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Retraites, Ukraine, LFI : les points d’accord et les lignes de fracture de la primaire à gauche

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Reunis dimanche 4 octobre sur BFMTV, les cinq candidats a la primaire sociale-democrate ont affiche leur proximite sur le retour des retraites a 62 ans, le soutien a l'Ukraine et la regularisation des travailleurs sans papiers. L'alliance avec LFI demeure la principale ligne de fracture.

Faits clés
Retour age de depart retraite 62 ansAge defendu par Faure, Glucksmann et Maurel
Reforme contestee reforme de 2023Reforme Borne, dont les candidats defendent l'abrogation
Nombre de candidats cinqGlucksmann, Faure, Royal, Guedj, Maurel
Duree mobilisation lyceenne une dizaine de joursMobilisation soutenue par les candidats

    Une proximité sur plusieurs priorités sociales, mais une ligne de fracture persistante sur les conditions du rassemblement. Réunis dimanche 4 octobre sur BFMTV, en partenariat avec Libération, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont livré leur dernière confrontation télévisée avant le premier tour de la primaire sociale-démocrate.

Pendant près de trois heures, l’eurodéputé de Place publique, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 et les deux députés ont tenté de préciser leurs différences. La relation avec La France insoumise (LFI) a toutefois occupé une place centrale.

L’alliance avec LFI, principale ligne de fracture

Raphaël Glucksmann a réaffirmé son refus d’un rapprochement avec la formation de Jean-Luc Mélenchon. « Je veux que nous puissions gouverner dans la clarté, je refuse les compromissions avec les Insoumis et avec Jean Luc Mélenchon », a déclaré l’eurodéputé.

Une position partagée par Jérôme Guedj. Le député socialiste a qualifié Jean-Luc Mélenchon de « boulet sur la perspective de victoire face au Rassemblement national ». Il a également reproché à Olivier Faure de « tous nous fragiliser » en laissant « entendre que nous aurions des passerelles possibles » avec LFI.

Défendant la nécessité de rassembler la gauche à l’Assemblée nationale, le premier secrétaire du PS a répondu n’avoir « jamais parlé d’alliance avec Jean-Luc Mélenchon ».

« Vous avez réussi à faire tourner une primaire socialiste autour de Jean-Luc Mélenchon », a-t-il déploré.

Ségolène Royal a, pour sa part, attaqué la stratégie de Raphaël Glucksmann. Dénonçant un « hold-up » sur le PS, elle l’a accusé de participer à la primaire parce qu’il « n’a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique » et de critiquer LFI pour « justifier l’alliance avec la droite ».

Retraites : le retour à 62 ans rassemble, le financement fait débat

Interrogés par Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), les candidats ont exposé leurs orientations sur l’âge de départ et le financement des pensions.

Olivier Faure a promis « l’abrogation immédiate de la réforme Borne » et un retour à 62 ans. Raphaël Glucksmann a défendu le même âge de départ : « Nous abrogerons la réforme injuste de 2023 et il n’y aura pas de capitalisation. » Pour l’eurodéputé, un retour à 60 ans n’est pas envisageable : « On ne pourra pas faire 60 ans, donc ce sera 62 ans. »

Emmanuel Maurel, député de la Gauche républicaine et socialiste, s’est également prononcé pour les « 62 ans », tout en se disant « complètement hostile » à la capitalisation. Il a relativisé les difficultés financières du système, estimant que le déficit des retraites « n’est pas important » et invoquant les excédents des régimes complémentaires ainsi que les réserves disponibles.

Jérôme Guedj a privilégié une approche fondée sur les parcours professionnels. « Je ne défends pas la notion d’un âge pivot », a-t-il expliqué, mais « un nombre de trimestres modulé avec la pénibilité ».

Sur les recettes, Olivier Faure a proposé un « dividende IA », destiné à faire contribuer les gains économiques liés à l’intelligence artificielle au financement de la protection sociale lorsque celle-ci remplace des salariés.

Ségolène Royal a placé la justice fiscale au préalable de tout effort demandé aux pensionnés. « Je ne veux pas qu’on diminue les retraites tant qu’on n’a pas réglé la question de la justice fiscale, tant qu’on n’a pas remis l’impôt de la solidarité sur la fortune », a-t-elle affirmé.

Colère lycéenne : un soutien commun, des réponses différentes

Les cinq candidats ont soutenu les revendications des lycéens mobilisés depuis une dizaine de jours. « La violence ne sert absolument à rien », a déclaré Jérôme Guedj, tout en jugeant leurs demandes « absolument légitimes ».

Olivier Faure a promis de recevoir les représentants des lycéens à l’Élysée s’il était élu. « Ces jeunes-là ne demandent pas à casser mais à étudier », a-t-il insisté, avant de dénoncer les conditions du maintien de l’ordre : « On ne tire pas à bout portant sur nos enfants, point barre. »

Ségolène Royal a appelé les adultes à accompagner la mobilisation. « Avec moi, il n’y aurait pas de mouvement social », a-t-elle assuré. Emmanuel Maurel a défendu l’abrogation de Parcoursup, qui, selon lui, « crée un sentiment d’injustice ».

Raphaël Glucksmann a associé soutien à l’école et fermeté face aux violences. « Il faut être inflexibles avec les casseurs qui viennent voler les mobilisations des lycéens », a-t-il déclaré, tout en appelant à « augmenter les salaires des enseignants ».

Ukraine : accord sur l’aide, désaccord sur le dialogue avec Poutine

Le maintien du soutien à l’Ukraine fait consensus entre les cinq prétendants. Pour Raphaël Glucksmann, « ce qui se joue en Ukraine, ça n’est pas juste l’avenir de l’Ukraine, c’est l’avenir de l’ensemble de l’Europe, nous sommes tous ciblés ». Il a défendu la saisie des avoirs publics russes gelés et la construction d’une défense européenne « souveraine, autonome ».

Jérôme Guedj a appelé à poursuivre le financement et les livraisons d’armes, afin que l’Ukraine puisse décider elle-même des conditions d’un cessez-le-feu et du rétablissement de sa souveraineté. « C’est notre sécurité qui se joue là-bas », a-t-il souligné. Olivier Faure a, lui aussi, estimé que les ambitions de Vladimir Poutine ne se limitaient pas à l’Ukraine : « La frontière ukrainienne est la frontière de la liberté. »

Le désaccord porte sur la voie diplomatique. Ségolène Royal a plaidé pour « maintenir la défense de l’Ukraine », mais aussi pour « négocier avec Vladimir Poutine ». Emmanuel Maurel a rejeté cette perspective, estimant que le président russe « ne veut pas dialoguer ». Le député a également soutenu la saisie des avoirs russes gelés et le renforcement de la cyberdéfense.

Immigration : régulariser les travailleurs et répondre aux besoins économiques

Sur l’immigration, plusieurs candidats ont mis en avant la situation des travailleurs sans papiers et les besoins de main-d’œuvre. Olivier Faure a dénoncé le décalage entre leur participation à l’activité économique et leur absence de droits.

« Les tenants de l’immigration zéro sont soit dans une forme de négation de la réalité ou alors ils mentent », a estimé Raphaël Glucksmann. Ségolène Royal a dénoncé la « grande hypocrisie de laisser dans l’irrégularité les salariés que certains patrons ont fait venir ».

Jérôme Guedj a défendu une « immigration planifiée », à travers une loi de programmation permettant de « répondre aux besoins des secteurs professionnels », notamment dans les services à la personne, l’hôtellerie et le bâtiment.

Emmanuel Maurel a demandé un meilleur accueil des étudiants étrangers et défendu le droit d’asile. Concernant les personnes sans papiers qui travaillent et cotisent à la Sécurité sociale, il a conclu : « Il faut les régulariser. »

Glucksmann présente ses excuses à Royal après la polémique des vidéos

La confrontation a également été marquée par les vidéos dans lesquelles Raphaël Glucksmann tient des propos offensants à l’égard de Jean-Luc Mélenchon et accuse Ségolène Royal d’avoir « fait la danse du ventre » devant Emmanuel Macron pour obtenir des fonctions gouvernementales.

« J’ai l’habitude des agressions verbales pendant mes campagnes. Mais venant de vous, ça m’a particulièrement choqué, car en plus c’est une agression à connotation sexuelle », a réagi l’ancienne candidate socialiste. Elle a contesté avoir sollicité un poste auprès du président de la République.

Raphaël Glucksmann a invoqué le caractère privé des échanges et récusé toute intention sexiste. « Je ne pense pas qu’il faille utiliser ce type de langage dans le débat public, j’en suis absolument conscient », a-t-il reconnu.

« Le plus simple, c’est de s’excuser », lui a lancé Olivier Faure. L’eurodéputé a finalement présenté ses excuses à Ségolène Royal, au terme d’un échange illustrant les tensions entre les candidats à quelques jours du vote.

Questions fréquentes

Qui participe a la primaire a gauche ?

Raphael Glucksmann, Olivier Faure, Segolene Royal, Jerome Guedj et Emmanuel Maurel ont participe au dernier debat televise avant le premier tour de la primaire sociale-democrate.

Que proposent les candidats sur les retraites ?

Faure, Glucksmann et Maurel defendent un retour a 62 ans et l'abrogation de la reforme de 2023. Faure propose un dividende IA et Royal exige la justice fiscale prealable.

Quelle est la position des candidats sur LFI ?

Glucksmann et Guedj refusent tout rapprochement avec Jean-Luc Melenchon. Faure, qui dit n'avoir jamais parle d'alliance, defend le rassemblement de la gauche a l'Assemblee nationale.

Que disent les candidats sur l'Ukraine ?

Le maintien du soutien a l'Ukraine fait consensus. Le desaccord porte sur la diplomatie : Royal plaide pour negocier avec Poutine, Maurel rejette cette perspective.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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