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Épargne salariale : Sébastien Lecornu écarte toute nouvelle taxation en 2027

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  • Le Premier ministre assure qu’il n’a « jamais été question » d’alourdir les prélèvements sur l’épargne salariale dans le cadre du budget 2027.
  • Après plusieurs jours de flottement gouvernemental, Sébastien Lecornu défend au contraire un assouplissement des conditions de déblocage des fonds détenus par les salariés.

    Sébastien Lecornu tente de mettre fin à la controverse sur l’avenir de l’épargne salariale. Dans un message publié mardi 8 septembre sur le réseau social X, le Premier ministre a démenti la préparation d’une hausse des prélèvements sur les dispositifs d’intéressement et de participation.

« Soyons clairs : il n’a jamais été question de toucher à l’épargne salariale », a affirmé le chef du gouvernement. « Nous souhaitons même faire l’inverse : permettre aux salariés de disposer plus librement de l’argent qu’ils ont eux-mêmes épargné», a-t-il poursuivi.

Cette prise de position intervient après la publication, dimanche, d’informations des Échos selon lesquelles l’exécutif étudierait la possibilité de soumettre à cotisations sociales une partie des primes d’intéressement, de participation et des abondements versés par les employeurs sur les plans d’épargne collectifs.

Présentée comme un moyen de réduire le déficit de la Sécurité sociale, cette mesure aurait pu rapporter environ un milliard d’euros aux comptes sociaux.

Des déclarations contradictoires au sein de l’exécutif

La polémique avait été alimentée lundi matin par Roland Lescure. Interrogé sur RTL, le ministre de l’Économie et des Finances avait reconnu que l’instauration de prélèvements supplémentaires sur l’épargne salariale faisait « partie des pistes » examinées pour préparer le budget 2027 de la Sécurité sociale, « comme d’autres ».

Quelques heures plus tard, Matignon avait toutefois cherché à relativiser la portée de cette déclaration. « Ce qui a fuité est un document de travail, pas une décision du gouvernement », avaient précisé les services du Premier ministre, ajoutant que « les ministres n’avaient pas validé non plus » cette option et assurant que « tout le monde est aligné ».

Le gouvernement distingue ainsi les expertises techniques examinées pendant la préparation budgétaire des arbitrages politiques effectivement retenus. Cette mise au point vise notamment à rassurer les salariés détenteurs d’un plan d’épargne entreprise, alors que l’épisode a mis en lumière des divergences de communication au sommet de l’exécutif.

Une fuite transmise à la justice

Dans la soirée de lundi, Matignon a annoncé avoir saisi la procureure de la République de Paris après la divulgation de ces documents internes. Le signalement, effectué sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, porte sur la fuite de travaux qui « n’avaient pas fait l’objet d’une décision définitive du gouvernement ».

Les services du Premier ministre ont estimé que leur publication avait perturbé le travail d’arbitrage et créé « artificiellement de l’inquiétude chez les Français ».

L’affaire souligne la sensibilité des débats entourant la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Face à la dégradation des comptes sociaux, plusieurs pistes d’économies ou de recettes nouvelles sont étudiées, sans être nécessairement retenues par l’exécutif.

Un déblocage exceptionnel de 5.000 euros soutenu par le gouvernement

Pour marquer sa volonté de protéger l’épargne des salariés, Sébastien Lecornu a annoncé le soutien du gouvernement à la proposition de loi portée par le sénateur Les Républicains Olivier Rietmann.

Adopté par le Sénat au printemps 2026, ce texte vise à renforcer l’attractivité de l’épargne salariale et à instaurer une procédure exceptionnelle permettant de débloquer jusqu’à 5.000 euros pendant une période d’un an. Les sommes pourraient notamment être utilisées pour financer l’achat de biens ou de prestations de services.

Le Premier ministre a demandé que cette proposition de loi soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale afin qu’elle puisse être examinée « avant la fin de l’année ».

« Notre ligne est simple : pas question de prendre davantage sur l’épargne des salariés. Nous voulons au contraire leur donner plus de liberté pour disposer de leur propre argent », a insisté Sébastien Lecornu.

En renvoyant désormais au Parlement la question de l’assouplissement du déblocage, l’exécutif cherche à reprendre la main sur un dossier devenu politiquement sensible, à quelques semaines de la présentation des textes budgétaires pour 2027.

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