Depuis le Qatar, Emmanuel Macron a dénoncé des dirigeants étrangers qui « font campagne sur le dos de la France » en exploitant les violences du 17 octobre. Il vise les propos de Donald Trump et Benjamin Netanyahou, pointant des images générées par intelligence artificielle, avant les manifestations du 24 octobre.
| Date des violences | 17 octobreÉvénements dont Macron demande un compte rendu détaillé |
|---|---|
| Prochaines manifestations | samedi 24 octobreNouvelle mobilisation prévue |
| Réunion de sécurité | jeudiAvec ministres et responsables des services de renseignement |
Emmanuel Macron hausse le ton face aux commentaires internationaux sur les violences du week-end dernier. Lors d’un point presse au Qatar, le chef de l’État a accusé certains responsables étrangers d’instrumentaliser les événements à des fins électorales et de relayer des informations trompeuses, notamment des images générées par intelligence artificielle.
Il a dénoncé des « commentaires inacceptables autant que stupides », sans désigner nommément les dirigeants concernés. Ses déclarations interviennent après les prises de position de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou sur les troubles en France.
Une dénonciation de la manipulation de l’information
Le président français distingue une éventuelle intervention étrangère dans les violences de leur exploitation ultérieure. Selon lui, aucun élément visible ne permet, à ce stade, de conclure à une ingérence dans le déroulement des événements. Il dénonce en revanche une manipulation de leur représentation à l’étranger, comme l’indique le compte rendu de son point presse publié par l’Élysée.
« Il y a des gens qui font campagne sur le dos de la France », a-t-il lancé, mettant en cause des responsables politiques engagés dans des campagnes électorales dans la région ou outre-Atlantique.
Emmanuel Macron leur reproche notamment de reprendre des contenus produits par intelligence artificielle et de présenter les violences comme la conséquence d’une invasion du pays. « Nous avons des gens qui ont expliqué que nous avions été envahis par des hordes de migrants et d’islamistes », a-t-il dénoncé, contestant cette lecture des événements.
Les rassemblements du week-end ont réuni de nombreux manifestants pacifiques, à l’appel notamment des syndicats, des Gilets jaunes et des étudiants. Dans plusieurs villes, les pillages et les affrontements avec les forces de l’ordre ont toutefois relégué au second plan les revendications des cortèges.
Donald Trump mobilise le thème de l’immigration
La réaction française intervient notamment après les déclarations du président américain. Lundi, Donald Trump a affirmé que la France était « assiégée, pillée et incendiée par des migrants, des djihadistes et des communistes ».
« Ce qui se passe en France est lié à l’immigration, pas à l’école, ni à quoi que ce soit d’autre. C’est l’immigration », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Ils ont laissé entrer dans leur pays des gens qui n’aiment pas leur pays. »
Engagé dans la campagne des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump a présenté les troubles français comme un avertissement pour les électeurs américains, en évoquant un scénario similaire en cas de victoire de ses adversaires démocrates. Ces affirmations constituent son interprétation politique des événements.
Face à ces prises de position, Emmanuel Macron a exprimé son irritation : « Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l’aime pas. Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n’aiment pas notre pays, donc ces gens m’indisposent. »
Une réunion de sécurité avant les manifestations du 24 octobre
Sur le plan intérieur, le président de la République a annoncé une réunion jeudi avec les ministres concernés et les responsables des services de renseignement. Il souhaite disposer d’un compte rendu détaillé des événements du 17 octobre et des conditions dans lesquelles les violences ont pu se développer.
Cette réunion doit aussi permettre de préparer la réponse des autorités avant les nouvelles manifestations prévues samedi 24 octobre. La feuille de route définie lundi comprend notamment des couvre-feux localisés et des restrictions de rassemblement.
Emmanuel Macron a adressé un avertissement aux personnes qui chercheraient à provoquer de nouveaux incidents : « Les personnes qui veulent semer le désordre dans les centres-villes samedi en seront empêchées ».
Le dialogue social maintenu, la violence condamnée
Parallèlement au dispositif de sécurité, l’exécutif entend poursuivre les échanges avec les syndicats et les forces politiques. Engagées au début de la semaine, ces discussions doivent se prolonger jusqu’à vendredi, avec l’objectif de répondre aux revendications tout en évitant de nouvelles violences.
Le chef de l’État a appelé les différents acteurs à clarifier leur position : « Chacun doit prendre ses responsabilités dans ce contexte. Il y a eu trop d’ambiguïtés. Des gens ont expliqué que certaines formes de violence légitime existaient : non, il n’y a pas de violence légitime ».
À quelques jours de la prochaine mobilisation, Emmanuel Macron défend ainsi une réponse associant maintien de l’ordre et dialogue avec les représentants des manifestants. L’enjeu pour l’exécutif est de traiter les motifs de la contestation tout en empêchant la répétition des pillages et des affrontements du week-end précédent.
Questions fréquentes
Qu'a dit Macron sur les dirigeants étrangers ?
Il a accusé certains responsables étrangers d'instrumentaliser les violences à des fins électorales et de relayer des informations trompeuses, dénonçant des « commentaires inacceptables autant que stupides ».
Qu'a déclaré Donald Trump sur la France ?
Trump a affirmé que la France était « assiégée, pillée et incendiée par des migrants, des djihadistes et des communistes », liant les troubles à l'immigration.
Quelles mesures sont prévues pour le 24 octobre ?
La feuille de route comprend des couvre-feux localisés et des restrictions de rassemblement, avec une réunion de sécurité jeudi pour préparer la réponse des autorités.
Y a-t-il eu une ingérence étrangère dans les violences ?
Selon Macron, aucun élément visible ne permet, à ce stade, de conclure à une ingérence dans le déroulement des événements. Il dénonce surtout une manipulation de leur représentation à l'étranger.
