- Face à l’intensification des épisodes de chaleur extrême, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, plaide pour que le Fonds vert puisse financer des équipements de climatisation lorsque les besoins sont avérés.
- Une évolution qui pourrait être intégrée aux prochains débats budgétaires.
Maud Bregeon favorable à un élargissement du Fonds vert. Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire d’une ampleur exceptionnelle, le gouvernement ouvre la porte à une évolution du Fonds vert afin de soutenir le financement de solutions de climatisation dans certains bâtiments publics.
Invitée du Face-à-Face sur BFMTV-RMC ce mercredi 24 juin, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, s’est déclarée favorable à une adaptation du dispositif.
« Je suis favorable à ce que le Fonds vert puisse aussi, là où c’est nécessaire, financer la climatisation. Ça fera partie du débat budgétaire, ça nécessitera probablement une augmentation des crédits », a-t-elle affirmé.
Créé en 2023, le Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, plus connu sous le nom de Fonds vert, accompagne financièrement les collectivités locales dans leurs projets liés à la transition écologique et à l’adaptation au changement climatique. À ce jour, le financement des équipements de climatisation n’entre pas dans son périmètre.
La climatisation, une réponse parmi d’autres face aux vagues de chaleur
Pour Maud Bregeon, la climatisation constitue un outil nécessaire dans certaines situations, notamment pour protéger les populations les plus vulnérables. Elle a ainsi réaffirmé que le gouvernement était favorable à son déploiement lorsqu’il répond à un besoin concret.
« Nous sommes favorables à la climatisation partout où c’est nécessaire », a-t-elle assuré.
La ministre a toutefois insisté sur le fait que cette solution ne pouvait constituer l’unique réponse à l’adaptation climatique. « Ce ne sera pas suffisant, parce que les 68 millions de Français n’auront pas demain accès à la climatisation, notamment parce que ça coûte et que ça prend du temps à installer. Je dis simplement que ça ne peut pas être la seule réponse », a-t-elle expliqué.
Dans cette optique, elle rappelle que la rénovation énergétique demeure la priorité des politiques publiques. « Climatiser des passoires ou des bouilloires thermiques, ça ne sert à rien », a-t-elle nuancé, estimant que « la climatisation peut avoir un sens quand c’est nécessaire (…), mais la priorité avant la climatisation est de parler d’isolation ».
Les écoles au cœur des préoccupations
Face à la multiplication des journées de chaleur extrême, la question de l’adaptation des établissements scolaires revient avec insistance dans le débat public. Maud Bregeon estime que certaines infrastructures, notamment les écoles, doivent pouvoir bénéficier de solutions de refroidissement lorsque les conditions climatiques l’exigent.
« Il faut qu’on accompagne, y compris pour la climatisation, là où c’est impérativement nécessaire. Les écoles en sont évidemment un exemple », a-t-elle souligné.
La ministre considère que l’enjeu est à la fois sanitaire et social, dans un contexte où les vagues de chaleur touchent particulièrement les populations les plus fragiles.
Une réponse aux critiques de la gauche
Les déclarations de la ministre interviennent alors que le débat sur la place de la climatisation dans la stratégie d’adaptation au changement climatique divise la classe politique.
Réagissant aux critiques formulées notamment par Jean-Luc Mélenchon, qui estime que « climatiser partout » reviendrait à « augmenter les dégâts », Maud Bregeon a dénoncé une « réaction antipopulaire ».
« Vous avez des Français et des enfants qui en ont impérativement besoin pour pouvoir continuer à aller à l’école, et donc ce type de réaction est antipopulaire. Elle va à l’encontre du besoin des plus modestes et des plus précaires », a-t-elle déclaré.
Une canicule historique et un Fonds vert déjà fortement mobilisé
La France connaît depuis plus d’une semaine un épisode caniculaire particulièrement intense, avec des températures dépassant localement les 40°C. Ce mercredi, 58 départements sont placés en vigilance rouge canicule, un niveau inédit depuis la création du dispositif de surveillance météorologique.
Dans ce contexte, le gouvernement réfléchit à renforcer les outils d’adaptation des territoires. Depuis son lancement en 2023, le Fonds vert a soutenu plus de 25.000 projets en métropole et en outre-mer. Selon le ministère de la Transition écologique, ces initiatives ont bénéficié de 4,5 milliards d’euros de subventions publiques.
L’éventuelle extension de son champ d’intervention au financement de la climatisation pourrait ainsi constituer l’un des sujets majeurs du prochain débat budgétaire, alors que la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur continuent de progresser sous l’effet du changement climatique.
