- La fin d’une époque en Île-de-France. Stellantis annonce l’arrêt de l’assemblage de voitures à Poissy après 2028.
- Le site des Yvelines sera reconverti vers de nouvelles activités industrielles, mais les syndicats dénoncent déjà une “catastrophe sociale”.
Une page se tourne pour l’industrie automobile francilienne. Jeudi 16 avril, Stellantis a officialisé la fin de la production de véhicules sur son site historique de Poissy (Yvelines) après 2028. À partir de 2029, la dernière usine d’assemblage automobile de la région cessera donc de fabriquer des voitures.
Le groupe italo-franco-américain se veut toutefois rassurant. Dans un communiqué, il affirme que « le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne ».
Plutôt qu’une fermeture, Stellantis mise sur une transformation en profondeur du site. D’ici 2030, l’usine sera réorientée vers quatre pôles : la production de pièces automobiles, la valorisation de pièces dans une logique d’économie circulaire, la préparation et transformation de véhicules, ainsi que l’impression 3D pour des petites séries.
Pour accompagner cette mutation, le constructeur prévoit un investissement de 100 millions d’euros. Le directeur du site, Eric Hann, insiste sur le dialogue social ayant permis d’aboutir à ce projet : « Cette décision est le résultat d’une co-construction efficace avec des partenaires sociaux responsables qui ont toujours défendu l’emploi et la pérennité du site, en collaborant activement aux groupes de travail sur ces nouvelles activités ».
Des effectifs en baisse mais sans plan social
Cette transformation s’accompagnera d’une réduction des effectifs. Le nombre d’ouvriers passera de 1.580 à 1.000 postes d’ici 2030. Stellantis assure que cette évolution se fera sans plan social, en s’appuyant sur des départs naturels et des mesures individuelles basées sur le volontariat.
Le groupe précise que le site compte actuellement 1.925 salariés “sur le papier”, mais qu’« en réalité, environ 1.580 personnes travaillent réellement sur le site, compte tenu des absences pour formation, congés, congés séniors ou maladie ».
À terme, les 1.000 postes maintenus correspondraient à environ 1.200 salariés actifs, car « dans l’industrie il faut environ 1,2 personne pour tenir un poste, à cause des prises de congés, de formations, des absences maladie ».
L’entreprise ajoute que ces évolutions se feront « compte tenu de la pyramide des âges de manière progressive par une politique d’emploi sécurisé via des départs naturels ou des mesures individuelles basées sur le volontariat permettant de trouver une solution pour chacun ».
Stellantis défend une “politique sociale responsable”
La direction présente cette transformation comme une réponse aux mutations profondes du secteur automobile. Xavier Chéreau, Chief Human Resources & Sustainability Officer de Stellantis, affirme : « Dans une industrie automobile en pleine transformation, ce projet coconstruit avec les partenaires sociaux garantit un futur pérenne au site industriel de Poissy autour d’activités résolument tournées vers l’avenir. C’est une illustration de notre politique sociale responsable ».
Déjà en novembre dernier, Stellantis s’était engagé à assurer « un avenir industriel » au site de Poissy, tout en écartant l’éventualité d’un plan social.
Les syndicats dénoncent une “catastrophe sociale”
Du côté des syndicats, la réaction est vive. Interrogé par LCI, Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT du groupe PSA Peugeot-Citroën, dénonce « une véritable saignée » et « une catastrophe sociale en train de s’annoncer ».
Il appelle à une grève et à une manifestation le jeudi 23 avril à Poissy pour contester le projet de la direction et défendre les salariés : « On ne veut pas crever avec l’arrêt de la fabrication de voiture ».
