- En déplacement à l’Île Longue, dans la rade de Brest, Emmanuel Macron a officialisé le nom du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération.
- Baptisé « L’Invincible », il entrera en service en 2036 et incarnera le renouvellement de la dissuasion nucléaire française dans un « monde dangereux et instable ».
C’est depuis l’Île Longue, haut lieu de la composante océanique de la dissuasion française, que le président de la République a choisi de s’exprimer, ce lundi 2 mars. Devant un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), Emmanuel Macron a exposé sa vision de la stratégie de défense nationale et du rôle que la France entend jouer dans la sécurité européenne.
« Très peu de nations dans notre monde sont capables de construire de tels sous-marins nucléaires », a-t-il souligné, mettant en avant l’excellence industrielle et technologique française. Dans un contexte international qu’il a qualifié de « monde dangereux et instable », le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’adapter les moyens de défense aux menaces contemporaines.
« L’Invincible » : le premier SNLE 3G naviguera en 2036
Moment fort de cette prise de parole : l’annonce du nom du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération.« Dans la tradition qui préside au baptême de nos sous-marins, j’ai aujourd’hui l’insigne honneur de vous annoncer que le f utur sous-marin nucléaire lanceur d’engin qui battra pavillon français se nommera “L’Invincible” et naviguera en 2036″, a déclaré Emmanuel Macron.
Ce bâtiment inaugurera la nouvelle génération de SNLE, dont la conception a été lancée en 2021. Les premières étapes industrielles sont déjà engagées.
« Les premières découpes de l’acier qui façonnera les coques de ces nouveaux sous-marins ont commencé il y a plusieurs mois à Cherbourg », a précisé le président.
Remplacer la classe Le Triomphant et moderniser la force océanique
Les SNLE 3G ont vocation à remplacer progressivement les sous-marins de la classe Le Triomphant, mis à l’eau entre 1994 et 2008. Ils constitueront, à l’horizon 2036, le socle de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française.
Ces nouveaux submersibles, légèrement plus longs que leurs prédécesseurs, bénéficieront d’améliorations technologiques majeures. Selon le ministère des Armées, ils offriront une meilleure discrétion acoustique et une furtivité accrue. Dotés de senseurs plus performants — sonars et détecteurs de radars — ils seront capables de détecter plus efficacement les menaces.
Conçus pour être évolutifs, ils pourront embarquer les futures versions du missile M51. Comme pour les bâtiments actuels, jusqu’à 16 missiles nucléaires pourront être embarqués à bord.
« La pierre angulaire de notre stratégie de défense »
Au-delà de l’annonce industrielle, le chef de l’État a réaffirmé le rôle central de la dissuasion nucléaire dans la doctrine française. « La dissuasion nucléaire est la pierre angulaire de notre stratégie de défense », a-t-il martelé. Avant d’adresser un avertissement clair : « Ceux qui auraient l’audace de s’en prendre à la France savent le prix insoutenable qu’il y aurait pour eux à payer. »
Illustrant la puissance embarquée à bord de ces bâtiments, Emmanuel Macron a ajouté : « Un seul de nos sous-marins emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe durant la Seconde Guerre mondiale. »
Vers un « rehaussement » de l’arsenal nucléaire
Dans ce contexte stratégique tendu, le président de la République a estimé qu’un « rehaussement de notre arsenal était indispensable ». Selon les éléments présentés, il a ordonné une augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises et indiqué qu’aucun chiffre précis ne serait désormais rendu public.
Avec « L’Invincible », attendu en 2036 et appelé à naviguer jusqu’à l’horizon 2090, la France entend ainsi inscrire sa dissuasion dans la durée, tout en affirmant son autonomie stratégique et son rôle dans la sécurité du continent européen
