- Au quatrième jour de la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français ce mardi 3 mars.
- Accusant l’Iran de porter la « responsabilité première » du conflit, le président a annoncé l’arrivée de vols de rapatriement « dès » mardi soir, le déploiement de Rafale et l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle vers la Méditerranée, tout en renforçant le dispositif Sentinelle en France.
Dans une allocution très attendue, le président de la République a pointé directement Téhéran : « La République islamique d’Iran porte la responsabilité première de cette situation », a-t-il affirmé. Emmanuel Macron a mis en cause le « programme nucléaire dangereux » iranien, ainsi que le soutien à des « groupes terroristes » au Liban et au Yémen, et à des milices en Irak. Il a également évoqué « l’ordre de tirer sur son propre peuple », en référence à la répression des manifestations du début d’année.
Tout en déclarant que le peuple iranien doit « librement décider de son destin », le chef de l’État a simultanément critiqué l’opération militaire menée dans la région : une offensive israélo-américaine « conduite en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver ». Emmanuel Macron a dit souhaiter l’arrêt « au plus vite » des frappes et un retour à des négociations.
« Il reste que l’histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Aucun ne sera regretté », a-t-il ajouté, citant notamment la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, qui dirigeait le pays depuis 1989.
Face à la détérioration rapide de la situation, Emmanuel Macron a annoncé l’arrivée de deux « premiers vols » de rapatriement dès mardi soir à Paris. L’évacuation, a-t-il rappelé, concernera en priorité « les plus vulnérables ».
Le président a également annoncé un renforcement de la sécurité des ambassades françaises au Moyen-Orient, où « près de 400 000 de nos compatriotes » vivent ou sont actuellement de passage.
Bases françaises ciblées, drones abattus « en légitime défense »
Le chef de l’État a évoqué des tensions directes sur les intérêts militaires français dans la région. Depuis samedi, deux bases ont été touchées par des « frappes limitées ayant causé des dégâts matériels », a-t-il déclaré, sans livrer de détails supplémentaires.
Il a rappelé qu’une frappe avait visé dimanche une base navale abritant des Français aux Émirats arabes unis, sans faire de blessés. Dans le même temps, Emmanuel Macron a assuré que la France avait abattu des drones « en légitime défense (…) dès les premières heures » du conflit, « pour défendre l’espace aérien de nos alliés ».
Le porte-avions Charles-de-Gaulle dépêché en Méditerranée, des Rafale déjà engagés
Sur le volet militaire, le président a annoncé une montée en puissance française au Moyen-Orient. « J’ai donné l’ordre au porte-avions Charles-de-Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée », a-t-il indiqué.
Emmanuel Macron a aussi annoncé l’envoi de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens à Chypre, pays de l’Union européenne touché par un drone dans la nuit de dimanche à lundi. Plus largement, « en plus des moyens déjà présents, des Rafale, des systèmes de défense antiaérienne et de radars aéroportés ont été déployés ces dernières heures » dans la région, a-t-il ajouté.
Détroit d’Ormuz « de fait fermé » : l’alerte sur les routes du commerce mondial
Le conflit fait planer une menace économique globale, a prévenu le chef de l’État, en annonçant vouloir réunir une coalition pour sécuriser les « voies maritimes essentielles à l’économie mondiale (…) y compris militaires ».
« Aujourd’hui, le détroit d’Ormuz est de fait fermé (…) Le canal de Suez et la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés », a déclaré Emmanuel Macron, évoquant l’étau qui se resserre autour des principaux couloirs maritimes internationaux.
Mise en garde à Israël sur le Liban : « une escalade dangereuse et une erreur stratégique »
Alors que les tensions s’étendent au Liban, Emmanuel Macron a mis en garde contre une possible opération terrestre israélienne. « Israël serait en train de décider une opération terrestre : ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique », a-t-il averti, appelant Israël à « respecter le territoire libanais et son intégrité ».
Dans le même temps, le président a estimé que le Hezbollah avait commis « une faute majeure » en frappant Israël en premier : «Depuis ces dernières heures, la guerre s’étend au Liban, à partir duquel le Hezbollah a commis la faute majeure de frapper Israël et mettre les Libanais en danger », a-t-il dit.
Emmanuel Macron a ajouté que « la France se tient aux côtés des autorités libanaises dans leurs efforts courageux pour reprendre en main leur sécurité ». L’armée israélienne a annoncé mardi matin le déploiement de soldats dans le sud du Liban et sa volonté d’établir une « zone tampon » avec l’État hébreu.
Sécurité en France : Sentinelle renforcé et vigilance accrue
En France, l’exécutif relève également le niveau d’alerte. « À ma demande, le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées », a déclaré Emmanuel Macron, confirmant un renforcement des patrouilles et de la surveillance des sites sensibles.
