- Le candidat d’Horizons à l’élection présidentielle de 2027 s’oppose fermement au projet du Rassemblement national visant à interdire et sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public.
- Sur France Inter, Édouard Philippe a également défendu une réforme des retraites fondée sur un allongement différencié de la durée du travail.
Édouard Philippe durcit le ton face au Rassemblement national (RN). Invité de France Inter mercredi 2 septembre, le maire du Havre a qualifié d’« inconstitutionnelle et scandaleuse », mais aussi de « dangereuse » et « illégitime », la proposition du parti de Marine Le Pen d’organiser un référendum sur l’interdiction du voile islamique dans l’espace public.
Le candidat d’Horizons à l’élection présidentielle de 2027 entend placer son opposition sur le terrain des libertés publiques et des principes républicains. « Je la combats », a-t-il déclaré au sujet de cette mesure envisagée par le RN en cas d’accession au pouvoir.
Édouard Philippe défend la liberté religieuse
L’ancien Premier ministre a notamment invoqué le principe de « liberté religieuse », qu’il considère comme indissociable de la laïcité. « Je suis pour le principe de laïcité », a-t-il affirmé, tout en défendant « l’absolue neutralité de la puissance publique » à l’égard du fait religieux.
Édouard Philippe distingue ainsi les obligations qui s’imposent aux institutions et aux agents publics des libertés reconnues aux citoyens. Il s’est dit favorable à une application rigoureuse des règles de neutralité pour les fonctionnaires, mais refuse leur extension générale à l’ensemble de l’espace public.
« Je ne veux pas entrer dans une confrontation avec mes compatriotes français de confession musulmane », a insisté le maire du Havre. « Je peux ne pas être à l’aise avec le port du voile, mais ça ne veut pas dire que je veux l’interdire », a-t-il poursuivi.
Le RN assume son projet de sanctions
Cette prise de position intervient après les déclarations du député RN Jean-Philippe Tanguy. Ce dernier avait annoncé que son parti prévoyait de verbaliser les femmes portant le voile islamique dans l’espace public en cas de victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027.
Interrogé mardi sur franceinfo, le député de la Somme avait toutefois assuré que l’application de cette mesure ne conduirait pas à une politique systématique de poursuites. « Personne ne va courir après » les femmes voilées ni « mener la chasse » contre elles, avait-il déclaré.
Le projet suscite néanmoins une forte controverse politique et juridique. Pour Édouard Philippe, une telle interdiction remettrait en cause l’équilibre entre laïcité, neutralité de l’État et liberté individuelle.
Sur les retraites, un effort demandé à tous les Français
Le candidat d’Horizons a également précisé sa position sur la réforme des retraites. Selon lui, les Français devront « tous travailler plus longtemps, pas dans les mêmes conditions », afin de tenir compte des différences de carrière, de métier et de pénibilité.
Édouard Philippe n’a cependant pas souhaité fixer, à ce stade, un nouvel âge légal de départ. L’ancien chef du gouvernement veut d’abord « engager une discussion » avec les partenaires sociaux afin d’identifier les points susceptibles de faire l’objet d’un compromis.
