Lufthansa a vu son bénéfice opérationnel chuter de 56 % au deuxième trimestre, à 383 millions d'euros, plombé par l'envolée du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient. Le bénéfice net s'effondre de 88 %, à 123 millions d'euros, malgré un chiffre d'affaires en hausse de 8 %.
| Résultat opérationnel ajusté (EBIT) T2 | 383 millions d'eurosdeuxième trimestre, en baisse de 56 % sur un an |
|---|---|
| Chiffre d'affaires T2 | 11,1 milliards d'eurosen progression de 8 % sur un an |
| Bénéfice net T2 | 123 millions d'eurosen chute de 88 %, contre 1,01 milliard un an avant |
| Surcoût de la facture carburant | environ 750 millions d'euros |
| Prévision EBIT ajusté 2026 | entre 1,7 et 2,2 milliards d'eurosfourchette resserrée |
Lufthansa subit de plein fouet les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient. Entre avril et juin, le premier groupe européen de transport aérien a enregistré un résultat opérationnel ajusté (EBIT) de 383 millions d’euros, en baisse de 56 % par rapport aux 870 millions dégagés un an auparavant.
Cette contraction s’explique principalement par l’envolée des cours du kérosène. Selon les résultats trimestriels publiés par Lufthansa, la facture de carburant a dépassé d’environ 750 millions d’euros son niveau du deuxième trimestre 2025.
La hausse de l’activité n’a pas permis d’absorber ce choc. Porté par une « demande intacte », le chiffre d’affaires a progressé de 8 %sur un an, à 11,1 milliards d’euros. Les comptes ont également été grevés par « des charges financières d’au moins 150 millions d’euros causées par les grèves » des pilotes et du personnel de cabine.
Un bénéfice net en chute de 88 %
La détérioration est encore plus marquée au niveau du résultat net. Celui-ci s’est effondré de 88 % sur un an, passant de 1,01 milliard à 123 millions d’euros.
Lufthansa attribue cette chute à la baisse de son bénéfice opérationnel, mais aussi à « des effets de valorisation et des effets fiscaux exceptionnels durant l’année précédente ».
La situation de trésorerie s’est également dégradée. Le flux de trésorerie disponible ajusté est devenu négatif, à 365 millions d’euros, contre un montant positif de 138 millions au deuxième trimestre 2025, selon la présentation financière du groupe.
Lufthansa réduit ses capacités de vol
Pour contenir ses coûts, Lufthansa a engagé plusieurs mesures d’économie. Le groupe a réduit ses capacités sur les liaisons court, moyen et long-courriers et accéléré le retrait de ses avions les plus énergivores.
Les 27 appareils exploités par Lufthansa CityLine ont notamment été définitivement retirés du programme de vols en avril. Ces ajustements doivent permettre au groupe de réduire sa consommation de carburant et de limiter son exposition aux volumes de kérosène non couverts par des instruments financiers.
L’entreprise compte parallèlement tirer parti du dynamisme des marchés africain et asiatique. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la demande s’est renforcée sur ces destinations, tandis que les rendements enregistrés sur les lignes asiatiques ont progressé de 13 % sur un an.
Des prévisions annuelles resserrées
Face à la volatilité du marché pétrolier, Lufthansa prévoit désormais un EBIT ajusté compris entre 1,7 et 2,2 milliards d’euros en 2026. Cette fourchette vise à « refléter l’incertitude accrue due à la forte volatilité du prix du kérosène et à la réduction des cycles de réservation dans le secteur passagers ».
Le groupe peut néanmoins s’appuyer sur la résistance de son activité de fret. Lufthansa Cargo a réalisé un EBIT ajusté de 116 millions d’euros au deuxième trimestre, porté par une forte demande et de meilleurs rendements, « malgré la crise au Moyen-Orient ».
Cette performance ne suffit toutefois pas à dissiper les incertitudes pesant sur l’exercice. L’évolution du prix du carburant, les réservations de dernière minute et les conséquences du conflit sur le trafic aérien resteront déterminantes pour la rentabilité de Lufthansa durant la seconde moitié de l’année.
Questions fréquentes
Pourquoi le bénéfice de Lufthansa chute-t-il ?
La chute s'explique principalement par l'envolée des cours du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient, la facture de carburant dépassant d'environ 750 millions d'euros son niveau du deuxième trimestre 2025.
De combien a baissé le bénéfice net de Lufthansa ?
Le résultat net s'est effondré de 88 % sur un an, passant de 1,01 milliard à 123 millions d'euros, en raison notamment de la baisse du bénéfice opérationnel.
Quelles mesures d'économie Lufthansa a-t-elle prises ?
Le groupe a réduit ses capacités sur les liaisons court, moyen et long-courriers et accéléré le retrait de ses avions les plus énergivores, dont 27 appareils de Lufthansa CityLine.
Quelles sont les prévisions de Lufthansa pour 2026 ?
Lufthansa prévoit un EBIT ajusté compris entre 1,7 et 2,2 milliards d'euros en 2026, une fourchette reflétant l'incertitude due à la volatilité du prix du kérosène.
