- Les députés du groupe Écologiste et social ont officiellement déposé une motion de censure contre le gouvernement, dénonçant son manque de préparation face au réchauffement climatique et à la récente canicule.
- Le texte, soutenu par des élus de La France insoumise, sera débattu à l’Assemblée nationale le 6 juillet, mais son adoption reste hautement improbable.
Le groupe Écologiste et social a déposé, jeudi 2 juillet, une motion de censure visant le gouvernement, concrétisant une initiative annoncée deux jours plus tôt à l’issue d’un échange particulièrement tendu avec le Premier ministre. Le texte sera examiné et soumis au vote des députés lundi 6 juillet à partir de 14 heures à l’Assemblée nationale.
Pour atteindre le seuil réglementaire de 58 signatures, les élus présidés par Cyrielle Chatelain ont obtenu le soutien d’une vingtaine de députés de La France insoumise (LFI).
Comme toute motion de censure, celle-ci ne pourra renverser le gouvernement qu’à condition de réunir au moins 289 voix à l’Assemblée nationale. Un scénario qui impliquerait nécessairement le vote des députés du Rassemblement national (RN), dont la position sera déterminante. En l’état, les chances de voir cette motion adoptée apparaissent donc très limitées.
Les députés dénoncent une politique qui « aggrave » les vulnérabilités climatiques
Dans leur texte, les signataires dressent un réquisitoire contre la politique environnementale de l’exécutif. Ils estiment que le gouvernement n’a pas seulement échoué à préparer le pays aux conséquences du dérèglement climatique, mais qu’il a contribué à accroître les risques.
« Au lieu de réduire nos vulnérabilités, il les a aggravées », écrivent les députés, qui ciblent notamment plusieurs décisions gouvernementales.
Ils dénoncent notamment la poursuite de projets jugés « inutiles », comme l’autoroute A69, les réductions des crédits consacrés à MaPrimeRénov’ et au Fonds vert, ainsi que les textes favorisant, selon eux, l’agriculture industrielle et le « gaspillage de l’eau », à l’image de la loi Duplomb. Les parlementaires critiquent également les attaques visant certains établissements publics, notamment l’Office français de la biodiversité (OFB).
Une gestion de la canicule sévèrement mise en cause
Au-delà des politiques de long terme, la motion cible également la gestion gouvernementale de la récente vague de chaleur. Les députés reprochent à l’exécutif son absence de réponse exceptionnelle face à un épisode climatique jugé historique.
« Pas de conseil scientifique établi comme lors de la crise du Covid-19. Pas de mesures exceptionnelles mises en place. Pas d’adaptation du code du travail pour protéger les salariés. Pas de fonds d’urgence débloqués. Pas de plan d’investissement massif annoncé », énumèrent-ils.
Et d’ajouter : « D’autres vagues de chaleur arrivent. Nous ne pouvons nous résoudre à compter nos morts.»
Les Écologistes réclament un plan massif d'investissements
Au-delà de la censure, les auteurs de la motion appellent à un changement profond de stratégie budgétaire et climatique. Ils estiment que le prochain gouvernement « devra absolument faire sien l’impératif d’investir sincèrement et massivement dans l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique ».
Ils demandent notamment la présentation rapide d’un projet de loi de finances rectificatif afin de financer plusieurs priorités, parmi lesquelles la rénovation thermique des bâtiments, la végétalisation des villes et l’adaptation de la production agricole aux effets du changement climatique.
