- Jean-Luc Mélenchon a lancé, dimanche 7 juin à Saint-Denis, sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027 devant plusieurs milliers de sympathisants.
- Le leader de La France insoumise entend s’imposer comme la principale alternative à gauche et installer son duel avec le Rassemblement national.
Un lancement symbolique à Saint-Denis. Devant la basilique de Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a donné le coup d’envoi de sa campagne présidentielle 2027. Aux côtés du maire insoumis Bally Bagayoko, le candidat de La France insoumise a revendiqué une démonstration de force, devant 26 000 personnes selon les organisateurs.
« La première force politique de la gauche et du changement, la voici ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’« un grand changement est à portée de main ». Le leader insoumis a appelé ses sympathisants à convaincre autour d’eux, en demandant à chacun de « faire changer d’avis à trois personnes » et de les conduire vers le vote LFI.
Pour ce premier meeting de candidat, Jean-Luc Mélenchon a d’abord ciblé le bilan du chef de l’État. « Les années Macron sont celles du recul de toutes les libertés. Déjà 10 lois sécuritaires, sans oublier la répression mutilante des Gilets jaunes, des Soulèvements de la terre, des antifas », a-t-il déclaré.
Sur le fond, le candidat insoumis a réaffirmé plusieurs marqueurs de son programme : hausse du salaire minimum, retraite à 60 ans et refonte sociale. « Nous réparerons les dégâts. Le SMIC passera à 1 700 euros et nous créerons une Sécurité sociale intégrale, gérée par ses cotisants », a-t-il promis.

Pas de primaire à gauche
Jean-Luc Mélenchon a aussi fermé la porte à l’hypothèse d’une primaire unitaire. En rappelant qu’il n’avait manqué le second tour de 2022 que de 420 000 voix face à Marine Le Pen, il a voulu adresser un message au reste de la gauche.
« Chaque voix compte dès le premier tour », a-t-il insisté. « Le deuxième tour, ceux qui n’ont aucune chance d’y accéder devraient se garder de nous empêcher d’essayer de le gagner », a-t-il prévenu.
La « Nouvelle France » contre le RN
Le candidat LFI a également cherché à installer un face-à-face direct avec le Rassemblement national. Il a accusé le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella de porter un projet de « suprémacisme », défini comme « une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion ».
Face aux critiques visant son concept de « Nouvelle France », Jean-Luc Mélenchon a défendu une vision inclusive de l’identité nationale. « Un Français sur trois est, selon la formule de Bally, un héritier de l’immigration », a-t-il affirmé.
S’en prenant directement à Jordan Bardella, il a dénoncé la volonté de supprimer le droit du sol comme un « crime anti-national ». Avant de marteler : « Né en France, Français ! »
Sixième République, Corse, Kanaky et nationalisations
Jean-Luc Mélenchon a enfin déroulé plusieurs propositions institutionnelles et économiques. Il a plaidé pour « une sixième République », une « autonomie étendue » de la Corse, l’indépendance de la « Calédonie Kanaky » et la « nationalisation d’ArcelorMittal ».
Sur le plan international, il a proposé une pétition européenne « pour exiger la fin de l’accord commercial avec Israël » et défendu la reconnaissance de l’esclavage comme « crime contre l’humanité ».
En lançant sa campagne à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon veut donc faire de la présidentielle 2027 un scrutin de mobilisation populaire, sociale et identitaire. « Peuple de France, depuis Saint-Denis, tout est à notre portée », a-t-il conclu, sous les slogans de ses partisans : « On est chez nous ! »
