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Apprentissage 2026 : baisse des aides pour les BTS, licences, masters et futurs ingénieurs

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  • Un projet de décret du ministère du Travail prévoit de réduire les primes versées aux entreprises qui recrutent des jeunes en BTS, licences, masters ou écoles d’ingénieurs, tout en maintenant le soutien pour les niveaux CAP, BEP et bac pro.
  • Une réforme présentée comme une chasse aux « effets d’aubaine », mais redoutée par les entreprises et les candidats à l’alternance.

   Dans sa recherche d’économies, l’exécutif a décidé de revoir à la baisse les aides à l’embauche afin de faciliter—selon sa logique—un recentrage sur les besoins jugés prioritaires. La mesure, annoncée samedi 14 février, n’est pas sans conséquences : elle risque de se répercuter sur le volume de contrats proposés, en particulier dans l’enseignement supérieur.

 Dans les prochains mois, les jeunes à la recherche d’un contrat d’apprentissage ou d’alternance pourraient avoir davantage de difficultés à convaincre une entreprise, les employeurs étant « nettement moins aidés qu’aujourd’hui » pour les profils après le bac. C’est sur ce segment que le gouvernement entend réduire son soutien.

BTS : une aide réduite de 500 euros, avec un barème selon la taille de l’entreprise

Premier niveau directement concerné par la réforme : le BTS. Les entreprises qui recruteront un apprenti préparant ce diplôme percevront 500 euros de moins au moment de la signature du contrat. Dans le détail, l’aide serait fixée à 4 500 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés, contre seulement 1 500 euros pour les grandes structures.

En toile de fond, le gouvernement assume un principe : adapter l’effort public à la taille des employeurs, en considérant que les plus grandes entreprises ont davantage de capacité à absorber le coût d’un recrutement.

Licences, masters, ingénieurs : une baisse encore plus forte dans le supérieur

Le durcissement est encore plus net pour les formations longues. Pour les contrats concernant une licence, un master ou un diplôme d’ingénieur, l’aide serait réduite à un peu plus de la moitié par rapport aux montants actuels. Les entreprises de moins de 250 salariés ne toucheraient plus que 2 000 euros, tandis que les autres devraient se contenter de 750 euros.

Ce choix reflète l’analyse défendue par l’exécutif : les jeunes les plus qualifiés, en BTS ou dans le supérieur, seraient plus facilement recrutables même sans soutien financier élevé, et n’auraient pas nécessairement besoin de l’apprentissage pour s’insérer sur le marché du travail.

À l’inverse, la réforme épargnerait les apprentis préparant les diplômes les plus accessibles. Les aides resteraient inchangées pour les contrats en CAP, BEP ou bac professionnel : 5 000 euros pour les petites et moyennes entreprises, et 2 000 euros pour les plus grandes.

Même logique pour l’embauche d’alternants en situation de handicap, pour laquelle aucun ajustement n’est annoncé. Même stabilité annoncée pour l’embauche d’alternants en situation de handicap : 6 000 euros, quel que soit le niveau de diplôme ou la taille de l’entreprise.

Économies budgétaires contre “effets d’aubaine”

Le gouvernement avance un objectif chiffré : 200 millions d’euros d’économies en 2026, puis 700 millions en 2027. Une somme qu’il juge limitée au regard des 14 milliards d’euros dépensés chaque année pour soutenir l’apprentissage et l’alternance.

Mais l’argument budgétaire ne convainc pas tout le monde. Selon les employeurs, « ce n’est vraiment pas le moment de réduire les aides » : la conjoncture se tend et le chômage des jeunes remonte. À l’inverse, l’exécutif estime qu’il est temps de limiter les « effets d’aubaine », jugés coûteux pour le contribuable, et de réduire la part de financement supportée par la collectivité sur les contrats du supérieur.

 En 2025, 830 000 recrutements d’apprentis et d’alternants ont été enregistrés. Avec ces nouvelles règles, le risque — souligné dans le débat — serait de retomber rapidement autour de 700 000 contrats par an, en premier lieu sur les niveaux post-bac.

Pour les écoles, les CFA et les étudiants, la crainte est simple : une baisse de l’aide peut se traduire par moins d’offres, donc plus de compétition, et potentiellement des parcours fragilisés pour ceux qui peinent déjà à signer.

Dernier point clé : ces nouveaux montants ne s’appliqueraient qu’à la première année d’exécution des contrats d’apprentissage conclus avant le 1er janvier 2027. Le décret deviendrait applicable le lendemain de sa publication, pour les contrats signés à partir de cette date.

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