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SNCF : un bénéfice semestriel record porté par la fréquentation des TGV

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La SNCF signe un bénéfice semestriel record de 1,176 milliard d'euros au premier semestre 2026, pour un chiffre d'affaires de 21,9 milliards. Cette performance repose notamment sur la fréquentation des TGV, avec 83,4 millions de voyageurs transportés, malgré un contexte économique difficile et de forts aléas climatiques.

Faits clés
Chiffre d'affaires du groupe 21,9 milliards d'eurospremier semestre 2026, +2 % à périmètre et taux de change constants
Bénéfice net 1,176 milliard d'euroscontre 950 millions un an auparavant, record semestriel hors exceptionnels
Voyageurs TGV 83,4 millions de voyageursFrance et Europe sur le semestre, niveau record, trafic +2,8 %
EBITDA du groupe 3,8 milliards d'eurosmarge de 17,4 %, contre 16,8 % un an plus tôt
Dette nette 23,6 milliardsen recul de près de 690 millions d'euros depuis fin 2025

   La SNCF maintient sa trajectoire de croissance malgré un contexte économique et géopolitique jugé particulièrement difficile. Au cours des six premiers mois de 2026, le groupe ferroviaire a enregistré un chiffre d’affaires de 21,9 milliards d’euros, en hausse de 2 % à périmètre et taux de change constants par rapport au premier semestre 2025, selon ses résultats semestriels officiels.

Son bénéfice net atteint 1,176 milliard d’euros, contre 950 millions un an auparavant. Hors éléments exceptionnels, notamment les produits issus de cessions d’actifs, ce résultat constitue un record semestriel pour le groupe.

La rentabilité opérationnelle s’améliore également. L’excédent brut d’exploitation (EBITDA) s’établit à 3,8 milliards d’euros, soit une marge de 17,4 %, contre 16,8 % un an plus tôt. Dans le même temps, la dette nette recule de près de 690 millions d’euros depuis la fin de 2025, à 23,6 milliards. Le groupe a également dégagé un flux de trésorerie disponible positif de 1,5 milliard d’euros.

Des résultats solides malgré les aléas climatiques

Ces performances sont « plutôt très satisfaisantes compte tenu du contexte difficile avec une croissance française faible, une consommation atone, une reprise de l’inflation et des aléas climatiques très forts comme des tempêtes en hiver, les canicules précoces en mai et juin et une très forte incertitude », souligne Laurent Trevisani, directeur général délégué Stratégie et Finances du groupe SNCF.

Les intempéries et les perturbations d’infrastructure ont néanmoins pesé sur l’activité. Selon le dirigeant, les aléas climatiques et le déraillement d’un train en Espagne ont privé la SNCF d’« environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le semestre », dont près de 70 millions liés aux seules conditions météorologiques.

Dans son communiqué financier du premier semestre 2026, la SNCF évalue par ailleurs à près de 90 millions d’euros l’incidence des aléas climatiques et des perturbations d’infrastructure sur son EBITDA.

« Cette performance témoigne à la fois de la pertinence de notre stratégie, de l’engagement de nos équipes, d’une amélioration continue de notre compétitivité et du respect des engagements pris vis-à-vis de l’État », estime Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF.

Plus de 83 millions de voyageurs dans les TGV

SNCF Voyageurs, principale locomotive commerciale du groupe, affiche un chiffre d’affaires de 10,6 milliards d’euros, en progression de 1,3 %. Son EBITDA atteint 1,4 milliard, ce qui porte sa marge à 13,3 %, contre 12 % au premier semestre 2025.

Cette croissance repose notamment sur la fréquentation des trains à grande vitesse. Malgré le renforcement de la concurrence, en particulier de l’opérateur italien Trenitalia, le trafic TGV progresse officiellement de 2,8 %. Plus de 83,4 millions de voyageurs ont été transportés en France et en Europe sur le semestre, un niveau record, selon les données publiées par le groupe SNCF.

Le chiffre d’affaires de cette activité augmente de 3,1 %, à 5 milliards d’euros. La dynamique est « tirée par le marché des loisirs et liée à une demande qui reste dynamique et à un renforcement de l’offre, pour les jeunes et lors des périodes de vacances scolaires », explique le groupe. Les campagnes promotionnelles et les ventes flash ont également soutenu la fréquentation.

Le TGV M pour augmenter les capacités

La seconde moitié de l’année doit être marquée par l’arrivée des premiers exemplaires du TGV M. Ces nouvelles rames doivent permettre à la SNCF d’augmenter progressivement ses capacités face à une demande parfois insatisfaite, faute de matériel disponible.

Présenté comme la quatrième génération de trains à grande vitesse, le TGV M pourra transporter jusqu’à 740 passagers, contre 634 pour certaines rames actuellement en circulation. Sa conception modulable doit également permettre d’adapter le nombre de voitures, de sièges et d’espaces consacrés aux vélos ou aux bagages, selon la présentation technique de la SNCF.

Des prix modérés face à la concurrence

La progression des revenus de SNCF Voyageurs demeure toutefois limitée au regard de la hausse du trafic. Une différence que la direction attribue à une politique de modération tarifaire et au développement de l’offre Ouigo.

« Il n’y a pas eu d’action forte de baisse des prix, mais il y a eu une modération des prix car nous voulons que le TGV s’adresse à tous. Il y a aussi la montée en puissance de Ouigo qui fait baisser le panier moyen », explique Laurent Trevisani.

Sur les autres lignes, la fréquentation des trains express régionaux (TER) progresse de 2,3 %. Les Intercités constituent en revanche le principal point faible de SNCF Voyageurs, avec une fréquentation en recul de 3,8 %. Cette baisse s’explique essentiellement par les suppressions de trains provoquées par les tempêtes hivernales et les épisodes de canicule.

Keolis progresse, Geodis pénalisé par le fret maritime

Les autres filiales présentent des trajectoires contrastées. Keolis, spécialisée dans les transports urbains, enregistre une hausse de 5,2 % de son chiffre d’affaires, à 3,7 milliards d’euros. Son EBITDA ressort à 243 millions, en léger recul sur un an.

La situation est plus délicate pour Geodis. Le chiffre d’affaires du logisticien diminue de 1,4 %, à 5,3 milliards d’euros, sous l’effet des tensions géopolitiques et du ralentissement du fret maritime. La SNCF souligne néanmoins une « profitabilité préservée à 10 %», correspondant à un EBITDA de 534 millions d’euros.

Rail Logistics Europe, qui rassemble les activités de fret ferroviaire, dont Hexafret, affiche de son côté une croissance de 3,9 %, à 950 millions d’euros. Sa marge progresse de 12 % à 12,5 %. Ces évolutions sont détaillées dans la présentation des résultats semestriels du groupe.

Les péages soutiennent SNCF Réseau

L’augmentation du nombre de trains en circulation bénéficie également à SNCF Réseau. Le gestionnaire des infrastructures perçoit davantage de péages de la part de SNCF Voyageurs et des nouveaux opérateurs.

Son chiffre d’affaires progresse ainsi de 3,2 %, à 4,2 milliards d’euros. Son EBITDA atteint 1,3 milliard, en hausse de 4,5 % sur un an.

Le groupe a investi 4,9 milliards d’euros au premier semestre, toutes sources de financement confondues, notamment l’État et les régions. Plus de 95 % de ces dépenses ont été consacrées aux activités ferroviaires en France.

Un effort supplémentaire pour moderniser le réseau

Une part croissante des bénéfices dégagés par les filiales, en particulier SNCF Voyageurs, doit alimenter le fonds de concours destiné à la rénovation du réseau. La trajectoire de ce fonds est définie dans le contrat de performance conclu entre l’État et SNCF Réseau, comme le rappelle un rapport du Sénat consacré à l’ouverture du rail à la concurrence.

Le projet de contrat de performance pour la période 2024-2033 prévoit une contribution cumulée du groupe d’environ 14,8 milliards d’euros. Parallèlement, l’effort annuel consacré à la régénération et à la modernisation du réseau doit atteindre 4,5 milliards d’euros à partir de 2028, soit 1,5 milliard supplémentaire par an.

Le ministère chargé des Transports estime que ces investissements doivent permettre au réseau d’absorber une hausse de 25 % du trafic entre 2024 et 2033. Cela représenterait près de 800.000 TGV, TER et trains de fret supplémentaires en 2033 par rapport à 2024.

Les futures recettes issues du renouvellement des concessions autoroutières pourraient compléter ce financement à partir du début des années 2030. Leur montant précis et leurs modalités d’affectation au ferroviaire restent cependant à déterminer.

Le financement du réseau ravive les tensions sociales

Ce mécanisme suscite l’opposition des syndicats. Ceux-ci estiment que les cheminots ne bénéficient pas suffisamment des bons résultats du groupe en matière de rémunération. SUD-Rail dénonce notamment le décalage entre les bénéfices dégagés par la SNCF et la situation des agents sur le terrain, une critique déjà formulée lors de précédentes publications financières du groupe dans un communiqué syndical.

Les organisations syndicales contestent également une différence de traitement entre SNCF Voyageurs, qui acquitte les péages ferroviaires tout en contribuant au fonds de concours, et ses concurrents, uniquement soumis aux droits d’accès au réseau.

La solidité des comptes place ainsi la SNCF face à un délicat arbitrage : financer la modernisation d’un réseau vieillissant, renforcer son offre face à la concurrence et répondre aux revendications salariales, sans fragiliser une rentabilité devenue indispensable à son modèle économique.

Questions fréquentes

Quel est le bénéfice de la SNCF au premier semestre 2026 ?

Le bénéfice net atteint 1,176 milliard d'euros, contre 950 millions un an auparavant. Hors éléments exceptionnels, ce résultat constitue un record semestriel pour le groupe.

Combien de voyageurs ont pris le TGV ?

Plus de 83,4 millions de voyageurs ont été transportés en France et en Europe sur le semestre, un niveau record, avec un trafic TGV en progression de 2,8 %.

Pourquoi les prix des TGV n'augmentent-ils pas malgré le trafic ?

La direction évoque une politique de modération tarifaire pour que le TGV s'adresse à tous, ainsi que la montée en puissance de Ouigo qui fait baisser le panier moyen.

Qu'est-ce que le TGV M ?

Présenté comme la quatrième génération de trains à grande vitesse, le TGV M pourra transporter jusqu'à 740 passagers, contre 634 pour certaines rames actuelles, avec une conception modulable.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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