- Le commerce extérieur marocain reste sous pression. À fin avril, le déficit commercial a atteint 127,04 milliards de dirhams, en hausse de 18,4% sur un an.
- Portées par les biens d’équipement et la consommation, les importations progressent plus vite que les exportations, malgré la vigueur de l’automobile et de l’aéronautique.
Le commerce extérieur national poursuit sa détérioration. Sur les quatre premiers mois de l’année, le déficit commercial du Maroc s’est établi à 127,04 milliards de dirhams, contre 107,3 milliards de dirhams à la même période en 2025, soit une progression de 18,4%.
Cette évolution traduit un déséquilibre persistant entre des importations dynamiques et des exportations qui progressent à un rythme moins soutenu. Le taux de couverture des importations par les exportations recule ainsi de deux points, pour s’établir à 57,1%.
Les importations tirées par l’investissement et la consommation
Les importations ont atteint 295,9 milliards de dirhams à fin avril, en hausse de 12,7% sur un an. Cette progression s’explique d’abord par la forte demande en produits finis d’équipement, dont les achats ont augmenté de 21,8% à 72,6 milliards de dirhams.
Cette hausse reflète le maintien d’une activité d’investissement soutenue, notamment dans les machines, l’outillage et les composants industriels. Les produits finis de consommation suivent la même tendance, avec une progression de 15,2% à 72,97 milliards de dirhams, portée par la résilience de la demande intérieure.
Les produits bruts enregistrent, eux, la plus forte hausse : +48,8%, à 19,23 milliards de dirhams. Une envolée liée aux besoins industriels et à la hausse des cours de certaines matières premières. À l’inverse, les importations de produits alimentaires reculent de 5,9%.
L’automobile et l’aéronautique soutiennent les exportations
Du côté des exportations, les ventes à l’étranger ont atteint 168,86 milliards de dirhams, en progression de 8,7%. Le secteur automobile confirme son rôle de moteur industriel du Maroc, avec des exportations en hausse de 18,6% à 58,28 milliards de dirhams.
L’aéronautique affiche également une dynamique solide. Ses exportations progressent de 15,9% pour atteindre 11,03 milliards de dirhams, portées par la montée en puissance des chaînes d’assemblage et des équipementiers implantés dans le Royaume.
Des secteurs exportateurs en repli
Cette bonne tenue ne suffit toutefois pas à compenser le recul de plusieurs branches stratégiques. Les phosphates et dérivés accusent une baisse de 1,5%, pesant sur les recettes d’exportation après une année 2025 particulièrement favorable.
Le textile et cuir recule de 6,7%, tandis que l’électronique baisse de 3,5%. L’agroalimentaire, de son côté, enregistre une légère reprise de 0,8%, après plusieurs mois de contraction.
Les services atténuent le déséquilibre extérieur
En parallèle, la balance des services affiche une performance favorable. Son excédent s’est établi à 54,91 milliards de dirhams, en hausse de 16,4%.
Les exportations de services ont progressé de 13,9% à 106,09 milliards de dirhams, tandis que les importations ont augmenté de 11,4% à 51,18 milliards. Cette dynamique est notamment soutenue par les recettes touristiques, portées par l’effet CAN 2025 et par le renforcement de l’attractivité de la destination Maroc.
Les services aux entreprises, liés à l’essor des investissements étrangers, contribuent également à cette amélioration. Ils permettent de limiter partiellement l’impact de la dégradation du commerce des biens sur les comptes extérieurs du pays.
Une équation extérieure toujours fragile
La progression des exportations industrielles confirme la montée en gamme de certains secteurs marocains, à commencer par l’automobile et l’aéronautique. Mais la hausse rapide des importations continue de creuser le déficit commercial.
Pour le Maroc, l’enjeu reste désormais double : renforcer la compétitivité des filières exportatrices et réduire la dépendance aux importations de biens d’équipement, de consommation et de matières premières.
