Après les violences des 17 et 18 octobre, des couvre-feux partiels et localisés ont été décidés à Paris, Lyon, Lille, Nice, Bordeaux et Marseille. Les horaires et les publics visés varient selon les villes. Le non-respect expose à une amende pouvant atteindre 750 euros.
| Amende maximale pour non-respect du couvre-feu | 750 eurosContravention de quatrième classe, article R644-5-1 du code pénal |
|---|---|
| Couvre-feu à Paris | de 23 heures à 6 heuresNuit du lundi 19 au mardi 20 octobre |
| Couvre-feu à Lyon et Nice | de 21 heures à 6 heuresPérimètres définis |
| Couvre-feu dans le Nord (Lille, Douai, Wattignies, Denain) | de 20 heures à 6 heuresDans certains secteurs |
| Couvre-feu à Bordeaux | de 22 heures à 7 heuresÀ compter de mardi soir |
La réponse des autorités se décline désormais quartier par quartier. Après les violences des 17 et 18 octobre, des « couvre-feux partiels et localisés » ont été décidés dans plusieurs grandes villes, notamment Paris, Lyon, Lille et Nice. Ces restrictions nocturnes visent à prévenir de nouveaux troubles dans les secteurs exposés aux pillages.
Le dispositif doit encore évoluer. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé sur X que « de nouveaux couvre-feux seront décidés » mardi soir « là où la situation le nécessite », avec des décisions prises « par les préfets, en lien avec les maires ». À Marseille, le maire Benoît Payan a annoncé une mesure visant les mineurs non accompagnés dans les zones commerciales.
Des horaires différents selon les villes
Les restrictions ne répondent pas à un calendrier national uniforme. À Paris, le couvre-feu instauré pour la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre s’appliquait de 23 heures à 6 heures. À Lyon, l’interdiction de circuler dans le périmètre concerné courait de 21 heures à 6 heures, comme à Nice.
Dans le Nord, les mesures prises à Lille, Douai, Wattignies et Denain s’appliquent de 20 heures à 6 heures, dans certains secteurs de ces communes. À Bordeaux, le dispositif prévoit une interdiction de sortie de 22 heures à 7 heures, à compter de mardi soir.
À Marseille, les horaires précis n’avaient pas encore été communiqués dans les annonces rapportées. Le maire a indiqué que la mesure prendrait effet mardi soir « et pour les jours qui viennent ».
Toute la population à Paris et Lyon, les mineurs dans d’autres communes
La principale différence tient aux personnes visées. À Paris et à Lyon, les restrictions concernent l’ensemble de la population dans les périmètres définis, quel que soit l’âge.
À Bordeaux, Lille et Nice, seuls les mineurs non accompagnés d’un responsable légal sont concernés. Le dispositif annoncé à Marseille repose sur le même principe, selon Benoît Payan.
D’autres communes ont également pris des mesures similaires, notamment Coulaines, dans la Sarthe. En Guadeloupe, Pointe-à-Pitre et Les Abymes avaient instauré des restrictions dès dimanche.
Des périmètres ciblés sur les centres-villes et les commerces
Ces couvre-feux ne s’étendent pas systématiquement à l’ensemble du territoire communal. À Paris, deux secteurs distincts sont concernés : le « terre-plein central de la place de la République » et une partie du quartier de Châtelet-Les Halles. Ce second périmètre est délimité, dans ses grandes lignes, par l’allée André-Breton, la rue Rambuteau, le boulevard de Sébastopol et la rue Berger.
À Lyon, les restrictions portent sur une partie de la Presqu’île, dans le centre-ville. Le secteur décrit s’étend de l’hôtel de ville à la place Carnot et comprend la place Bellecour, mais pas la place des Terreaux.
Dans le Nord, les arrêtés visent « certaines parties » de Lille, Douai, Wattignies et Denain. À Lille, le périmètre mentionné est notamment bordé par la rue Voltaire et la rue des Bateliers au nord, le boulevard Louis-XIV au sud, le boulevard de la Liberté à l’ouest et la M651 à l’est.
À Bordeaux, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, cible les « secteurs particulièrement touchés par les pillages ». Plusieurs axes commerciaux sont concernés, dont la rue et la promenade Sainte-Catherine, le cours de l’Intendance et la rue de la Porte-Dijeaux.
La protection des commerces est également au cœur de la décision marseillaise. Le couvre-feu doit affecter « exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences », a indiqué Benoît Payan sur X.
Une durée limitée, mais de possibles prolongations
Les premières décisions prises à Paris et à Lyon ne portaient que sur la nuit du 19 au 20 octobre. Leur éventuelle reconduction nécessite donc une nouvelle décision des autorités.
À Lille et dans les communes du Nord concernées, le dispositif couvre également la nuit du mardi 20 au mercredi 21 octobre. À Nice, il est prévu jusqu’au lundi 26 octobre au matin. À Bordeaux, les restrictions doivent commencer mardi soir et se poursuivre jusqu’à cette même échéance.
À Marseille, aucune date de fin précise n’a été annoncée dans les éléments communiqués. Les annonces de Sébastien Lecornu laissent ainsi ouverte la possibilité d’une extension des restrictions, en fonction de l’évolution locale de la situation.
Des restrictions soumises à un principe de proportionnalité
Les pouvoirs de police des maires leur permettent de restreindre la circulation afin de « protéger les mineurs et prévenir des troubles à l’ordre public ». Cette compétence reste toutefois encadrée.
Dans sa décision du 9 octobre 2025, évoquée dans son bilan d’activité, le Conseil d’État rappelle que la légalité des mesures « restreignant (…) la liberté de circulation des mineurs est subordonnée à la condition qu’elles soient justifiées par l’existence de risques particuliers de troubles à l’ordre public auxquels ces mineurs seraient exposés ou dont ils seraient les auteurs dans les secteurs pour lesquels elles sont édictées, adaptées à l’objectif pris en compte et proportionnées ».
L’article L132-8 du code de la sécurité intérieure prévoit également un pouvoir spécifique du préfet — ou du préfet de police à Paris — concernant les enfants de moins de treize ans. Il permet de « restreindre la liberté d’aller et de venir des mineurs de treize ans lorsque le fait, pour ceux-ci, de circuler ou de stationner sur la voie publique entre vingt-trois heures et six heures sans être accompagnés de l’un de leurs parents ou du titulaire de l’autorité parentale les expose à un risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité ».
Ce dispositif particulier doit être distingué des mesures de police générale visant d’autres catégories de population.
Une amende pouvant atteindre 750 euros
Le non-respect d’un couvre-feu peut être sanctionné par une contravention de quatrième classe, soit 750 euros au maximum.
L’article R644-5-1 du code pénal vise les interdictions édictées par les « autorités compétentes qui, à la suite de troubles, réglementent la présence et la circulation des personnes en certains lieux et à certaines heures afin de prévenir la réitération d’atteintes graves à la sécurité publique ».
Les arrêtés préfectoraux ou municipaux imposant ces restrictions peuvent être contestés devant le tribunal administratif. Le périmètre, la durée et la proportionnalité de chaque mesure constituent ainsi des éléments déterminants de leur contrôle par le juge.
Questions fréquentes
Quelles villes sont concernées par un couvre-feu ?
Paris, Lyon, Lille, Nice, Bordeaux et Marseille, ainsi que Douai, Wattignies, Denain, Coulaines, et en Guadeloupe Pointe-à-Pitre et Les Abymes.
Qui est concerné par le couvre-feu ?
À Paris et Lyon, toute la population dans les périmètres définis. À Bordeaux, Lille, Nice et Marseille, seuls les mineurs non accompagnés d'un responsable légal.
Quelle amende en cas de non-respect du couvre-feu ?
Une contravention de quatrième classe, soit 750 euros au maximum, prévue par l'article R644-5-1 du code pénal.
Combien de temps durent ces couvre-feux ?
Paris et Lyon : nuit du 19 au 20 octobre seulement. Lille : jusqu'au 21 octobre. Nice et Bordeaux : jusqu'au lundi 26 octobre au matin.
