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Start-up : la Bourse d’Alger supprime les frais d’introduction pendant trois ans (2026-2028)

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  • La COSOB, la Bourse d’Alger (SGBV) et Algérie Clearing-SPA annoncent un dispositif inédit : zéro frais d’introduction en bourse pour les start-up sur 2026-2028.
  • Objectif : accélérer l’accès au financement par le marché, renforcer l’attractivité de la place et accompagner l’innovation, avec une mesure applicable dès le 1er février 2026 pour les levées de fonds plafonnées à 500 millions de dinars.

    C’est une annonce qui pourrait changer la donne pour les jeunes entreprises innovantes. La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB), la Société de gestion de la bourse des valeurs (SGBV) et le Dépositaire central des titres (Algérie Clearing-SPA) viennent de mettre en place un dispositif exceptionnel de dispense des frais d’introduction en bourse au profit des start-up, pour trois années, couvrant la période 2026-2028.

Cette initiative poursuit un double objectif : faciliter l’accès des start-up au marché financier et renforcer l’attractivité de la Bourse d’Alger. Elle s’inscrit, selon les acteurs du marché, dans les orientations stratégiques des pouvoirs publics visant à promouvoir l’entrepreneuriat et l’innovation comme leviers de la diversification de l’économie nationale.

Le dispositif n’est pas général : il cible un périmètre précis, destiné à correspondre aux besoins de financement des start-up au moment de leur structuration.

Calendrier et conditions de dispense de la Cosob

La mesure s’applique à toute opération de levée de fonds dont le montant n’excède pas 500 millions de DA, et réalisée à compter du 1er février 2026. Un calendrier clair, qui ouvre la voie à une montée en puissance progressive sur 2026, 2027 et 2028, période pendant laquelle les start-up concernées pourront accéder à la cote sans supporter les frais habituellement associés à une introduction.

La portée de cette exonération a été précisée conjointement par les trois institutions. Elles soulignent, à travers ce dispositif, qu’elles « réaffirment leur engagement à soutenir la croissance des start-up algériennes » et à encourager leur accès au financement via le marché boursier, dans le cadre « d’un écosystème de financement intégré en faveur de ces entreprises ».

Concrètement, les start-up concernées « bénéficieront d’une dispense intégrale des frais d’obtention du visa sur les notices d’informations, perçus par la Cosob », mais aussi de « l’ensemble des frais d’admission à la cote officielle, perçus par la SGBV ». À cela s’ajoute la suppression de « les frais d’administration, de conservation et de gestion des titres », habituellement réglés auprès d’Algérie Clearing.

En pratique, la mesure couvre donc l’essentiel de la chaîne de coûts : visa réglementaire, admission à la cote, puis gestion et conservation des titres. Un signal fort pour réduire les barrières financières et administratives à l’entrée sur le marché.

Le précédent Moustachir : première start-up introduite en bourse en 2024

Cette offensive en faveur des start-up intervient dans un contexte où la Bourse d’Alger a déjà enregistré une première introduction emblématique : Moustachir, devenue en 2024 la première start-up à rejoindre le marché.

L’entreprise affichait de grandes ambitions, avec l’objectif de réaliser en 2025 un chiffre d’affaires « au-dessus des 55 millions de dinars », destiné à être porté à « plus de 187 millions de DA en 2028″. Moustachir vise également un développement dans la région mena. La start-up indique être déjà présente, en deux ans d’existence, à Oman et aux Émirats arabes unis.

Un compartiment « Croissance » et des conditions d’admission assouplies

 Autre élément clé : le nouveau règlement régissant la Bourse d’Alger introduit une série de nouveautés structurelles. Parmi elles, la réorganisation de la cote officielle en cinq compartiments, dont un compartiment « Croissance » dédié aux start-up et aux PME.

Le texte prévoit également un assouplissement notable des règles d’admission. Il acterait, notamment, l’abrogation de l’exigence d’une ouverture de capital de 20% au minimum, remplacée par une nouvelle disposition fixant ce seuil d’ouverture « à une valeur de 1 milliard de dinars ». Une évolution présentée comme un ajustement aux réalités du marché et aux contraintes des entreprises en phase de développement.

Un signal pour renforcer l’attractivité de la Bourse d’Alger

 Dispense des frais, compartiment dédié, procédures allégées : l’ensemble dessine une stratégie de fond pour positionner la Bourse d’Alger comme un instrument plus accessible de financement des start-up. Derrière l’annonce, l’enjeu est double : diversifier les sources de financement et créer un pont plus naturel entre innovation et marché financier.

Pour les start-up, la période 2026-2028 pourrait ainsi ouvrir une fenêtre d’opportunité : lever des fonds via la bourse avec des coûts drastiquement réduits, tout en gagnant en visibilité, en gouvernance et en crédibilité auprès des investisseurs.

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