Confronté à une surcapacité en Europe, Stellantis écarte les fermetures d'usines et mise sur ses partenaires chinois Leapmotor et Dongfeng. Le groupe vise un taux d'utilisation de 80 % en 2030, réduit ses capacités de 800 000 véhicules et investit environ 60 milliards d'euros dans le plan FaSTLAne 2030.
| Taux d'utilisation visé en Europe | 80 %Capacités européennes à l'horizon 2030, stratégie FaSTLAne 2030 |
|---|---|
| Réduction des capacités de production | 800 000 véhiculesPrévu sans fermeture de site |
| Enveloppe d'investissements | environ 60 milliards d'eurosPlan FaSTLAne 2030 |
| Part dédiée aux plateformes et technologies communes | 40 %Le reste, environ 60 %, soutient les marques et produits |
| Concept-cars présentés | six des neufLors de l'événement The Night Before, Mondial de Paris |
Faire tourner davantage les usines grâce aux partenariats : c’est la réponse privilégiée par Stellantis à la sous-utilisation de son appareil industriel européen. Au Paris Automotive Summit, organisé dans le cadre du Mondial de l’automobile, son directeur général, Antonio Filosa, a réaffirmé sa volonté de préserver les sites du groupe.
« Nous avons une surcapacité de production, surtout en Europe, mais nous ne voulons pas fermer d’usines », a déclaré le dirigeant, selon les propos rapportés par Euronews. Le constructeur entend mobiliser ses capacités disponibles pour accueillir des productions de partenaires, en veillant à ne pas mettre directement en concurrence leurs véhicules avec ceux de ses propres marques.
Leapmotor et Dongfeng au cœur de la coopération industrielle
Les alliances avec les constructeurs chinois Leapmotor et Dongfeng occupent une place importante dans cette stratégie. Pour Stellantis, l’enjeu consiste à associer les technologies de ses partenaires à son expérience industrielle, à sa connaissance des consommateurs et à son implantation commerciale.
Antonio Filosa a notamment mis en avant la complémentarité avec Leapmotor. Une partie de la production pourrait être localisée en Europe pour répondre plus efficacement à la demande et élargir l’offre de voitures électriques abordables.
Le groupe dispose, pour accompagner cette démarche, d’un réseau de distribution européen déjà bien établi. Cet outil commercial doit faciliter la mise sur le marché de nouveaux véhicules tout en limitant les infrastructures supplémentaires nécessaires à leur déploiement.
La méthode dépasse le seul cadre chinois. Stellantis souhaite également développer des coopérations sur d’autres marchés, notamment en Inde, afin d’accélérer la conception des modèles et de mieux exploiter ses installations.
Préserver les sites tout en réduisant les capacités
Le maintien des usines s’accompagne toutefois d’une adaptation de l’outil industriel. Dans la présentation officielle de sa stratégie FaSTLAne 2030, Stellantis vise un taux d’utilisation de ses capacités européennes de 80 % à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, le groupe prévoit notamment une réduction des capacités de production de 800 000 véhicules, des reconversions de sites et le développement de partenariats, sans fermeture de site. Il cite notamment Poissy pour la reconversion, ainsi que Madrid, Saragosse et Rennes pour les partenariats. Préserver une implantation industrielle ne signifie donc pas nécessairement y maintenir les mêmes activités ni les mêmes volumes de production.
STLA One, levier de mutualisation des investissements
Cette réorganisation s’inscrit dans le plan FaSTLAne 2030, présenté en mai par Antonio Filosa. Le programme prévoit une enveloppe d’environ 60 milliards d’euros d’investissements, dont 40 % consacrés aux plateformes, aux motorisations et aux technologies communes. Les quelque 60 % restants doivent soutenir les marques et leurs produits.
La nouvelle plateforme mondiale STLA One doit jouer un rôle central dans cette rationalisation. Selon les explications du dirigeant à Paris, elle sera d’abord utilisée par Peugeot en France, avant d’être déployée auprès d’autres marques en Europe et en Amérique du Nord.
Le principe est de partager davantage les composants et les architectures techniques pour réduire les doublons de développement. Une logique similaire sera appliquée aux groupes motopropulseurs, avec des familles communes utilisables dans plusieurs régions.
Stellantis entend ainsi dégager des économies d’échelle tout en conservant des moyens pour différencier les véhicules de ses marques, qu’il s’agisse de leur design, de leurs équipements ou de leur positionnement commercial.
Les batteries européennes, un investissement incontournable
La stratégie électrique suppose aussi de renforcer la production européenne de batteries. Antonio Filosa estime que de nouvelles gigafactories seront nécessaires pour accompagner la demande et répondre aux exigences liées au « Made in Europe ».
Le dirigeant souligne néanmoins la nécessité de disposer de délais compatibles avec la réalisation de ces investissements. Construire des capacités supplémentaires de batteries constitue, à ses yeux, une condition essentielle pour soutenir une offre électrique compétitive produite sur le continent.
Cette question prolonge celle de l’utilisation des usines automobiles : localiser l’assemblage des véhicules doit s’accompagner du développement des capacités industrielles nécessaires à leurs principaux composants.
Antonio Filosa réclame un accord rapide sur les règles européennes
Le directeur général de Stellantis a également appelé à accélérer les discussions sur la révision des règles européennes relatives aux émissions de CO₂ et sur le soutien à la fabrication en Europe.
« Nous sommes tous d’accord sur 90 % des questions », a-t-il affirmé, estimant urgent de lever les dernières divergences. Ces échanges s’inscrivent notamment dans les initiatives franco-allemandes et les rencontres organisées par Emmanuel Macron avec les constructeurs et les équipementiers.
En parallèle de ces discussions industrielles, Stellantis a présenté six des neuf concept-cars prévus pour le Mondial de Paris lors de l’événement « The Night Before ». Signés Alfa Romeo, Citroën, DS Automobiles, Fiat, Opel et Peugeot, ces prototypes illustrent le renouvellement des marques que le groupe veut accompagner par un développement plus rapide des modèles et une meilleure maîtrise des coûts.
Questions fréquentes
Stellantis va-t-il fermer des usines en Europe ?
Non. Antonio Filosa affirme vouloir préserver les sites malgré la surcapacité. Le groupe prévoit une réduction des capacités de 800 000 véhicules, des reconversions et des partenariats, sans fermeture de site.
Quels partenaires chinois pour Stellantis ?
Leapmotor et Dongfeng occupent une place importante dans la stratégie. Une partie de la production Leapmotor pourrait être localisée en Europe pour élargir l'offre de voitures électriques abordables.
Qu'est-ce que la plateforme STLA One ?
Une nouvelle plateforme mondiale de mutualisation, utilisée d'abord par Peugeot en France, puis déployée en Europe et en Amérique du Nord pour partager composants et architectures techniques.
Quelles usines sont concernées par FaSTLAne 2030 ?
Stellantis cite Poissy pour la reconversion, ainsi que Madrid, Saragosse et Rennes pour les partenariats, afin d'atteindre un taux d'utilisation de 80 % en 2030.
