Invite de « L'Heure de verite », Edouard Philippe a detaille son projet presidentiel. Le president d'Horizons propose deux heures de travail hebdomadaires en plus, une allocation familiale de 350 euros des le premier enfant, une retraite a 65 ans et des economies sur les depenses sociales.
| Temps de travail supplementaire propose | deux heures de plus par semainegain evalue a 1 000 euros de plus par an |
|---|---|
| Allocation familiale unique | 350 euros par moisdes le premier enfant, ensuite degressive avec l'impot sur le revenu |
| Age de depart a la retraite vise | 65 ansduree de cotisation portee a quarante-cinq ans, en moins de dix ans |
| Departs non remplaces dans la fonction publique | 250 000 departs non remplaces sur cinq ansdeux departs sur trois remplaces, sur 750 000 departs prevus |
Travailler davantage, contenir les dépenses sociales et réorienter les aides vers les familles. Pour son passage dans « L’Heure de vérité », dont il était le premier invité, Édouard Philippe a exposé les principaux axes de son projet présidentiel. Pendant plus de deux heures, l’ancien Premier ministre a défendu une accélération des réformes, tout en assumant de demander des efforts aux Français.
S’il accède à l’Élysée, le président d’Horizons souhaite engager une vingtaine d’ordonnances dès le début de son mandat, avec une session extraordinaire du Parlement en juillet 2027. Une manière d’afficher sa volonté d’agir rapidement, autour d’une conviction : « si on veut s’en sortir, il va falloir qu’on travaille tous un peu plus ».
Deux heures de travail supplémentaires pour améliorer le pouvoir d’achat
Face aux difficultés de pouvoir d’achat, Édouard Philippe privilégie une augmentation du temps de travail. Il propose de « travailler (…) deux heures de plus par semaine », pour un gain qu’il évalue à « 1 000 euros de plus par an ».
« Ce n’est pas négligeable quand on est au smic », a-t-il souligné sur France 2.
Cette proposition de travailler davantage pour augmenter les revenus constitue l’un des marqueurs de son discours économique. Le montant avancé reste toutefois une estimation du candidat : les modalités de rémunération et les conditions d’application devront être précisées pour en mesurer les effets selon les salariés.
Une allocation de 350 euros dès le premier enfant
Le soutien à la natalité occupe également une place centrale dans son programme. « Notre politique familiale n’est plus adaptée », estime le maire du Havre, qui souhaite « revoir totalement le système des allocations familiales ».
Il défend une allocation familiale unique de 350 euros par mois dès le premier enfant. Selon ses explications, cette aide serait « ensuite dégressive avec l’impôt sur le revenu ».
L’ancien Premier ministre souhaite aussi « accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant, puis un deuxième, puis un troisième s’ils le souhaitent, en faisant en sorte d’obtenir une réduction d’impôt d’environ 3 000 euros ».
À ce dispositif s’ajouterait « la possibilité d’obtenir un prêt à taux zéro pour les familles qui, ayant un enfant, doivent changer d’appartement et décident d’acheter un appartement ». L’objectif su candidat Horizons est de faciliter les projets familiaux, notamment lorsque la naissance d’un enfant nécessite un logement plus grand. L’articulation entre ces mesures et les prestations existantes reste à préciser.
Retraites : un cap à 65 ans et quarante-cinq années de cotisation
Sur les retraites, Édouard Philippe maintient la ligne présentée à la fin de septembre : « porter progressivement la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l’âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent ». Il souhaite atteindre ces objectifs en moins de dix ans.
« Après une vie de travail, il faut pouvoir garantir la retraite à ceux qui la prennent », a expliqué le candidat d’Horizons. Pour assurer le financement du système, il défend à la fois un allongement de la vie professionnelle et l’introduction d’une composante de capitalisation.
« Si on veut équilibrer le système des retraites et si on veut préparer la retraite de ceux qui travaillent aujourd’hui, (…) on doit équilibrer le système en travaillant un peu plus longtemps et en mettant en place un système de capitalisation », a-t-il argumenté.
Assurance chômage et fonction publique au cœur des économies
« Il faut remettre nos comptes en ordre », a martelé Édouard Philippe. Pour y parvenir, il propose de « consacrer 50 % de l’effort sur la plus grande masse de la dépense publique, c’est-à-dire les dépenses sociales ».
L’assurance chômage figure parmi les dispositifs concernés. Le candidat veut ramener la durée d’indemnisation de dix-huit à douze mois, sans que les éléments présentés permettent de déterminer précisément les catégories de demandeurs d’emploi auxquelles cette réduction s’appliquerait.
Il entend également réorganiser les agences de l’État et limiter les remplacements dans la fonction publique. Sur les 750 000 départs à la retraite qu’il prévoit pendant le quinquennat, seuls deux sur trois seraient remplacés. Cette règle correspondrait, arithmétiquement, à 250 000 départs non remplacés sur cinq ans.
Parcoursup : des revendications lycéennes jugées légitimes
Interrogé sur la mobilisation lycéenne, Édouard Philippe a nuancé ses critiques à l’égard des mots d’ordre du mouvement. « Je n’ai aucune envie d’être brutal avec les lycéens : j’en ai à la maison », a-t-il déclaré.
« Dans les revendications, il y en a quelques-unes qui me paraissent parfois secondaires, mais il y en a d’autres qui sont fondées, légitimes et importantes à prendre en compte », a poursuivi l’ancien Premier ministre.
Il a notamment rejoint les critiques visant Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Selon lui, « ce système est stressant et ne marche pas comme (il) devrait ».
Immigration : un objectif de réduction de moitié des entrées légales
Édouard Philippe a confirmé son intention de durcir la politique migratoire. « Notre politique d’intégration ne fonctionne pas (…). Il faut admettre que l’immigration est trop importante », a-t-il affirmé.
Son objectif est de « diviser par deux l’immigration légale », tout en maintenant « une immigration de travail ». Pour y parvenir, il souhaite agir sur « le regroupement familial et le droit à mener une vie familiale normale ».
Le candidat n’exclut pas un recours au référendum : « S’il faut modifier la Constitution, le peuple peut (le faire). » Il maintient également sa proposition de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968.
À l’échelle européenne, il souhaite qu’une liste de « pays sûrs » permette d’exclure les demandes d’asile de leurs ressortissants. Il s’agit d’un objectif politique présenté par le candidat, dont la traduction juridique reste à établir.
Ukraine, États-Unis : soutenir les alliés et préserver le dialogue
Sur la guerre en Ukraine, Édouard Philippe a réaffirmé son soutien à Kiev, au nom des intérêts français. « Aider l’Ukraine dans sa défense pour sa souveraineté, contre l’agression russe, c’est aider les intérêts de la France, parce que ça nous permet d’éviter que la Russie fasse peser sur nous une pression », a-t-il défendu.
Il écarte toutefois une logique de confrontation directe : « Je ne veux pas la guerre avec la Russie et la Russie, je crois, ne veut pas la guerre avec l’Otan. » À plus long terme, estime-t-il, « nous reparlerons avec la Russie ».
Concernant Washington, l’ancien Premier ministre a dénoncé un Donald Trump « d’une brutalité extrême, dans les mots et dans les décisions », tout en rappelant que les États-Unis « sont toujours nos alliés ». Malgré une « relation dégradée », il juge donc nécessaire de continuer « à discuter ».
Il a également évoqué des « désaccords majeurs en ce moment » avec Israël sur la guerre au Moyen-Orient, sans se prononcer pour une rupture des relations commerciales.
Questions fréquentes
Que propose Edouard Philippe pour le pouvoir d'achat ?
Il propose de travailler deux heures de plus par semaine, pour un gain qu'il evalue a 1 000 euros de plus par an, ce qu'il juge non negligeable au smic.
Quelle allocation familiale propose Edouard Philippe ?
Une allocation familiale unique de 350 euros par mois des le premier enfant, ensuite degressive avec l'impot sur le revenu, plus une reduction d'impot d'environ 3 000 euros.
Quelle reforme des retraites defend Edouard Philippe ?
Porter la duree de cotisation a quarante-cinq ans et l'age de depart a 65 ans pour ceux qui le peuvent, en moins de dix ans, avec une part de capitalisation.
Que veut faire Edouard Philippe sur l'immigration ?
Diviser par deux l'immigration legale tout en maintenant une immigration de travail, en agissant sur le regroupement familial et en denoncant l'accord franco-algerien de 1968.
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