La première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, alerte sur les 80 milliards d'euros d'intérêts payés chaque année sur la dette publique. Un coût qui prive le pays d'investissements, alors que la dette atteint 3 595,5 milliards d'euros, soit 119 % du PIB, fin du deuxième trimestre 2026.
| Intérêts annuels de la dette | 80 milliards d'euros par anSelon Amélie de Montchalin sur France 2 |
|---|---|
| Dette publique fin T2 2026 | 3 595,5 milliards d'eurosChiffres Insee publiés le 29 septembre |
| Hausse de la dette en trois mois | 59,6 milliardsSur le deuxième trimestre 2026 |
| Dette rapportée au PIB | 119 % du produit intérieur brut (PIB)Contre 117,5 % au trimestre précédent |
Au-delà du montant de la dette, c’est le coût de son financement qu’Amélie de Montchalin souhaite placer au cœur du débat. Invitée du 20 Heures de France 2, mardi 29 septembre, la première présidente de la Cour des comptes a insisté sur les marges de manœuvre absorbées par les intérêts : « Tous les reportages parlent du déficit. Moi, je veux parler des intérêts qui nous coûtent aujourd’hui 80 milliards d’euros par an. »
Cette alerte intervient alors que la dette publique poursuit sa progression. Selon les chiffres publiés par l’Insee le 29 septembre, elle s’établit à 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, en hausse de 59,6 milliards en trois mois. Elle représente désormais 119 % du produit intérieur brut (PIB), contre 117,5 % au trimestre précédent.
Une charge qui réduit les moyens des politiques publiques
Les intérêts correspondent à la rémunération versée aux prêteurs sur les sommes empruntées. Ils se distinguent du remboursement du capital et pèsent chaque année sur les finances publiques. Pour Amélie de Montchalin, leur montant doit être apprécié à l’aune des investissements auxquels le pays renonce.
« Plutôt que de les donner à ceux qui nous financent, on aurait pu construire 250 hôpitaux de proximité, 600 nouveaux collèges et lycées, 150 commissariats », a-t-elle déclaré sur France 2. Par cette comparaison, la première présidente de la Cour des comptes entend donner une traduction concrète au coût de l’endettement.
Écoles à rénover, équipements publics ou capacités de défense : elle souligne que le service de la dette réduit les ressources disponibles pour répondre à ces besoins. « Dès aujourd’hui, le fait que les intérêts coûtent autant d’argent, c’est autant de politique publique, d’investissements, d’écoles qu’on ne rénove, d’efforts de défense qu’on ne fait pas », regrette-t-elle. Son constat tient en une formule : « cette charge d’intérêt nous étouffe ».
Une crise évitable, à condition de clarifier les choix
La première présidente de la Cour des comptes écarte toutefois l’idée d’une crise inéluctable. Elle appelle à rendre les enjeux budgétaires accessibles aux citoyens, afin que les arbitrages puissent faire l’objet d’un véritable débat.
« La crise n’est pas garantie, elle est tout à fait évitable à condition qu’un débat parlementaire ne s’apparente pas à une bataille de chiffres incompréhensible. Il doit être démocratique et compréhensible pour les Français. »
Son intervention invite ainsi à dépasser la seule discussion sur le niveau du déficit pour examiner les conséquences concrètes de l’endettement et les priorités de dépense. L’enjeu, à ses yeux, est de permettre aux Français de comprendre les choix qui engagent les finances publiques.
La Cour des comptes appelle à agir sans attendre
Amélie de Montchalin presse également les responsables politiques de prendre leurs décisions sans compter sur un rétablissement spontané des comptes publics.
« Ça doit nous réveiller collectivement, la classe politique aussi. La Cour des comptes alerte depuis des années sur le fait de choisir parce qu’on ne peut pas attendre que l’équilibre se fasse tout seul », affirme-t-elle, appelant à « faire des choix maintenant ».
L’institution entend nourrir ces arbitrages par ses travaux sur l’action publique. « La Cour des comptes, chaque jour, fait des propositions sur des réformes et des réorganisations », rappelle sa première présidente. Une manière de renvoyer les responsables politiques à la mise en œuvre des décisions, au-delà du diagnostic sur la dette.
Questions fréquentes
Combien coûtent les intérêts de la dette française ?
Selon Amélie de Montchalin, les intérêts de la dette coûtent aujourd'hui 80 milliards d'euros par an, une charge qui, selon elle, « étouffe » les finances publiques françaises.
À combien s'élève la dette publique française ?
Selon l'Insee, la dette publique atteint 3 595,5 milliards d'euros fin du deuxième trimestre 2026, en hausse de 59,6 milliards en trois mois, soit 119 % du PIB.
Que propose Amélie de Montchalin ?
Elle appelle à faire des choix budgétaires sans attendre un rétablissement spontané des comptes, et à rendre le débat parlementaire démocratique et compréhensible pour les Français.
La crise de la dette est-elle inévitable ?
Non. Selon Amélie de Montchalin, « la crise n'est pas garantie, elle est tout à fait évitable » à condition de clarifier les choix budgétaires par un débat démocratique.
