21.2 C
Paris
jeudi, août 27, 2026
AccueilActualitéStellantis défend son partenariat avec Dongfeng pour préserver l’emploi à Rennes

Stellantis défend son partenariat avec Dongfeng pour préserver l’emploi à Rennes

Date:

5 min de lecture
  • Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, rejette l’idée que la production de véhicules électriques du chinois Dongfeng à Rennes constitue une porte d’entrée industrielle pour Pékin.
  • Il présente cette coopération comme un moyen de sécuriser l’avenir du site breton et réaffirme l’ancrage du constructeur en France.

   Confronté aux critiques suscitées par son rapprochement avec le constructeur chinois Dongfeng, Stellantis assume sa stratégie. Invité jeudi 27 août sur franceinfo, son directeur général, Antonio Filosa, a défendu la production prochaine de véhicules électriques chinois dans l’usine de Rennes-La Janais, en Ille-et-Vilaine.

« Nous ne sommes pas un cheval de Troie. C’est une façon intelligente de ne pas fermer des usines. On ne va pas les fermer, mais on va maintenir l’emploi à son niveau actuel », a déclaré le dirigeant du groupe automobile.

Un partenariat chinois pour sécuriser l’usine de Rennes

Le projet prévoit l’industrialisation à Rennes de voitures électriques du groupe Dongfeng, partenaire historique de Stellantis en Chine. Cette coopération doit permettre au site breton de compléter son plan de charge dans un marché automobile européen durablement affaibli.

Pour Antonio Filosa, cette coopération illustre la volonté de Stellantis de nouer « des partenariats intelligents avec les Chinois » afin de consolider son appareil industriel en Europe. « Dans l’usine de Rennes, avec Dongfeng, nous allons industrialiser de nouvelles voitures qui vont maintenir l’emploi à Rennes », a assuré le directeur général du groupe sur franceinfo.

L’accord apparaît stratégique pour l’usine de La Janais, confrontée comme l’ensemble de l’industrie automobile européenne à la baisse des volumes, à la transition vers l’électrique et à la montée en puissance des constructeurs chinois. En produisant localement certains modèles de Dongfeng, Stellantis entend préserver ses capacités industrielles tout en accompagnant le développement de son partenaire sur le marché européen.

Une industrie automobile toujours sous pression

Le groupe aux 14 marques, parmi lesquelles Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et Opel, emploie actuellement 38.000 salariés en France. Il s’appuie sur 12 usines et travaille avec quelque 600 fournisseurs dans le pays.

Cette présence industrielle reste toutefois confrontée à un marché nettement moins dynamique qu’avant la crise sanitaire. « L’Europe n’a jamais retrouvé les volumes d’avant-Covid. On a perdu des millions d’unités. La France, c’est 600.000 unités perdues depuis les années 2000 », a souligné Antonio Filosa.

Le dirigeant insiste sur la responsabilité de Stellantis envers l’ensemble de son écosystème. « Stellantis est le plus grand producteur automobile de la France. En France, nous avons 12 usines, 38.000 employés pour Stellantis, 600 fournisseurs qui travaillent avec nous. La première grande responsabilité que nous avons, c’est une responsabilité sociale envers tous ces gens-là », a-t-il détaillé.

Après une année 2025 particulièrement difficile, marquée par une perte de plus de 22 milliards d’euros et par une révision en profondeur de sa stratégie électrique mondiale, Stellantis a commencé à redresser ses finances. Le groupe reste néanmoins exposé au ralentissement du marché européen, à la concurrence chinoise et aux coûts élevés de la transition technologique.

La 2CV électrique présentée au prochain Mondial de l’auto

Parallèlement à ses alliances industrielles, Stellantis veut relancer son offre de petites voitures électriques accessibles. Antonio Filosa a ainsi confirmé que Citroën présenterait une réinterprétation électrique de la 2CV lors du prochain Mondial de l’automobile.

« Elle revient, elle sera très belle et ça représentera l’héritage de Citroën. Beaucoup d’ingénieurs français travaillent sur cette voiture », a déclaré le directeur général.

Le constructeur ambitionne de proposer cette future 2CV électrique à un prix inférieur à 20.000 euros, un seuil devenu central dans la bataille pour démocratiser la mobilité électrique en Europe. « On va y arriver, c’est sûr, en commençant par la 2CV », a affirmé Antonio Filosa.

Le retour de ce modèle emblématique doit permettre à Citroën de renouer avec son héritage de voitures populaires tout en répondant à la concurrence des nouveaux véhicules électriques abordables. Il constitue aussi un signal adressé au marché français, où le prix demeure l’un des principaux freins à l’achat d’une voiture électrique.

Stellantis réaffirme son ancrage en France

Attendu dans l’après-midi aux Rencontres du Medef, où doivent intervenir les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2027, Antonio Filosa a également insisté sur l’importance de la future politique industrielle française.

« La France est au cœur de ce que fait Stellantis. Il y a plusieurs usines en France. Elle donne du travail à 38.000 personnes. Nous voulons rester ici. Je pense qu’on aura un avenir prospère », a-t-il déclaré.

À l’approche d’une nouvelle séquence politique, le groupe cherche notamment de la visibilité sur les règles encadrant la transition électrique, le soutien à la production automobile et la compétitivité des sites industriels.

« On veut construire notre avenir avec nos collègues français. C’est très important de comprendre ce que sera la prochaine étape pour l’administration française. Mais nous voulons rester ici », a conclu le patron de Stellantis.

Les plus populaires