- Le gouvernement engage une nouvelle séquence d’économies budgétaires pour compenser « à l’euro près » l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques.
- Bercy annonce 847 millions d’euros de crédits annulés et 3,2 milliards gelés, dans un contexte où l’effort total attendu atteint 6 milliards d’euros.
Une nouvelle cure d’économies pour le budget 2026. Le ministère de l’Action et des Comptes publics a officialisé, jeudi 28 mai, un gel de 3,2milliards d’euros de crédits du budget de l’État, auquel s’ajoutent 847 millions d’euros d’annulations. Objectif : compenser une partie du coût budgétaire de la guerre au Moyen-Orient, évalué à 6 milliards d’euros par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Ces quelque 4 milliards d’euros d’économies sur le budget de l’État viennent compléter les 2,2 milliards d’euros obtenus via le gel des allègements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires, annoncé la semaine précédente. L’exécutif respecte ainsi la répartition annoncée : 4 milliards d’euros d’effort pour l’État et environ 2 milliards pour la sphère sociale.
847 millions d’euros « supprimés », 3,2 milliards mis sous réserve
Dans le détail, Bercy distingue deux leviers. D’un côté, 847 millions d’euros de crédits budgétaires seront annulés, c’est-à-dire « bonnement et simplement supprimés », selon le ministère. De l’autre, 3,2 milliards d’euros seront gelés.
Ces crédits gelés « sont temporairement indisponibles pour les ministères, mais il y a toujours la capacité de les dégeler en cours d’année si la situation s’améliore. Il s’agit de mesures de précaution », nous fait savoir Bercy.
Armées et Justice épargnées par les annulations
La répartition exacte de l’effort entre ministères reste partiellement floue. Bercy indique toutefois que les ministères des Armées et de la Justice ne seront pas concernés par les annulations de crédits.
Le ministère des Comptes publics portera, lui, 28 % des annulations, soit 235 millions d’euros. Pour les gels de crédits, tous les ministères devront procéder à des arbitrages, à l’exception des Outre-mer, déjà concernés par un gel anticipé en mars.
Aides aux gros rouleurs et chèque-énergie intégrés au dispositif
Sur les 847 millions d’euros annulés, 407 millions passeront par un « décret d’avance ». Celui-ci compense notamment les mesures d’aide aux gros rouleurs, estimées à 320 millions d’euros, ainsi que l’élargissement du chèque-énergie à 700 000 bénéficiaires supplémentaires, pour un coût de 87 millions.
Les 440 millions d’euros restants relèveront d’un « décret d’annulation », attendu ce week-end. Bercy insiste sur un point : ces coupes se feront « exclusivement hors masse salariale ».
Le Parlement appelé à examiner les arbitrages
Les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat ont reçu jeudi soir le détail des mesures, avec une ventilation « mission par mission » et « programme par programme ». Elles disposent désormais de sept jours pour émettre un avis.
Cette transmission intervient alors que les parlementaires réclamaient davantage de visibilité sur les arbitrages retenus par le gouvernement.
Ces mesures traduisent l’engagement de Sébastien Lecornu de compenser « à l’euro près » le coût de la guerre au Moyen-Orient. Mais l’équation budgétaire pourrait rapidement évoluer.
Fin juin, un nouveau comité d’alerte doit actualiser « l’impact de la crise sur les finances publiques et les efforts de gestion nécessaires suivant l’évolution du conflit ». Si la guerre se prolonge, les 6 milliards d’euros actuellement provisionnés pourraient déjà s’avérer insuffisants.
