effet “booster”. « L’année dernière, il a fait très chaud, tous les appareils qui permettent d’avoir du confort de froid ou de pouvoir manger des produits glacés se sont très bien comportés », observe-t-il.

Dans cette catégorie, les sorbetières font figure de symbole : 143% de croissance l’an dernier. « Ce petit électroménager permet d’avoir des préparations chez soi, on se fait plaisir et on sait ce qu’on met dans ces produits », ajoute Laurent Cours.

2026 : pas de miracle attendu, rendez-vous en 2027 ?

Malgré ces segments en forte croissance, les professionnels ne s’attendent pas à une année 2026 miraculeuse. L’espoir se déplace plutôt vers 2027, à condition que les innovations répondent précisément aux attentes des consommateurs : économies, réparabilité, intelligence utile, et adaptation aux nouveaux modes de vie.

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