Laurent Nuñez a remis sa démission à Emmanuel Macron après les violences du 17 octobre. Le président l'a refusée au nom de la continuité du commandement des forces de l'ordre. Il exige la transparence sur les défaillances d'anticipation et de nouveaux modes d'action face aux casseurs.
Laurent Nuñez reste à Beauvau. Le ministre de l’Intérieur a annoncé lundi 19 octobre sur France Inter avoir présenté, la veille, sa démission à Emmanuel Macron. « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », a-t-il expliqué, après les violences, les pillages et les dégradations qui ont accompagné les manifestations contre la vie chère.
Le président de la République a refusé son départ, a confirmé l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi matin. Une décision motivée par la nécessité de préserver la continuité du commandement des forces de sécurité.
Macron exige des explications sur les défaillances
Pour justifier le maintien du ministre, la présidence invoque « la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel ». Ce refus de démission s’accompagne toutefois d’une demande d’éclaircissement sur la préparation du dispositif de maintien de l’ordre.
Emmanuel Macron a demandé à Laurent Nuñez de « faire la transparence sur les défaillances d’anticipation et de renseignements qui ont conduit aux violences ». Le chef de l’État réclame également « de nouveaux modes d’action » face aux « casseurs », selon le communiqué de l’Élysée.
L’exécutif entend ainsi adapter la réponse des forces de l’ordre tout en établissant les raisons pour lesquelles les violences n’ont pas pu être suffisamment anticipées.
Laurent Nuñez reconnaît une « perte de contrôle »
Sur France Inter, le ministre de l’Intérieur a reconnu un « manque d’anticipation » dans la mobilisation des forces de l’ordre. « Il y a eu bien sûr une asymétrie » entre les effectifs déployés et les personnes présentes dans la rue, a-t-il expliqué.
Laurent Nuñez a également admis que le dispositif avait été débordé dans certaines villes. « Oui, il y a eu une perte de contrôle », a-t-il déclaré. Ces déclarations reconnaissent les limites de la réponse policière apportée lors de la mobilisation, alors que l’Élysée demande précisément de faire la lumière sur les défaillances d’anticipation.
L’ultragauche mise en cause par le ministre
Pour expliquer l’ampleur des violences, Laurent Nuñez a notamment pointé « le volume de casseurs (…) qui se sont greffés au cortège ». Il a également mis en cause le rôle de « la mouvance d’ultragauche », une responsabilité qu’il avance dans son analyse des événements. Maintenu à son poste, le ministre assure que « tout sera fait pour que ça ne se reproduise pas ».
Questions fréquentes
Laurent Nuñez a-t-il démissionné ?
Le ministre de l'Intérieur a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a refusée pour préserver la continuité du commandement des forces de sécurité.
Pourquoi Macron a-t-il refusé la démission de Nuñez ?
L'Élysée invoque la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel. Macron exige toutefois la transparence sur les défaillances d'anticipation.
Qui Nuñez met-il en cause dans les violences ?
Le ministre pointe le volume de casseurs greffés au cortège et met en cause le rôle de la mouvance d'ultragauche.
Qu'a reconnu Nuñez sur le dispositif policier ?
Il a reconnu un manque d'anticipation, une asymétrie entre effectifs et manifestants, et admis une perte de contrôle dans certaines villes.
