- Transports, luxe et défense dominent les intentions d’embauche en 2026.
- Selon le baromètre annuel de L’Usine nouvelle dévoilé jeudi 12 février, 82 entreprises prévoient 129 600 recrutements cette année.
- Mais derrière les volumes affichés par les grands employeurs, une tendance se confirme : la majorité des groupes restent prudents, sur fond d’incertitude économique et de recul de l’emploi industriel, avec un impact déjà visible sur l’alternance et l’embauche des jeunes diplômés.
Chaque année, L’Usine nouvelle, magazine de référence de l’industrie, publie son classement des entreprises qui recrutent le plus en France. L’édition 2026, révélée jeudi 12 février, s’appuie sur une enquête menée auprès de 82 entreprises. Ensemble, elles annoncent 129 600 recrutements sur l’année, un volume porté en grande partie par les dix premières du classement, qui concentrent à elles seules 74 000 embauches.
Trois secteurs se distinguent particulièrement cette année : les transports, le luxe et la défense. Un trio qui reflète à la fois des besoins structurels de main-d’œuvre et des dynamiques d’activité encore solides malgré un contexte moins lisible.
SNCF en tête, LVMH et Transdev complètent le podium
En tête du classement, la SNCF arrive largement première et prévoit 17 000 recrutements en CDI en 2026, selon le baromètre. Le groupe ferroviaire confirme ainsi des besoins importants dans les métiers liés à l’exploitation, à la maintenance et aux services.
Deuxième du classement, LVMH, leader mondial du luxe, annonce 15 300 recrutements en France cette année. Derrière, l’opérateur de transport de passagers Transdev table sur 9 000 embauches, confirmant la place centrale du secteur des mobilités dans le marché de l’emploi.
Le groupe Bouygues prévoit quant à lui 8 500 recrutements, tandis que Safran se distingue dans la défense avec 6 000 embauches annoncées. Le classement se poursuit avec la RATP, qui prévoit 4 500 recrutements, et La Poste, qui annonce 4 400 embauches sur l’année.
Le baromètre intègre également deux acteurs du conseil et des services numériques : Alten, qui prévoit 3 500 recrutements, et Sopra Steria, qui envisage 3 000 embauches. Enfin, Stef, spécialiste du transport et de l’entreposage frigorifique, complète ce top 10 avec 2 810 recrutements prévus en 2026.
Au-delà du palmarès, l’enquête dessine un climat plus prudent. Selon le baromètre, les entreprises françaises prévoient en 2026 des recrutements inférieurs ou équivalents à l’an dernier. Sur les 82 entreprises interrogées, 85% ne comptent pas recruter davantage cette année. Dans le détail, près de la moitié envisagent un volume identique, tandis que 35% anticipent une baisse.
Pour Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L’Usine nouvelle, cité par franceinfo, le constat tient en un mot : l’incertitude. Une situation qui pèse sur les décisions de long terme et limite la visibilité des employeurs sur leurs besoins futurs.
Emploi industriel : recul en 2025 et signal d’alerte sur la jeunesse
Cette prudence s’explique aussi par l’évolution récente de l’emploi industriel. Emmanuel Duteil souligne une baisse de l’emploi industriel en France en 2025, alors que le secteur avait gagné 100 000 emplois entre 2017 et 2023. Un retournement qui fragilise la confiance et alimente une forme d’attentisme dans une partie de l’appareil productif.
Autre point marquant de l’enquête : l’impact sur les jeunes. Le baromètre indique qu’une part importante des entreprises prévoit de réduire ses recrutements d’alternants en 2026 par rapport à 2025. Dans le même temps, 43,4% annoncent recruter moins de jeunes diplômés, un indicateur suivi de près tant il conditionne l’accès au premier emploi et la dynamique des filières de formation.
Transports, luxe, défense : pourquoi ces secteurs restent moteurs
Si la prudence domine, certains secteurs continuent d’embaucher à grande échelle. Dans les transports, la présence de la SNCF, de Transdev et de la RATP dans le haut du classement illustre des besoins durables, notamment liés à l’exploitation des réseaux, à la maintenance et au renouvellement des compétences.
Le luxe, porté par LVMH, conserve une dynamique élevée en France, tandis que la défense, avec Safran, maintient un niveau d’embauche significatif. Trois secteurs qui concentrent des besoins de main-d’œuvre et des projets de moyen terme, dans un marché du travail davantage marqué par la stabilisation que par l’accélération.
