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L’Union européenne inflige une amende record de 550 millions d’euros à AliExpress

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La Commission européenne a infligé lundi 20 juillet une amende de 550 millions d'euros à AliExpress pour manquements au Digital Services Act. Bruxelles reproche à la filiale d'Alibaba d'avoir laissé circuler des produits illégaux, dangereux ou contrefaits. C'est la sanction la plus lourde jamais prononcée dans le cadre du DSA.

Faits clés
Amende infligée à AliExpress 550 millions d'eurospour manquements au DSA, prononcée le 20 juillet
Utilisateurs d'AliExpress dans l'UE 193 millionsen 2025, selon la Commission
Utilisateurs de Shein dans l'UE 156 millionschiffres cités par la Commission
Utilisateurs de Temu dans l'UE 130 millionschiffres cités par la Commission
Colis de moins de 150 euros entrés dans l'UE 4,6 milliardsen 2024, dont 91 % de Chine, source Conseil de l'UE

    L’Union européenne accentue la pression sur les grandes plateformes de commerce électronique. La Commission européenne a infligé, lundi 20 juillet, une amende de 550 millions d’euros à AliExpress, filiale du groupe chinois Alibaba, pour des manquements au règlement européen sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA).

Bruxelles reproche à la plateforme de ne pas avoir évalué et réduit avec suffisamment de rigueur les risques liés à la commercialisation de produits illégaux, dangereux ou contrefaits auprès des consommateurs européens. Des jouets ne respectant pas les normes de sécurité, des cosmétiques présentant des risques et des vêtements falsifiés ont notamment été recensés au cours de l’enquête.

Cette sanction est la plus importante prononcée jusqu’ici dans le cadre du DSA. Elle dépasse les amendes précédemment infligées à Temu et au réseau social X, selon Reuters.

Des systèmes de contrôle jugés insuffisants

La décision clôt plus de deux années d’investigations engagées dans le cadre d’une procédure formelle ouverte en mars 2024. Le DSA impose aux très grandes plateformes numériques d’identifier les risques systémiques associés à leurs activités et de mettre en œuvre des mesures proportionnées pour les réduire.

Or, selon la Commission, AliExpress n’a pas correctement évalué les moyens humains nécessaires au contrôle des produits proposés sur sa place de marché. Le nombre de modérateurs disponibles était notamment insuffisant au regard du volume des annonces et de la charge de vérification.

La plateforme aurait également surestimé l’efficacité de ses outils de détection et de retrait. Des volumes importants de marchandises illégales ont ainsi continué à circuler sur le site, certains produits restant accessibles pendant plusieurs semaines après leur signalement.

« C’est très dangereux pour les consommateurs et injuste pour les entreprises qui respectent toutes nos règles », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique.

Des garde-fous facilement contournés

L’enquête européenne a également mis en évidence les faiblesses des procédures de vérification appliquées aux vendeurs. Certains commerçants auraient reclassé leurs produits dans des catégories soumises à des contrôles moins stricts afin de contourner les exigences de conformité.

Le système d’« autorisation de marque », destiné à empêcher la commercialisation de contrefaçons, a lui aussi été jugé insuffisamment robuste. Des vendeurs pouvaient notamment présenter des articles falsifiés comme des produits dépourvus de marque afin d’échapper aux contrôles.

Bruxelles estime par ailleurs qu’AliExpress n’appliquait pas correctement sa propre politique de sanctions. Des boutiques déjà pénalisées pour la vente de marchandises illégales ont pu poursuivre leur activité sur la plateforme.

Les systèmes de recommandation et de publicité d’AliExpress auraient également contribué à accroître la visibilité de certaines offres illicites, au lieu d’en limiter la diffusion.

Une plateforme forte de 193 millions d’utilisateurs européens

L’ampleur de la sanction tient notamment au poids d’AliExpress dans le commerce électronique européen. La plateforme comptait environ 193 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne en 2025, contre 156 millions pour Shein et 130 millions pour Temu, d’après les chiffres cités par la Commission.

« Un Européen sur cinq déclare acheter une fois par mois sur Shein, Temu ou AliExpress », a souligné Henna Virkkunen. Cette fréquentation place les procédures de contrôle des plateformes au cœur des enjeux européens de protection des consommateurs.

La Commission a toutefois indiqué avoir tenu compte du caractère récent du DSA dans le calcul de l’amende. Le règlement prévoit, en cas d’infraction, des sanctions pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise concernée.

AliExpress conteste une amende « disproportionnée »

AliExpress a rapidement rejeté les conclusions de Bruxelles et laissé entendre qu’un recours pourrait être envisagé.

« Nous ne sommes pas d’accord avec la décision rendue aujourd’hui et avec le montant disproportionné de l’amende, qui ne reflète pas adéquatement notre cadre déjà en place ni les améliorations significatives et proactives que nous avons mises en œuvre », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

« Nous examinons attentivement la décision et envisageons toutes les options dont nous disposons », a ajouté la filiale d’Alibaba.

Un plan correctif attendu avant le 20 octobre

AliExpress dispose désormais jusqu’au 20 octobre 2026 pour présenter un plan d’action détaillant les mesures prévues afin de corriger les manquements identifiés. La Commission européenne aura ensuite deux mois pour évaluer ce dispositif et déterminer si des mesures supplémentaires sont nécessaires.

Si les réponses apportées sont jugées insuffisantes, la plateforme pourrait s’exposer à de nouvelles sanctions financières. Bruxelles entend ainsi vérifier non seulement le retrait des produits déjà signalés, mais aussi la mise en place de mécanismes capables d’empêcher leur réapparition.

Bruxelles resserre l’étau sur le commerce en ligne chinois

Cette amende intervient quelques semaines après l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2026, d’un droit de douane provisoire de 3 euros sur les articles contenus dans les colis d’une valeur inférieure à 150 euros expédiés directement aux consommateurs européens.

Contrairement à une taxe forfaitaire appliquée une seule fois à chaque colis, ce droit est calculé par catégorie tarifaire de produits présente dans l’envoi. La mesure doit rester en vigueur jusqu’à la mise en place du futur système douanier européen, prévue en 2028. Elle pourrait peser sur les modèles économiques d’AliExpress, Shein et Temu, largement fondés sur l’expédition directe de marchandises à bas prix depuis la Chine.

En 2024, 4,6 milliards de colis de moins de 150 euros sont entrés sur le marché européen, dont 91 % provenaient de Chine, selon le Conseil de l’Union européenne. Entre sanctions réglementaires, renforcement des contrôles et nouvelles règles douanières, Bruxelles cherche désormais à responsabiliser davantage les plateformes étrangères et à mieux protéger les consommateurs comme les entreprises européennes.

Questions fréquentes

Pourquoi AliExpress a été condamnée par l'UE ?

Pour ne pas avoir évalué et réduit avec rigueur les risques liés à la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits : jouets non conformes, cosmétiques risqués et vêtements falsifiés ont été recensés.

Combien s'élève l'amende infligée à AliExpress ?

550 millions d'euros, la sanction la plus importante prononcée jusqu'ici dans le cadre du DSA, dépassant celles infligées à Temu et au réseau social X.

AliExpress conteste-t-elle la décision ?

Oui. AliExpress juge l'amende « disproportionnée », estime qu'elle ne reflète pas son cadre en place et examine toutes les options disponibles, laissant entendre qu'un recours pourrait être envisagé.

Que doit faire AliExpress après la sanction ?

La plateforme dispose jusqu'au 20 octobre 2026 pour présenter un plan d'action corrigeant les manquements. La Commission aura ensuite deux mois pour l'évaluer, sous peine de nouvelles sanctions.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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