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Bad Bunny transforme les Grammys en tribune : “Nous sommes humains… ICE, dehors !”

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  • Sur la scène des Grammy Awards à Los Angeles, Bad Bunny a transformé son triomphe en tribune.
  • En appelant à “mettre dehors” ICE, la police américaine de l’immigration, la star portoricaine a entraîné dans son sillage d’autres artistes, de Billie Eilish à Trevor Noah, dans une soirée au parfum de manifeste contre la politique migratoire répressive de Donald Trump.

   La soirée a, sans surprise, fait grincer des dents dans la sphère trumpiste. Placée sous le signe de l’engagement, la cérémonie des Grammy Awards a été marquée par une série de prises de position visant la politique migratoire portée par Donald Trump. Au cœur de la séquence : Bad Bunny, icône du reggaeton et de la trap latine, désormais aussi figure politique malgré lui.

À 31 ans, le Portoricain est entré dans l’histoire en devenant le tout premier artiste chantant en espagnol à remporter le Grammy le plus prestigieux, celui de l’album de l’année, pour Debi Tirar Mas Fotos. Un disque qui laisse une large place à des rythmes traditionnels et évoque la colonisation de Porto Rico. Au total, l’artiste a remporté trois trophées pour cet album.

Mais au-delà des récompenses, c’est son discours qui a électrisé la salle — et mis le feu aux réseaux.

“Avant de remercier Dieu… ICE, dehors !”

Sur scène, au moment de recevoir le prix de la meilleure musique latine urbaine, Bad Bunny n’a pas mâché ses mots contre ICE, l’agence fédérale chargée de l’immigration. Elle est vivement critiquée depuis la mort de deux habitants à Minneapolis, Renee Good et Alex Pretti.

“Avant de remercier Dieu, je vais dire : ICE, dehors !”, a lancé l’artiste, reprenant un slogan scandé lors de manifestations contre la politique migratoire répressive de Donald Trump.

Puis il a enchaîné avec un message d’identité et de dignité : “Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes Américains.”

Dans une séquence ensuite relayée par CNN, Bad Bunny a développé un propos plus introspectif, mêlant l’espagnol et l’anglais : “Je sais qu’il est difficile de ne pas haïr ces jours-ci (…) la haine devient plus puissante avec plus de haine.”

Avant de conclure par un plaidoyer : “La seule chose qui est plus puissante que la haine, c’est l’amour. Alors, s’il vous plaît, nous devons être différents. Si nous nous battons, nous devons le faire avec amour.”

Plus tard dans la soirée, recevant le Grammy de l’album de l’année, il a prononcé un discours principalement en espagnol et a dédié sa victoire à “tous ceux qui ont dû quitter leur patrie, leur pays, pour suivre leurs rêves”.

Ce triomphe très politique devrait relancer l’indignation de la galaxie MAGA — d’autant que Bad Bunny a de nouveau rendez-vous avec l’Amérique dès dimanche prochain à la mi-temps du Super Bowl, la finale du championnat de football américain, événement parmi les plus regardés au monde.

Une prestation déjà très critiquée par les trumpistes, qui lui reprochent de chanter en espagnol et d’avoir pris position en faveur de l’immigration et des droits LGBT+.

Billie Eilish, Justin Bieber, Joni Mitchell : “ICE out” en chœur

Bad Bunny n’a pas été le seul à politiser la soirée. Le slogan “ICE out” a été arboré sur des pin’s par plusieurs musiciens, dont Justin Bieber et Joni Mitchell.

Décorée du prix de la chanson de l’année pour “WILDFLOWER”, Billie Eilish a aussi ciblé la police de l’immigration, estimant que “personne n’est illégal sur une terre volée”. Elle a appelé à “continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester”.

Hommage aux immigrés : “Ils ont construit ce pays”

D’autres artistes ont choisi un registre plus fédérateur, rendant hommage aux immigrés. “Ils ont construit ce pays”, a scandé Shaboozey, dont les parents sont originaires du Nigeria et dont la musique mêle hip-hop et country.

La chanteuse britannique Olivia Dean, révélation de l’année à 26 ans, née d’un père anglais et d’une mère jamaïcaine et guyanienne, a salué leur “courage”. “Ces personnes méritent d’être célébrées”, conclut-elle

 Trevor Noah, Epstein et la riposte de Trump

Maître de cérémonie, Trevor Noah a lui aussi ironisé sur le contexte politique, qualifiant de “nouvel hymne national” le morceau“Anxiety” de la rappeuse Doechii. Dans un sketch avec Bad Bunny, il a demandé au rappeur s’il pourrait venir vivre avec lui à Porto Rico si la situation continuait de se dégrader aux États-Unis — avant que l’artiste ne lui rappelle que l’île fait “partie” du pays.

 Mais c’est une autre blague qui a déclenché l’orage. Après la victoire de Billie Eilish, Trevor Noah a déclaré : “C’est le genre de Grammy que tous les artistes convoitent, presque autant que Trump convoite le Groenland.” Puis : “Ce qui est logique, car depuis la disparition d’Epstein, il lui faut une nouvelle île pour traîner avec Bill Clinton.”

À peine la cérémonie terminée, Donald Trump a menacé l’humoriste de poursuites judiciaires et a réagi sur Social Truth : “Je ne suis jamais allé sur l’île d’Epstein”, s’en prenant à un “pauvre maître de cérémonie pathétique, sans talent et complètement idiot”.

 

 

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