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samedi, mars 21, 2026
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Guerre au Moyen-Orient : Jean-Noël Barrot appelle à la désescalade et promet la solidarité française avec le Golfe et la Jordanie

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  • Réunis en cellule de crise à Paris, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhorte à « cesser au plus vite » l’escalade militaire, met en garde contre un engrenage régional au Moyen – Orient
  • Le chef de la diplomatie française réaffirme que la France est « prête » à « participer » à la défense de ses partenaires du Golfe et de la Jordanie, tout en plaçant la sécurité des Français au premier rang.

   En réunion de crise au Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a appelé à « préserver le Liban de l’embrasement régional » et à « cesser au plus vite » la spirale militaire qui secoue à nouveau le Moyen-Orient. Dans un contexte de frappes et de ripostes, la diplomatie française insiste sur la nécessité de freiner immédiatement l’escalade, jugée porteuse de risques majeurs pour l’ensemble de la région.

Le ministre a mis en garde contre une prolongation des opérations sans objectif clairement défini. « La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d’un engrenage qui entraînerait l’Iran et la région dans une longue période d’instabilité dont l’issue serait incertaine. C’est pourquoi l’escalade militaire doit cesser », a-t-il martelé.

 Jean-Noël Barrot a également ciblé le rôle de Téhéran dans la crise actuelle : « Le régime iranien doit mettre fin à ses attaques, se résoudre à des concessions majeures et à un changement de posture radicale », a-t-il poursuivi. Avant de rappeler la ligne française sur le droit international : « L’histoire nous l’enseigne, la sécurité et la stabilité collective de long terme ne peuvent être construites à l’écart des principes de justice et du droit ».

 La France se dit « prête » à défendre ses partenaires du Golfe et la Jordanie

Alors que plusieurs pays de la région ont été visés par des frappes attribuées à l’Iran, Paris affiche une solidarité renforcée. La France est « prête » à « participer » à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, « conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective », a déclaré Jean-Noël Barrot.

Lors d’une conférence de presse, le chef de la diplomatie française a adressé un message clair aux États touchés par les frappes iraniennes. Évoquant des pays « ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution » et « entraînés dans une guerre qu’ils n’avaient pas choisie » — Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie — il a assuré que la France leur exprimait « son soutien entier et sa pleine solidarité ». Paris, a-t-il ajouté, « se tient prête (…) à participer à leur défense ».

 « Une responsabilité écrasante » : Barrot charge l’Iran

Dans une charge particulièrement ferme, Jean-Noël Barrot a estimé que le Moyen-Orient était « à nouveau entraîné tout entier dans une dangereuse escalade militaire ». Le ministre considère que « le régime iranien porte une dangereuse responsabilité écrasante dans cette situation », pointant « son obstination coupable à se doter des moyens de la déstabilisation et de la menace », qu’il s’agisse de « ses moyens nucléaires, ses missiles balistiques et son soutien constant à des groupes terroristes ».

Le ministre a également dénoncé, sur la durée, l’attitude des autorités iraniennes : « Depuis des décennies, ce régime viole le droit international, baffoue les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, viole sans retenue les droits de l’homme », a-t-il fustigé.

La sécurité des Français, « priorité absolue »

 Au-delà de la posture diplomatique, le Quai d’Orsay insiste sur la protection des ressortissants français et des implantations nationales. « Notre priorité absolue va à la sécurité des ressortissants français et de nos emprises », a affirmé Jean-Noël Barrot, rappelant l’ampleur de la présence française dans la zone : « Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région directement concernés par la situation ».

 « À notre connaissance, aucune victime française n’est à déplorer à ce stade », a assuré le ministre.

Attaques « unilatérales » : Paris réclame un débat au Conseil de sécurité de l’ONU

 Jean-Noël Barrot a enfin pointé la question de la légitimité du recours à la force, estimant que « l’intervention décidée unilatéralement par les Etats-Unis et Israël aurait dû être débattue dans les instances collectives » créées à cette fin, notamment aux Nations unies.

 « Chacun aurait pu assumer ses responsabilités, car ce n’est qu’en saisissant le Conseil de sécurité (des Nations unies) que le recours à la force peut acquérir la légitimité nécessaire », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse après une réunion au ministère à Paris.

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