31.5 C
Paris
jeudi, août 13, 2026
AccueilActualitéMaghrebAlgérie : Sonatrach lance la première phase du mégaprojet de phosphate intégré

Algérie : Sonatrach lance la première phase du mégaprojet de phosphate intégré

Date:

8 min de lecture

Sonatrach et la Société algérienne des engrais ont signé le 12 août à Alger deux contrats EPC avec l'italien Saipem et le chinois CHEC. Ces accords lancent la première phase du projet de phosphate intégré reliant Tébessa, Souk Ahras et Annaba, avec une production attendue dès 2027.

Faits clés
Capacité d'extraction du complexe minier de Bled El Hadba 5,5 millions de tonnes de phosphate par anWilaya de Tébessa
Production d'engrais du complexe d'Oued Kebrit 2,4 millions de tonnes d'engrais phosphatés et 570.000 tonnes d'engrais azotés par anWilaya de Souk Ahras
Objectif de production à pleine capacité environ 6 millions de tonnes de phosphate enrichi et 4 millions de tonnes d'engrais phosphatés et azotésProduction annuelle visée à terme
Phosphate concentré en première phase jusqu'à 3,2 millions de tonnes annuellesComplexe minier de Bled El Hadba
Démarrage de la production premier trimestre 2027Phosphate enrichi ; engrais au quatrième trimestre 2027

    L’Algérie accélère la valorisation de ses ressources minières. Le groupe public Sonatrach et la Société algérienne des engrais (AFC) ont signé, mercredi 12 août à Alger, deux contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) avec la société italienne Saipem et la China Harbour Engineering Company (CHEC).

Ces accords, conclus au siège de la direction générale de Sonatrach, marquent le lancement opérationnel de la première phase du projet de phosphate intégré, selon les informations publiées par l’Algérie Presse Service.

Une chaîne industrielle reliant Tébessa, Souk Ahras et Annaba

Le programme repose sur la création d’une chaîne intégrée couvrant l’extraction et l’enrichissement du phosphate, la fabrication d’engrais ainsi que leur acheminement vers les marchés extérieurs.

À Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, un complexe minier sera construit avec une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes de phosphate par an. Il devrait produire jusqu’à 3,2 millions de tonnes annuelles de phosphate concentré dans le cadre de cette première phase.

À Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, un second complexe industriel sera consacré à la transformation du minerai. Sa capacité prévisionnelle atteindra 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570.000 tonnes d’engrais azotés par an. Plusieurs produits intermédiaires nécessaires à cette industrie doivent également y être fabriqués.

Le dispositif sera complété par de nouvelles infrastructures dans le port d’Annaba. Celles-ci assureront la manutention et l’exportation de la production, avec l’objectif de créer un ensemble industriel et logistique reliant les sites miniers de l’Est algérien aux marchés internationaux.

Accord AFC, Saipem et China Harbour Engineering Company signé projet phosphate intégré ( credit photo groupe Sonetrach)
Le programme repose sur la création d’une chaîne intégrée couvrant l’extraction et l’enrichissement du phosphate, la fabrication d’engrais ainsi que leur acheminement vers les marchés extérieurs ( CD photo groupe Sonatrach)

Le gouvernement entend réduire les délais de réalisation en recourant au mode « EPC Fast Track », qui permet de conduire simultanément plusieurs étapes d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.

Les premières quantités de phosphate enrichi sont attendues au premier trimestre 2027. La production d’engrais devrait, quant à elle, commencer au quatrième trimestre de la même année.

À terme, lorsque l’ensemble du projet aura atteint sa pleine capacité d’exploitation, les autorités visent une production annuelle d’environ 6 millions de tonnes de phosphate enrichi et de 4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et azotés. Le complexe produira également des matières industrielles stratégiques, dont l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.

Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a rappelé que le projet « bénéficie d’une attention particulière de la part du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune ». Il s’inscrit, selon lui, dans une stratégie visant « à valoriser nos ressources naturelles, à renforcer l’industrialisation nationale, à créer de la valeur ajoutée, à diversifier l’économie nationale et à promouvoir nos exportations hors hydrocarbures ».

Projet phosphate intégré première phase signé ( credit photo Sonatrach)
L’ambition affichée consiste à développer une véritable filière industrielle autour du phosphate. ( Credit photo groupe Sonatrach)

Un levier de diversification économique

Au-delà de la production de minerai, l’ambition affichée consiste à développer une véritable filière industrielle autour du phosphate. Celle-ci doit favoriser la transformation locale des ressources, la montée en compétences de la main-d’œuvre et l’ouverture de nouveaux débouchés à l’exportation.

Le projet constitue, selon Mohamed Arkab, « un écosystème industriel et logistique intégré où se croisent les secteurs de l’énergie, des ressources en eau, des transports, des infrastructures de base et des mines ». Sa réalisation nécessitera ainsi une coordination continue entre les administrations, les entreprises publiques et les partenaires étrangers afin que chaque infrastructure soit opérationnelle dans les délais prévus.

Cette intégration doit également réduire la dépendance de l’économie algérienne aux recettes pétrolières et gazières. Les engrais phosphatés et azotés représentent en effet un marché stratégique, porté à la fois par les besoins de l’agriculture nationale et par la demande internationale.

Sonatrach promet de mobiliser tous les moyens nécessaires

Pour le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, la signature des contrats marque le passage effectif du projet à sa phase de réalisation. Celui-ci « constitue incontestablement un jalon capital dans le processus de développement industriel en Algérie », a-t-il déclaré.

Le dirigeant a également réaffirmé le « plein engagement » de Sonatrach à mobiliser les ressources nécessaires et à travailler avec ses partenaires afin de respecter les normes de qualité et de sécurité ainsi que les délais contractuels.

Le directeur général de la Société algérienne des engrais, Abdelkrim Atek, a pour sa part insisté sur la contribution attendue du projet à la sécurité alimentaire. Une partie des engrais produits alimentera le marché national, tandis que les excédents seront destinés à l’exportation.

Saipem s’appuiera sur trois entreprises algériennes

Le PDG de Saipem, Alessandro Puliti, a assuré que le groupe italien mobiliserait son expertise pour livrer les installations dans les délais impartis. Le chantier associera trois entreprises algériennes : Cosider Canalisations, la Société algérienne de réalisation de projets industriels (SARPI) et la Société nationale de génie civil et bâtiment (GCB).

Cette participation locale doit favoriser le transfert de compétences et renforcer le contenu algérien du projet. L’ambassadrice d’Italie en Algérie, Alessandra Schiavo, a estimé que le contrat confié à Saipem pourrait donner une nouvelle impulsion au secteur agricole algérien et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.

CHEC chargée du maillon portuaire

La société chinoise CHEC interviendra pour sa part dans le développement des infrastructures du port d’Annaba. Son directeur général adjoint, Chen Zhong, a présenté ce volet comme un maillon essentiel de la chaîne reliant la production à l’exportation.

L’entreprise chinoise s’est engagée à réaliser les deux premières phases du projet portuaire dans les délais fixés. L’ambassadeur de Chine en Algérie, Dong Guangli, a souligné l’importance d’un investissement réunissant production, transport et exportation, tout en affirmant la volonté de Pékin d’approfondir sa coopération économique avec Alger.

Avec ce projet, l’Algérie cherche ainsi à convertir ses importantes ressources en phosphate en produits industriels à plus forte valeur ajoutée. La réussite du programme dépendra désormais de la coordination entre les différents chantiers miniers, industriels, ferroviaires et portuaires, ainsi que du respect d’un calendrier particulièrement resserré.

Questions fréquentes

Quand débutera la production du projet de phosphate en Algérie ?

Les premières quantités de phosphate enrichi sont attendues au premier trimestre 2027 et la production d'engrais devrait commencer au quatrième trimestre de la même année.

Quelles entreprises participent au projet de phosphate de Sonatrach ?

L'italien Saipem, le chinois CHEC, ainsi que trois entreprises algériennes : Cosider Canalisations, SARPI et GCB. CHEC développera les infrastructures du port d'Annaba.

Quel est l'objectif du mégaprojet de phosphate algérien ?

Valoriser les ressources minières, renforcer l'industrialisation, diversifier l'économie hors hydrocarbures et contribuer à la sécurité alimentaire par la production d'engrais destinés au marché national et à l'exportation.

Où sont situés les sites du projet de phosphate ?

Un complexe minier à Bled El Hadba (Tébessa), un complexe de transformation à Oued Kebrit (Souk Ahras) et des infrastructures d'exportation au port d'Annaba.

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires