Jordan Bardella conteste une enquete de Mediapart lui attribuant des messages antisemites datant de 2013, y voyant une « manipulation » pour le « déstabiliser ». Le média maintient ses accusations et annonce de nouvelles révélations. Le président du RN dit avoir déposé plainte en diffamation.
| Publication de l'enquete Mediapart | lundi 28 septembreenquete attribuant des messages antisemites a Jordan Bardella |
|---|---|
| Date des messages allegues | 2013epoque ou Bardella etait jeune militant du Front national |
| Reaction sur franceinfo | mercredi 30 septembredeclarations de Fabrice Arfi |
| Debut des investigations | au printempsselon Fabrice Arfi |
| Niveau de certitude revendique | sûrs à 200 %propos de Fabrice Arfi |
Face aux accusations de Mediapart, Jordan Bardella organise sa riposte. Après la publication, lundi 28 septembre, d’une enquête lui attribuant des messages antisémites datant de 2013, le président du Rassemblement national (RN) a dénoncé, mardi, une « opération de déstabilisation de la campagne présidentielle ». Mercredi 30 septembre, sur franceinfo, Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquêtes du média, a assuré que « la suite des révélations arrive ».
Au cœur de cette confrontation : l’authenticité et l’attribution d’échanges privés que le journal affirme avoir examinés pendant plusieurs mois. Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national à l’époque des faits allégués, récuse les propos qui lui sont imputés.
Jordan Bardella dénonce une « manipulation »
Lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, le dirigeant du RN a affirmé que l’objectif de cette enquête était de « m’assassiner politiquement ». « Je conteste fortement les accusations », a-t-il déclaré, mettant au défi ses détracteurs de trouver, dans son engagement politique et public, une position relevant de l’antisémitisme, de la xénophobie ou du racisme.
Jordan Bardella avance deux hypothèses : une manipulation montée par Mediapart ou un journal lui-même trompé par des personnes cherchant à déstabiliser la campagne présidentielle. Ces accusations sont contestées par le média, qui maintient ses informations.
Devant les élus RN, le président du parti a également employé un vocabulaire martial. « Il va falloir sortir les casques lourds, nous allons être attaqués », a-t-il lancé, disant percevoir « les prémices d’une guerre totale qui va nous cibler un à un ». À propos des messages publiés par Mediapart, il a insisté : « Ces propos n’ont jamais été les miens ».
Marine Le Pen affiche sa « confiance absolue »
Marine Le Pen a apporté son soutien au président du RN, lui renouvelant sa « confiance absolue ». « Nous n’allons pas nous laisser faire », a déclaré la cheffe de file des députés du parti, affirmant vouloir identifier l’origine de ce qu’elle présente comme une manipulation.
Sa volonté de « contre-attaquer » s’est accompagnée d’une formule visant directement le journal : elle a conseillé à Mediapart « d’enfiler son costard en Kevlar parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent ». Le Kevlar est notamment utilisé dans la fabrication de gilets pare-balles.
Fabrice Arfi a dénoncé ce registre, y voyant une volonté de « jouer au petit soldat ». « Quand le mauvais exemple vient de si haut, ça peut toujours donner de mauvaises idées à des gens qui peuvent grandir dans un environnement politique où la violence existe », a-t-il réagi.
Fabrice Arfi défend plusieurs mois d’enquête
Face aux démentis du RN, Fabrice Arfi assure que Mediapart dispose d’éléments étayant ses accusations. « Il y aura une démonstration de ce que nous avons écrit », a-t-il déclaré sur franceinfo.
Selon le journaliste, les investigations ont commencé au printemps et reposent sur des « sources documentaires » ainsi que sur des « sources humaines différentes ». Le travail porte notamment sur des courriels et des « conversations privées sur des plateformes comme Facebook et Messenger ».
« On ne va pas mettre la réputation du journal en jeu sur des informations aussi sensibles, si nous ne sommes pas sûrs à 200 % », a poursuivi le coresponsable des enquêtes.
Mediapart attribue notamment à Jordan Bardella des messages reprenant des stéréotypes antisémites sur les banques et une prétendue volonté de domination des Juifs. Le président du RN dénonce, de son côté, des « faux grossiers ».
Des démarches judiciaires annoncées par le président du RN
Jordan Bardella affirme avoir déposé une plainte en diffamation contre Mediapart. Il a également évoqué une plainte pour faux et usage de faux, en la conditionnant à l’existence d’éléments écrits publiés par le journal. Interrogé mercredi matin, Fabrice Arfi a indiqué ne pas avoir connaissance, à ce stade, des plaintes annoncées.
Le journaliste a, par ailleurs, expliqué ne pas envisager personnellement de suites judiciaires aux déclarations qu’il qualifie de « menaces à peine déguisées ». Il s’est néanmoins dit « sidéré » de voir une personnalité aspirant à diriger le pays s’adresser ainsi aux journalistes.
Questions fréquentes
Que reproche Mediapart a Jordan Bardella ?
Mediapart attribue a Jordan Bardella des messages datant de 2013 reprenant des stereotypes antisemites sur les banques et une pretendue volonte de domination des Juifs, tenus alors qu'il etait jeune militant du Front national.
Comment Jordan Bardella a-t-il reagi ?
Il conteste fortement les accusations, denonce une « manipulation » et une « operation de destabilisation ». Il affirme avoir depose une plainte en diffamation et evoque une plainte pour faux et usage de faux.
Que dit Mediapart pour se defendre ?
Fabrice Arfi affirme que l'enquete a commence au printemps et repose sur des sources documentaires et humaines, dont des courriels et conversations privees sur Facebook et Messenger. Il annonce une « démonstration » et de nouvelles révélations.
Quelle a ete la reaction de Marine Le Pen ?
Marine Le Pen a affiche sa « confiance absolue » envers Bardella et promis de « contre-attaquer », conseillant a Mediapart « d'enfiler son costard en Kevlar ».
