- Capgemini publie des résultats 2025 en demi-teinte : le bénéfice net recule à 1,6 milliard d’euros, tandis que le chiffre d’affaires progresse à 22,4 milliards.
- Malgré un marché jugé difficile en France et dans l’industrie, le groupe affiche des ambitions renforcées pour 2026, tout en confirmant des coûts de restructuration et la cession à venir de sa filiale américaine CGS, au cœur d’une polémique liée à l’ICE.
Le géant français des services numériques Capgemini a publié ce vendredi 13 février ses résultats 2025, marqués par une dynamique contrastée. Sur l’exercice, le groupe annonce un résultat net de 1,6 milliard d’euros, en recul de 4,2% par rapport à 2024. Dans le même temps, son chiffre d’affaires atteint 22,4 milliards d’euros, en hausse de 1,7%, soit +3,4% à taux de change constants, selon le communiqué de l’entreprise.
Cette performance reflète une demande inégale selon les secteurs et les zones géographiques. « Comme prévu, les conditions de marché ont été très défavorables dans le secteur de l’industrie et en France, tandis que les secteurs services financiers et biens de consommation se sont améliorés », a observé le directeur général Aiman Ezzat, cité dans le texte.
Malgré ce contexte, Capgemini affiche un cap plus offensif pour 2026. Le groupe anticipe une progression de son chiffre d’affaires à taux de change constants comprise entre 6,5% et 8,5%, portée par une contribution inorganique estimée entre 4,5 et 5 points.
La trajectoire de rentabilité est également relevée : Capgemini vise une marge opérationnelle comprise entre 13,6% et 13,8%, contre 13,3% en 2025. Un signal de confiance pour le marché, alors que l’entreprise tente de convaincre sur sa capacité à retrouver une dynamique plus robuste.
Restructuration : coûts estimés à 700 millions d’euros, 2 400 postes concernés en France
En parallèle, le groupe confirme une phase d’ajustement de ses effectifs et de son organisation. Capgemini prévoit des coûts de restructuration d’environ 700 millions d’euros sur deux ans, dont la majeure partie en 2026, afin de procéder à « l’adaptation de ses talents et compétences par la mise en œuvre d’initiatives dans un certain nombre de pays ».
Le 20 janvier, l’entreprise avait annoncé son intention de supprimer jusqu’à 2 400 postes en France, via des reclassements et des départs volontaires, en réponse au ralentissement de l’activité dans cette zone. Une séquence sensible, au moment où le marché français apparaît comme l’un des points de faiblesse mentionnés par la direction.
Bourse : le titre a perdu près de 46% sur un an
Côté marchés, la sanction boursière est lourde. Sur un an, l’action Capgemini affiche une baisse d’environ 46% à la Bourse de Paris. La capitalisation boursière du groupe se situe désormais autour de 17 milliards d’euros, selon les données mentionnées. Un recul qui illustre la nervosité des investisseurs face au ralentissement de certaines verticales et aux incertitudes sur la visibilité commerciale.
Au-delà des chiffres, Capgemini sort d’une zone de turbulences médiatiques. Fin janvier, le groupe a été visé par une polémique après la révélation d’un contrat conclu par sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS) avec la police américaine de l’immigration, l’ICE. Début février, Capgemini a annoncé son intention de vendre la société.
« Le processus de cession de cette entité, qui représente 0,4% du chiffre d’affaires augmentant du groupe en 2025 (moins de 2% de son chiffre d’affaires aux États-Unis), sera initié immédiatement », avait précisé l’entreprise française.
Entre une progression modeste de l’activité en 2025, un bénéfice net en baisse et un plan de restructuration d’ampleur, Capgemini aborde 2026 comme une année charnière. L’entreprise joue désormais une équation délicate : accélérer la croissance et améliorer la marge, tout en gérant la transformation interne et les répercussions d’un dossier sensible aux États-Unis. Les prochains mois diront si l’optimisme affiché pour 2026 se traduit en exécution opérationnelle… et en regain de confiance des marchés.
