- L’absentéisme dans le secteur privé français reste durablement installé à un niveau élevé.
- Selon l’édition 2026 de l’étude annuelle de Malakoff Humanis, près d’un salarié sur trois a été arrêté au moins une fois en 2025.
- L’allongement des arrêts, la montée des troubles psychologiques et la fragilisation des managers constituent désormais les principaux défis pour les entreprises.
L’absentéisme ne montre aucun signe de recul dans les entreprises françaises. D’après l’étude 2026 de Malakoff Humanis, fondée sur l’analyse des arrêts de travail de 3,8 millions de salariés, le taux d’absentéisme dans le secteur privé s’est établi à 4,3 % en 2025, soit une hausse de 25,5 % par rapport à 2019.
Près d’un salarié sur trois a été arrêté au moins une fois au cours de l’année écoulée. Pour l’acteur de la protection sociale, la crise sanitaire a profondément modifié le rapport des salariés à leur santé et à leur activité professionnelle, faisant émerger un nouveau niveau structurel d’absentéisme.
La principale évolution concerne la progression des arrêts de longue durée. Les arrêts supérieurs à 60 jours ont augmenté de 4,9 % en un an. Bien qu’ils ne représentent que 9,4 % de l’ensemble des arrêts, ils concentrent à eux seuls 63,8 % des journées d’absence.
Des réalités très différentes selon les générations
L’étude met en lumière des problématiques distinctes selon les classes d’âge. Les salariés de moins de 30 ans sont les plus fréquemment concernés par les arrêts de travail répétés. Parmi les jeunes salariés arrêtés en 2025, 21 % l’ont été à deux reprises et 17,5 % trois fois ou davantage. Toutefois, ces interruptions demeurent relativement courtes, avec une durée moyenne de 12,4 jours.
À l’inverse, les salariés âgés de plus de 55 ans sont moins souvent absents, avec un taux d’arrêt de 28,2 %, mais leurs périodes d’absence sont nettement plus longues, atteignant en moyenne 39,7 jours. Cette situation est notamment liée à une prévalence plus élevée des pathologies lourdes.
Les cadres et les managers davantage exposés
Longtemps considérés comme relativement préservés, les cadres connaissent une dégradation marquée de leur situation. Leur taux d’absentéisme a progressé de 35,2 % depuis 2019. Dans le même temps, la durée moyenne de leurs arrêts est passée de 16,4 jours à 20,2 jours en six ans.
Les managers apparaissent également en première ligne. Plus d’un manager sur deux (53 %) déclare avoir bénéficié d’au moins un arrêt de travail en 2025. Une évolution qui reflète les tensions liées aux nouvelles organisations du travail, notamment au management hybride et à la gestion d’équipes dispersées.
La santé mentale devient la première cause des arrêts longs
L’étude confirme l’ancrage durable des risques psychosociaux dans le monde professionnel. Les troubles psychologiques, notamment les dépressions et les situations de burn-out, représentent désormais 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours. Leur poids a progressé de 25 % depuis 2020, où ils représentaient 30,3 % des arrêts longs.
Le phénomène touche davantage les femmes, pour lesquelles ces troubles sont à l’origine de 36,9 % des arrêts longs, contre 28,7 %chez les hommes. Les cadres sont également particulièrement concernés, avec une proportion atteignant 44,4 %, contre 32,5 % chez les non-cadres.
L’étude souligne également un enjeu majeur de prévention : la moitié des salariés confrontés à des difficultés psychologiques n’ose pas aborder le sujet au sein de leur entreprise.
Les entreprises conscientes du problème mais encore peu actives
Face à cette situation, les entreprises affichent un niveau de préoccupation record. Selon le baromètre de Malakoff Humanis, 63 %d’entre elles considèrent aujourd’hui l’absentéisme comme un sujet majeur.
Pourtant, plus d’une organisation sur deux (55 %) n’a mis en place aucune mesure spécifique pour lutter contre le phénomène ou accompagner les salariés concernés.
Ce décalage entre prise de conscience et passage à l’action constitue l’un des principaux enseignements de cette édition 2026.
Prévention, accompagnement et retour à l’emploi : les pistes de Malakoff Humanis
Pour répondre à cette évolution structurelle, Malakoff Humanis défend une approche globale reposant sur quatre axes : comprendre, prévenir, accompagner et contrôler.
« L’absentéisme a désormais atteint un nouveau niveau structurel. En dix ans, sous l’effet des évolutions sociétales et du vieillissement de la population, nous avons vu le phénomène changer de nature et s’ancrer dans la durée. L’enjeu n’est plus seulement de comprendre pourquoi les salariés s’arrêtent, il est de savoir comment bâtir les conditions de leur retour », explique Eric Vaudaine, directeur général délégué de Malakoff Humanis, cité dans un communiqué.
Et d’ajouter : « En tant qu’acteur paritaire de la protection sociale, notre rôle est d’apporter notre connaissance et notre savoir-faire en matière de maîtrise du risque. Nous aidons les entreprises à articuler prévention ciblée, soutien aux managers et retour à l’emploi, dans une démarche adaptée à leurs spécificités. »
Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population active, l’augmentation des troubles psychologiques et la multiplication des arrêts longs, la capacité des entreprises à prévenir les risques et à accompagner le retour au travail apparaît désormais comme un enjeu central de performance économique et de cohésion sociale.
