Un homme a ouvert le feu vendredi matin à Trappes et à La Verrière, faisant un mort et cinq blessés, dont trois dans un état critique. Le suspect de 39 ans, interpellé à Coignières, a été placé en garde à vue. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête.
| Bilan | un mort et de cinq blessésbilan provisoire communiqué par Laurent Nuñez |
|---|---|
| Blessés très graves | troispronostic vital toujours engagé |
| Âge du suspect | 39 ansinterpellé à Coignières, placé en garde à vue |
| Heure de la fusillade | vers 10 h 30vendredi matin à Trappes et La Verrière |
Un homme circulant en voiture a ouvert le feu vendredi matin, vers 10 h 30, à Trappes et à La Verrière. Selon les premiers éléments rapportés par franceinfo, le tireur a fait usage d’une arme automatique, tirant en rafales avant d’être interpellé à Coignières, une autre commune des Yvelines.
Le bilan communiqué par Laurent Nuñez fait état d’un mort et de cinq blessés, dont trois « très gravement, dont le pronostic vital est toujours engagé ». Ce bilan reste provisoire. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a appelé à la prudence concernant les informations relatives aux victimes, dans l’attente d’éléments consolidés.
Une enquête antiterroriste intégrant la dimension raciste
Le Pnat s’est rapidement saisi de l’affaire. L’enquête a notamment été ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».
Les investigations portent également sur des faits de « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », de « détention d’arme de catégorie A » et d’« association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes ».
Laurent Nuñez a évoqué un crime qualifié de « terroriste », tout en précisant que les motivations devaient encore être définitivement établies et pourraient être racistes. Le ministre a salué l’intervention des forces de l’ordre, qui ont mis fin à ce qu’il a décrit comme un « périple meurtrier ».
« Il n’y a pas de volonté d’occulter quoi que ce soit dans cette affaire », a-t-il déclaré, rappelant que l’enquête prenait en compte « l’origine supposée ou réelle des personnes ». « Les chefs d’inculpation sont, me semble-t-il, suffisamment explicites », a ajouté le ministre.

Un suspect de 39 ans placé en garde à vue
Âgé de 39 ans, le suspect a été interpellé à Coignières, puis placé en garde à vue. Selon une source proche du dossier citée par franceinfo, il est connu de la police, mais pas des services de renseignement.
Une source policière a indiqué à France Télévisions qu’il était en possession d’un pistolet-mitrailleur, de bombes lacrymogènes et de gants. Selon cette même source, il est interrogé au commissariat de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Les enquêteurs doivent désormais préciser le déroulement des tirs et les motivations du suspect. La qualification retenue à l’ouverture de l’enquête constitue le cadre des investigations ; elle ne préjuge pas de leurs conclusions.
Ali Rabeh dénonce un « attentat à connotation raciste, probablement islamophobe »
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé sur LCI un « attentat à connotation raciste, probablement islamophobe ».
« L’enquête précisera tout cela, mais je crois que j’ai peu de risques d’être démenti dans ce que je vous indique là en disant que c’est probablement l’une des premières tentatives de crime de masse à connotation islamophobe et raciste », a déclaré l’élu. Cette appréciation reste, à ce stade, celle du maire.
Dans une première réaction sur BFMTV, Ali Rabeh avait indiqué ne vouloir « rien dire de définitif et de certain », tout en relevant que le tireur avait « tiré de façon relativement aléatoire ». « J’observe que ces deux victimes sur la ville de Trappes présentent un profil particulier en effet », avait-il ajouté, précisant : « La personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine. »
Après sa rencontre avec Laurent Nuñez, le maire a également mis en cause les discours désignant les populations arabo-musulmanes comme responsables des difficultés du pays. Selon lui, les propos selon lesquels « tous les maux de notre société sont de la responsabilité des arabo-musulmans (…) font des morts ».
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu expriment leur soutien aux victimes
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé sur X des « faits très graves ». « L’individu a été interpellé et placé en garde à vue. L’ensemble des moyens des forces de sécurité et de l’autorité judiciaire sont pleinement mobilisés », a-t-il assuré.
Emmanuel Macron a également réagi sur le réseau social : « Nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, ainsi qu’à tous les habitants des Yvelines. Dans cette terrible épreuve, la nation se tient à leurs côtés. »
La police demande de ne pas diffuser les vidéos de l’attaque
La police nationale a appelé les internautes à ne pas publier ni relayer les images de la fusillade, par respect pour les victimes et leurs proches.
« Un événement grave a eu lieu ce matin sur les communes de Trappes et de La Verrière (78). Des vidéos de cet événement circulent sur les réseaux sociaux. Nous vous demandons de ne pas les partager, par respect pour les victimes et leurs proches. Les enquêteurs de la police judiciaire mènent désormais les investigations en lien avec les services saisis », a-t-elle indiqué sur X.
Elle invite les personnes constatant la diffusion de ces vidéos à les signaler sur la plateforme Pharos.
Questions fréquentes
Que s'est-il passé à Trappes et La Verrière ?
Un homme circulant en voiture a ouvert le feu vendredi matin vers 10 h 30 avec une arme automatique, faisant un mort et cinq blessés, dont trois très gravement.
Qui est le suspect de la fusillade ?
Un homme de 39 ans, interpellé à Coignières et placé en garde à vue. Connu de la police mais pas des services de renseignement, il possédait un pistolet-mitrailleur, des bombes lacrymogènes et des gants.
Pourquoi le parquet antiterroriste est-il saisi ?
Le Pnat a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, intégrant la dimension raciste liée à l'appartenance vraie ou supposée à une race, ethnie, nation ou religion.
Quelle est la motivation du tireur ?
Les motivations doivent encore être établies et pourraient être racistes. Le maire de Trappes évoque un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe, mais cette appréciation reste la sienne à ce stade.
