Aux sénatoriales du 27 septembre 2026, le RN et ses alliés de l'UDR atteignent au moins quinze sénateurs, seuil suffisant pour former un groupe à la chambre haute. La droite et le centre conservent toutefois une large majorité, avec Les Républicains en première force.
| Sièges renouvelés | 178 des 348 siègesscrutin du 27 septembre 2026, dans 63 départements |
|---|---|
| Sénateurs RN et UDR | au moins quinze sénateursselon le bilan publié dimanche soir |
| Seuil pour former un groupe | au moins dix membresselon le règlement du Sénat |
| Recul du RDPI | de 19 à environ 14 sénateursgroupe soutenant Emmanuel Macron, premières estimations |
| Départements concernés | 63 départementsplus une partie des Français établis hors de France |
Le rapport de force reste globalement stable, mais le Rassemblement national (RN) franchit un seuil institutionnel. Douze ans après l’arrivée de ses premiers sénateurs, le parti de Marine Le Pen dispose désormais, avec ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), des effectifs nécessaires pour former un groupe dans la chambre haute.
Les élections sénatoriales du 27 septembre 2026 portaient sur 178 des 348 sièges du Sénat, dans 63 départements et pour une partie des représentants des Français établis hors de France. Organisé au suffrage universel indirect, ce scrutin repose sur un collège de grands électeurs composé essentiellement d’élus locaux. Il prolonge ainsi les rapports de force issus des municipales de mars.
Le Sud-Est porte la progression du RN et de ses alliés
L’ancrage méditerranéen du RN se traduit par de nouveaux sièges : deux dans le Var, deux dans les Bouches-du-Rhône, un dans le Gard et un dans l’Hérault. Dans les Alpes-Maritimes, l’UDR d’Éric Ciotti obtient deux élus. La progression dépasse toutefois ce bastion : en Gironde, la députée RN Edwige Diaz décroche également un siège au Sénat.
Selon le bilan publié dimanche soir, le RN et l’UDR peuvent compter sur au moins quinze sénateurs. Le périmètre définitif du futur groupe dépendra des affiliations déclarées par les élus.
Devant les médias, Jordan Bardella, président du RN, a salué des résultats qui « marquent une étape dans l’enracinement du RN dans notre pays ». Il y voit « une étape supplémentaire pour l’élection de Marine Le Pen dans quelques mois ». Cette dernière a évoqué « une victoire historique » et « une étape majeure ».
Un groupe pour peser davantage dans le travail parlementaire
La constitution d’un groupe, qui nécessite au moins dix membres selon le règlement du Sénat, donnerait au RN davantage de moyens pour exercer son activité parlementaire : temps de parole, ressources consacrées au travail législatif et représentation dans les instances de la chambre haute.
« Cela va nous permettre de rentrer dans le jeu institutionnel », commente Aymeric Durox, sénateur RN de Seine-et-Marne. « Nous aurons droit à une question chaque semaine lors des questions au gouvernement et pas à une de temps en temps », ajoute-t-il.
Le futur groupe pourrait également utiliser le droit de tirage permettant de demander chaque année la création d’une commission d’enquête, dans les conditions prévues par le règlement.
Sur TF1, Julien Sanchez, vice-président du RN et directeur de campagne de Marine Le Pen, a qualifié le résultat d’« historique ». Alors que le parti comptait déjà des sénateurs mais ne disposait pas de groupe, il a dénoncé « une anomalie démocratique ».
« C’est important pour le parti qui prétend à être amené à représenter la France », a-t-il déclaré.
La majorité de droite et du centre résiste
Cette progression ne bouleverse pas les grands équilibres du Palais du Luxembourg. Les Républicains restent la première force de l’hémicycle et conservent, avec l’Union centriste, une large majorité. Le Parti socialiste résiste également, avec l’enjeu de maintenir sa place de deuxième groupe devant les centristes.
Les effectifs précis restent à consolider après les derniers résultats et les choix d’affiliation. Le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), qui soutient Emmanuel Macron, devrait pour sa part reculer de 19 à environ 14 sénateurs, selon les premières estimations. Il se situerait ainsi à un niveau proche du futur groupe RN-UDR et du groupe écologiste.
Autre évolution de ce scrutin : La France insoumise (LFI) entre au Sénat avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône. Jean-Luc Mélenchon s’est félicité de résultats qui montrent, selon lui, que « dans tous les départements, LFI fait des scores bien plus larges que son nombre de grands électeurs ». « Heureux augure pour 2027 », a-t-il affirmé.
Gérard Larcher candidat à un sixième mandat
Sur X, Gérard Larcher, président sortant du Sénat, a déclaré « prendre acte » de l’émergence d’un neuvième groupe RN-UDR, qu’il présente comme une « conséquence du résultat des élections municipales ».
Le sénateur LR a appelé la chambre haute à « rester une assemblée du débat apaisé, de la raison, de la réflexion », « une assemblée où se fait la loi et où l’action du gouvernement est contrôlée ». Il a également annoncé sa candidature à un sixième mandat à sa présidence.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé ses félicitations « aux sénatrices et sénateurs élus ou réélus aujourd’hui », assurant que « le gouvernement travaillera avec chacun, dans le respect du débat parlementaire et de nos institutions ».
Les nouveaux élus prendront leurs fonctions jeudi 1er octobre, jour de l’élection du président du Sénat. Les groupes devront déposer leurs listes de membres lundi 5 octobre, étape qui fixera leur composition officielle.
Questions fréquentes
Combien de sénateurs a le RN après les sénatoriales 2026 ?
Le RN et l'UDR peuvent compter sur au moins quinze sénateurs selon le bilan publié dimanche soir. Le périmètre définitif du groupe dépendra des affiliations déclarées par les élus.
Combien de membres faut-il pour former un groupe au Sénat ?
La constitution d'un groupe nécessite au moins dix membres selon le règlement du Sénat, ce qui offre plus de temps de parole et de ressources parlementaires.
Qui garde la majorité au Sénat en 2026 ?
Les Républicains restent la première force de l'hémicycle et conservent, avec l'Union centriste, une large majorité au Palais du Luxembourg.
Quand les nouveaux sénateurs prennent-ils leurs fonctions ?
Les nouveaux élus prendront leurs fonctions jeudi 1er octobre, jour de l'élection du président du Sénat. Les groupes déposeront leurs listes de membres lundi 5 octobre.
