Dans une enquête publiée lundi 28 septembre, Mediapart attribue à Jordan Bardella plusieurs écrits antisémites datant de 2013, ses débuts au Front national. Le président du Rassemblement national conteste formellement ces accusations, dénonce des « faux grossiers » et récuse l'authenticité des messages. Marine Le Pen l'a défendu.
| Âge de Bardella atteint | 18 ansen septembre 2013 |
|---|---|
| Année des conversations | 2013écrits attribués par Mediapart |
| Date de publication de l'enquête | lundi 28 septembreenquête de Mediapart |
| Durée de l'enquête | plusieurs moisselon Mediapart |
Des conversations privées datant de ses débuts au Front national placent Jordan Bardella au centre d’une controverse. Dans une enquête publiée lundi 28 septembre, Mediapart lui attribue plusieurs écrits antisémites. Le président du Rassemblement national (RN) récuse ces accusations et conteste l’authenticité des messages.
Des conversations de 2013 au cœur de l’enquête
Le journal d’investigation fait état d’une enquête « de plusieurs mois » fondée sur « des dizaines de conversations écrites ». Il décrit un jeune militant « totalement aligné sur les thèses de l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral ». Cette appréciation est celle de Mediapart, dont Jordan Bardella rejette les conclusions.
Parmi les échanges publiés, Mediapart attribue à Jordan Bardella un message mêlant stéréotypes antisémites. « Toutes les banques sont détenues par des Juifs », aurait-il écrit, avant d’évoquer un prétendu « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale », selon les termes reproduits par le journal, qui précise avoir conservé l’orthographe d’origine. Le président du RN conteste formellement être l’auteur de ces propos.
Jordan Bardella a atteint l’âge de 18 ans en septembre 2013. Les échanges évoqués par Mediapart concernent ainsi une période durant laquelle il était encore mineur pour une partie des faits allégués.
Des ministres du gouvernement Ayrault également visés
L’enquête rapporte une autre conversation dans laquelle le jeune militant aurait déploré que les ministères « les plus importants » du gouvernement de Jean-Marc Ayrault « reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français ».
Selon Mediapart, ces messages visaient Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls, alors membres du gouvernement sous la présidence de François Hollande. Leur attribution à Jordan Bardella est, elle aussi, contestée par le dirigeant du RN.
Jordan Bardella conteste formellement les accusations
Sollicité avant la publication, le président du Rassemblement national a répondu par courriel au journal d’investigation. Il conteste « formellement » avoir « tenu, en public, comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type ».
Pour étayer son démenti, il invoque son âge et sa situation militante à l’époque : « Le fait que je n’étais pas militant actif au sein du Front national durant l’été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces “sources” ».
Jordan Bardella, qui dénonce des « faux grossiers », a également relayé son démenti sur la plateforme X.
Marine Le Pen défend le président du RN
Interrogée lundi lors d’un déplacement au salon des professionnels de la construction à Paris, Marine Le Pen a pris la défense de Jordan Bardella, tout en précisant ne pas avoir « lu l’article de Mediapart ».
« Aucune personne normalement constituée ne peut croire à cette dinguerie », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret ».
Questions fréquentes
De quoi Jordan Bardella est-il accusé par Mediapart ?
Mediapart lui attribue des écrits antisémites datant de 2013, dont un message affirmant que « toutes les banques sont détenues par des Juifs » et évoquant un « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel ».
Comment Bardella se défend-il ?
Il conteste « formellement » avoir tenu de tels propos, dénonce des « faux grossiers » et invoque son âge, affirmant qu'il n'était pas militant actif au FN durant l'été 2013 et encore mineur.
Quels ministres étaient visés selon Mediapart ?
Selon Mediapart, des messages visaient Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls, alors membres du gouvernement Ayrault sous la présidence de François Hollande. Bardella conteste cette attribution.
Comment Marine Le Pen a-t-elle réagi ?
Elle a défendu Bardella tout en disant ne pas avoir lu l'article, jugeant que « aucune personne normalement constituée ne peut croire à cette dinguerie » et évoquant un « faux ».
