Le premier débat de la primaire du PS et de ses alliés, mercredi soir sur LCI, a réuni Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel. Les cinq candidats ont convergé sur les salaires et la fiscalité, mais divergé sur Gaza, l'Ukraine et l'alliance avec LFI.
| Candidats au débat | cinq candidatsOlivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel |
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| Trois candidats socialistes | trois candidats socialistesplus un eurodéputé de Place publique et un représentant de la Gauche républicaine et socia |
| Présidentielle de référence | 2027éventuelles législatives après la présidentielle en cas de dissolution |
Un socle économique partagé, mais des désaccords persistants sur la stratégie politique et les questions internationales. Le premier débat de la primaire du Parti socialiste (PS) et de ses alliés a réuni Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel, mercredi soir sur LCI, en partenariat avec Le Parisien.
Interrogés par des Français, les trois candidats socialistes, l’eurodéputé de Place publique et le représentant de la Gauche républicaine et socialiste ont défendu leurs réponses aux difficultés du quotidien. Ce premier débat de la primaire du PS et de ses alliés a cependant fait apparaître des conceptions différentes du rassemblement à gauche.
Pouvoir d’achat : un objectif commun, plusieurs leviers
Face au témoignage d’une mère célibataire en difficulté financière, les cinq candidats ont défendu une augmentation du salaire minimum et, plus largement, des faibles rémunérations. Les moyens proposés varient toutefois.
Emmanuel Maurel souhaite indexer les salaires sur l’inflation. Ségolène Royal et Olivier Faure préconisent une conférence salariale après les échéances électorales de 2027. Raphaël Glucksmann mise sur une baisse de la contribution sociale généralisée (CSG), tandis que Jérôme Guedj propose de conditionner les aides aux entreprises à des augmentations de salaires.
Sur les finances publiques, les candidats privilégient une hausse des recettes fiscales plutôt qu’une réduction des dépenses publiques pour réduire la dette. Le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, figure parmi les leviers avancés.
Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann défendent également des économies sur le patrimoine ou le train de vie de l’État, au nom de l’exemplarité.
Ukraine : Ségolène Royal contestée sur sa position
Les convergences économiques ont laissé place à des échanges plus tendus sur la guerre en Ukraine. Ségolène Royal, qui avait auparavant qualifié Raphaël Glucksmann de « stagiaire » en politique, a estimé qu’il fallait « aider l’Ukraine à obtenir une paix juste et durable ».
« Certains nous disent qu’on n’a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre », a déploré l’ancienne candidate à la présidentielle, visant sans le nommer l’eurodéputé de Place publique.
Raphaël Glucksmann a soutenu que Vladimir Poutine « n’a aucune intention de négocier » avec les Européens, une analyse partagée par Emmanuel Maurel. Il a appelé à « résister, aider les Ukrainiens parce que c’est notre première ligne de défense ». Jérôme Guedj a, de son côté, reproché à Ségolène Royal « un flottement » sur le sujet.
Gaza et antisémitisme : les échanges se crispent
Sur le Proche-Orient, les cinq candidats ont affiché leur volonté de remettre en cause l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Mais cette convergence n’a pas empêché une vive confrontation.
Ségolène Royal a estimé que « la montée de l’antisémitisme » était due « aux actuels dirigeants » israéliens. Selon la finaliste de la présidentielle de 2007, il faudrait « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ».
Jérôme Guedj a immédiatement dénoncé une « injonction assez incroyable ». « Dire que c’est aux juifs de se justifier du gouvernement israélien, c’est essentialiser le conflit », a répliqué le député socialiste.
Raphaël Glucksmann a également contesté ces propos : c’est « avec ce type de discours qu’à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu’ils ont une kippa », a-t-il déclaré.
Ségolène Royal a alors demandé à l’eurodéputé de qualifier la situation à Gaza de « génocide ». Celui-ci a refusé d’employer ce terme, lui préférant les expressions « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ».
L’alliance avec LFI, fracture stratégique
La possibilité d’un nouvel accord avec La France insoumise (LFI) a cristallisé les désaccords. Quatre ans après la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et deux ans après le Nouveau Front populaire, les candidats divergent sur la stratégie à adopter lors d’éventuelles législatives organisées après la présidentielle de 2027, en cas de dissolution.
Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont refusé d’exclure un rapprochement avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj ont contesté cette ouverture.
Jérôme Guedj s’en est pris au premier secrétaire du PS, lui reprochant l’alliance conclue avec LFI aux législatives anticipées de 2024. « La godille, c’est bon pour le ski, pas pour la gauche », a-t-il lancé, assurant qu’il se « fichait de la survie d’un groupe socialiste » à l’Assemblée nationale.
« Vous glissez dans la soumission à La France insoumise… », a poursuivi le député. « Pas d’insulte ! », a rétorqué Ségolène Royal, avant d’ajouter : « Si vous ne voulez pas faire d’alliance avec la gauche, vous voulez la faire avec la droite ».
Face à l’extrême droite, deux visions du rassemblement
Olivier Faure a défendu la nécessité de préserver les possibilités d’union. « Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche ! Si vous dites aux électeurs insoumis qu’ils sentent mauvais, ils ne viendront jamais ! », a-t-il répondu.
Le dirigeant socialiste a appelé à concentrer les efforts sur l’extrême droite « qui, pour la première fois depuis Vichy, effectivement, peut l’emporter ». Emmanuel Maurel a soutenu une logique similaire : « Si par malheur Marine Le Pen arrive à l’Elysée », il faudra « se rassembler » à gauche.
Raphaël Glucksmann a défendu l’analyse inverse. « Si vous arrivez avec une alliance avec LFI (…) pour battre l’extrême droite, y compris aux législatives (…), vous perdez », a-t-il affirmé. Selon lui, Jean-Luc Mélenchon « fait trop peur à trop de monde ».
Derrière un objectif partagé de défaite de l’extrême droite, le débat a ainsi exposé deux stratégies : maintenir la possibilité d’une alliance élargie ou rompre avec LFI pour convaincre au-delà de son électorat.
Questions fréquentes
Qui participe à la primaire du PS ?
Cinq candidats : Olivier Faure, Jérôme Guedj et Ségolène Royal pour le PS, Raphaël Glucksmann (Place publique) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste).
Quelles propositions sur le pouvoir d'achat ?
Tous défendent une hausse du salaire minimum. Maurel veut indexer les salaires sur l'inflation, Glucksmann baisser la CSG, Guedj conditionner les aides aux entreprises, Royal et Faure une conférence salariale.
Les candidats veulent-ils une alliance avec LFI ?
Faure, Royal et Maurel refusent d'exclure un rapprochement avec le mouvement de Mélenchon. Glucksmann et Guedj s'y opposent, estimant que Mélenchon fait trop peur.
Que disent les candidats sur Gaza ?
Les cinq veulent remettre en cause l'accord d'association UE-Israël. Royal a demandé à Glucksmann de qualifier la situation de génocide, ce qu'il a refusé, préférant crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
