- Malgré une baisse notable de son bénéfice net en 2024, le géant français des produits laitiers affiche une croissance robuste, portée par les ventes de yaourts, la dynamique de l’ultra-frais et son expansion internationale.
- Lactalis mise sur l’innovation et le local pour rester en tête de l’industrie laitière mondiale.
Malgré un recul de son bénéfice net, le groupe laitier français Lactalis clôt l’année 2024 sur une progression de son chiffre d’affaires. Des résultats tirés par les produits de grande consommation et une dynamique internationale.
Le géant français des produits laitiers a annoncé, mercredi lors d’une conférence de presse, une hausse de 2,8 % de ses ventes annuelles, atteignant 30,3 milliards d’euros. Une performance qualifiée de « solide », notamment grâce au « rebond » des volumes écoulés, alors même que le bénéfice net a reculé de 16,1 %, à 359 millions d’euros.
Parmi les moteurs de cette croissance, les ventes de produits de grande consommation comme le beurre, le lait et les yaourts ont été déterminantes. La marque islandaise Siggi’s, spécialisée dans les yaourts riches en protéines, a notamment enregistré une hausse spectaculaire de plus de 30 % en un an, séduisant particulièrement les jeunes.
L’ultra-frais et les États-Unis, fers de lance de la croissance
Les ventes ont été principalement portées par la catégorie ultra-frais, dans laquelle Lactalis investit fortement. Cette dynamique s’est conjuguée à la bonne santé du marché nord-américain, désormais deuxième territoire du groupe. Lactalis y produit plus de 90 % des produits consommés localement.
Malgré des incertitudes persistantes liées à la politique douanière américaine, Emmanuel Besnier, PDG du groupe, s’est montré confiant.
« Malgré des incertitudes au niveau géopolitique, je suis serein sur le modèle de Lactalis et sur la croissance des produits laitiers dans le monde. », a déclaré le PDG du groupe
Une expansion mondiale, un ancrage local
Le groupe, qui fête cette année le 100e anniversaire de l’AOP Roquefort, continue d’afficher son ancrage local. « Nous sommes une entreprise multilocale et non une multinationale. En moyenne, 90 % des produits Lactalis consommés dans un pays sont fabriqués localement. », a indiqué devant la presse Emmanuel Besnier
Resté une entreprise familiale depuis 1933, Lactalis a gravi les échelons pour se hisser en 2024 à la 9e place du classement mondial des géants de l’agroalimentaire, derrière Nestlé, PepsiCo ou encore le brésilien JBS. Leader mondial de l’industrie laitière depuis 2011, le groupe emploie aujourd’hui 85 000 personnes, dont 80 % en zones rurales, issues de 80 nationalités.
Si la France demeure son premier marché, avec 5,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (soit 19 % du total), 81 % de l’activité est désormais réalisée à l’international, notamment en Afrique du Sud, au Canada, au Brésil, et surtout aux États-Unis, où Lactalis est en passe de racheter la marque Yoplait.
La production française reste fortement exportée : 40 % des volumes sortent des frontières. Dans le détail, les ventes se répartissent comme suit : fromages (39 %), lait (22 %), ultra-frais (16 %) et beurre-crème (12 %).
Des tendances qui façonnent l’avenir
Toujours à l’écoute des nouvelles attentes des consommateurs, Lactalis observe plusieurs tendances de fond : le retour du cottage cheese, les laits fonctionnels (notamment pour les troubles digestifs ou sans lactose), les produits riches en protéines, les laits fermentés ou encore le fromage en cuisine.
En 2024, le groupe a investi plus d’un milliard d’euros pour soutenir sa croissance et a collecté 1 % de lait en plus qu’en 2023. De quoi maintenir son avance dans un secteur qui reste dynamique.
Malgré ses résultats positifs, l’année 2025 s’annonce cependant sous le signe de la vigilance. Emmanuel Besnier a averti d’une remontée attendue du prix des matières premières. Selon lui, « le coût des matières premières, et particulièrement du lait, va repartir à la hausse. »
