Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans a rebondi à 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2,5 points sur un an. Face à cette dégradation, la ministre Sabrina Roubache défend la voie professionnelle et l'apprentissage comme leviers d'insertion et appelle les entreprises à recruter.
| Taux de chômage des 15-24 ans | 21,6 %deuxième trimestre 2026, +0,4 point sur trois mois, source Insee |
|---|---|
| Hausse du chômage des jeunes sur un an | 2,5 pointspour les 15-24 ans |
| Part des NEET (15-29 ans) | 13,3 %stable sur le trimestre |
| Taux de chômage de l'ensemble des actifs | 8,3 %deuxième trimestre, +0,2 point |
| Nombre de chômeurs au sens du BIT | 2,7 millions de personnes+62.000 sur le trimestre, plus haut depuis le 3e trimestre 2020 |
La dégradation du marché du travail touche particulièrement les jeunes. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des actifs âgés de 15 à 24 ans a rebondi de 0,4 point sur trois mois, pour atteindre 21,6 %, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Sur un an, la hausse atteint 2,5 points. La part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation — les « NEET » — est, quant à elle, restée stable sur le trimestre à 13,3 %, mais a également progressé sur un an.
Interrogée mardi sur Europe 1, Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, a reconnu cette détérioration tout en défendant les dispositifs existants.
« Vous l’avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d’outils, notamment la voie professionnelle, l’une de ces voies qui permet à nos jeunes d’être insérés très rapidement », a-t-elle déclaré. « Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès. »
L’apprentissage présenté comme un levier d’insertion
Malgré le recul du nombre d’apprentis enregistré en 2025, la ministre a assuré que le gouvernement entendait préserver les moyens consacrés à cette politique. Elle a attribué cette baisse à « la conjoncture », tout en affirmant que « les crédits pour l’apprentissage ont été sanctuarisés ».
« On ne casse pas une politique publique qui marche », a insisté Sabrina Roubache, défendant un dispositif devenu l’un des principaux leviers de la politique gouvernementale en faveur de l’emploi des jeunes.
À quelques semaines de la rentrée, le nombre d’élèves engagés dans une voie professionnelle mais toujours à la recherche d’une entreprise d’accueil demeure toutefois incertain. La ministre a reconnu que les services de l’État n’étaient « pas tout à fait capables de le dire ».
Elle a néanmoins rappelé que les jeunes disposent de trois mois après le début de leur formation, en septembre, pour conclure un contrat avec une entreprise.
Un appel lancé aux entreprises
Face aux difficultés rencontrées par certains candidats, Sabrina Roubache a assuré que son cabinet répondait « à toutes les sollicitations ». Elle a surtout exhorté les employeurs à maintenir leurs recrutements malgré le ralentissement économique.
« N’hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d’aujourd’hui que vous formez pour vos besoins de demain », a-t-elle lancé à l’adresse des entreprises.
La ministre a parallèlement défendu le bilan de l’exécutif depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, mettant en avant « 500.000 jeunes en emploi depuis 2017 » et « le plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans ».
L’objectif du plein-emploi s’éloigne
La remontée du chômage des jeunes intervient dans un contexte plus largement défavorable. Au deuxième trimestre, le taux de chômage de l’ensemble de la population active a augmenté de 0,2 point pour s’établir à 8,3 %. Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail a progressé de 62.000 sur le trimestre, à 2,7 millions de personnes.
Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020, marqué par la crise sanitaire, et depuis le troisième trimestre 2019 auparavant. L’objectif fixé par Emmanuel Macron de ramener le chômage à 5 % de la population active s’éloigne ainsi davantage.
Alors que l’emploi revient au centre du débat politique à huit mois de l’élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu le bilan des politiques conduites depuis 2017. « Pas de déni face à la hausse du chômage. Mais pas de caricature non plus », a-t-il écrit sur X, soulignant que « plus de deux millions d’emplois ont été créés depuis 2017 ».
Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à enrayer la progression du chômage sans fragiliser l’apprentissage, alors que le ralentissement conjoncturel rend les entreprises plus prudentes dans leurs décisions de recrutement.
Questions fréquentes
Quel est le taux de chômage des jeunes en 2026 ?
Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des 15-24 ans a atteint 21,6 %, en hausse de 0,4 point sur trois mois et de 2,5 points sur un an, selon l'Insee.
Que propose le gouvernement contre le chômage des jeunes ?
Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l'apprentissage, présentés comme des leviers d'insertion rapide. La ministre assure que les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés.
Combien y a-t-il de chômeurs en France ?
Le nombre de chômeurs au sens du BIT a atteint 2,7 millions de personnes au deuxième trimestre, son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020.
L'objectif de plein-emploi de Macron est-il atteignable ?
L'objectif de ramener le chômage à 5 % s'éloigne, le taux global ayant grimpé à 8,3 %. Sébastien Lecornu défend toutefois plus de deux millions d'emplois créés depuis 2017.
