À fin août 2026, le déficit budgétaire du Maroc atteint 58,6 milliards de dirhams, en baisse de 900 millions sur un an. Cette amélioration mesurée s'appuie sur des recettes fiscales en progression de 10,3 % et sur le redressement des comptes spéciaux du Trésor, malgré la hausse continue des dépenses ordinaires.
| Déficit budgétaire à fin août 2026 | 58,6 milliards de dirhamsdiminution de 900 millions sur un an, selon la SCRT |
|---|---|
| Recettes fiscales | 247,5 milliards de dirhamsen hausse de 10,3 % sur un an, taux de réalisation de 67,5 % |
| Dépenses ordinaires | 268,2 milliards de dirhams26,2 milliards de plus qu'un an auparavant, taux d'exécution 70,7 % |
| Dépenses d'investissement | 75,7 milliards de dirhamsen hausse de 11,4 % sur un an |
| Excédent des comptes spéciaux du Trésor | 4,9 milliards de dirhamscontre un solde déficitaire de 4,5 milliards un an auparavant |
L’amélioration reste mesurée pour les finances publiques marocaines. À fin août 2026, le déficit budgétaire atteint 58,6 milliards de dirhams, soit une diminution de 900 millions de dirhams sur un an, selon la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), présentée dans une publication officielle du ministère de l’Économie et des Finances.
D’après les données du ministère, reprises par Challenge avec MAP, cette évolution traduit une augmentation des recettes de 25,5 milliards de dirhams, supérieure à celle des dépenses, de 24,6 milliards, ainsi qu’une nette amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor.
Les recettes fiscales progressent de 10,3 %
Les recettes atteignent près de 280,4 milliards de dirhams, nettes des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux. Elles représentent 64,8 % des prévisions inscrites dans la loi de finances pour 2026.
La fiscalité demeure la principale source de revenus du Trésor. Les recettes fiscales dépassent 247,5 milliards de dirhams, en hausse de 10,3 % sur un an, avec un taux de réalisation de 67,5 % des prévisions annuelles.
Parallèlement, les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales, augmentent de près de 3,3 milliards de dirhams pour atteindre 19,6 milliards.
Les entreprises publiques contribuent aux recettes non fiscales
Les recettes non fiscales s’établissent à 29,5 milliards de dirhams. Elles comprennent notamment 11,7 milliards de produits versés par les établissements et entreprises publics.
Parmi les principaux contributeurs figurent Bank Al-Maghrib, avec 4,4 milliards de dirhams, le groupe OCP, avec 4,1 milliards, et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), avec 2,5 milliards.
Les mécanismes de financement innovants ont, pour leur part, généré 9,9 milliards de dirhams de recettes sur les huit premiers mois de l’année.
Les dépenses ordinaires absorbent l’essentiel des recettes
Malgré cette progression des ressources, les dépenses ordinaires continuent d’augmenter. Elles atteignent 268,2 milliards de dirhams à fin août, soit 26,2 milliards de plus qu’un an auparavant, et affichent un taux d’exécution de 70,7 %.
Cette hausse tient principalement aux dépenses de biens et services, en progression de 11,4 %, aux intérêts de la dette, qui augmentent de 9,1 %, et aux charges de compensation, en hausse de 6,2 %.
Le solde ordinaire reste ainsi excédentaire de 12,2 milliards de dirhams, mais se contracte par rapport aux 12,9 milliards enregistrés à fin août 2025. L’écart entre les recettes et les dépenses ordinaires se resserre donc, malgré le dynamisme fiscal.
L’investissement augmente, les comptes spéciaux se redressent
Les dépenses d’investissement atteignent 75,7 milliards de dirhams, en hausse de 11,4 % sur un an. Leur taux de réalisation représente 65,9 % des prévisions de la loi de finances pour 2026.
Le redressement des comptes spéciaux du Trésor joue un rôle déterminant dans l’évolution du déficit. Ces comptes dégagent un excédent de 4,9 milliards de dirhams, contre un solde déficitaire de 4,5 milliards un an auparavant, soit une amélioration de 9,4 milliards.
Cet excédent, ajouté au solde ordinaire de 12,2 milliards, compense en partie les 75,7 milliards de dépenses d’investissement et ramène le déficit budgétaire à 58,6 milliards de dirhams.
Une lecture économique de l’exécution budgétaire
La SCRT retrace l’exécution de la loi de finances et compare les résultats à ceux de la même période de l’année précédente. Elle repose sur une approche des transactions économiques en termes de flux, conforme aux normes internationales de statistiques des finances publiques.
Elle se distingue ainsi de la situation publiée par la Trésorerie générale du Royaume (TGR), de nature essentiellement comptable. Outre les recettes et les dépenses, la SCRT décrit le besoin de financement du Trésor et les ressources mobilisées pour le couvrir.
Questions fréquentes
Quel est le déficit budgétaire du Maroc à fin août 2026 ?
Le déficit budgétaire atteint 58,6 milliards de dirhams à fin août 2026, soit une diminution de 900 millions de dirhams sur un an, selon la situation des charges et ressources du Trésor.
De combien progressent les recettes fiscales du Maroc ?
Les recettes fiscales dépassent 247,5 milliards de dirhams, en hausse de 10,3 % sur un an, avec un taux de réalisation de 67,5 % des prévisions annuelles.
Quelles entreprises publiques contribuent aux recettes du Trésor marocain ?
Parmi les principaux contributeurs figurent Bank Al-Maghrib avec 4,4 milliards de dirhams, le groupe OCP avec 4,1 milliards et l'ANCFCC avec 2,5 milliards de dirhams.
Pourquoi les dépenses ordinaires marocaines augmentent-elles ?
Elles atteignent 268,2 milliards de dirhams, en hausse notamment des dépenses de biens et services (+11,4 %), des intérêts de la dette (+9,1 %) et des charges de compensation (+6,2 %).
