Le Rassemblement national tient son congrès à Orléans ce week-end pour lancer la campagne présidentielle 2027 de Marine Le Pen. Jusqu'à 10 000 militants sont attendus dimanche, face à une manifestation de gauche réunissant 20 000 à 30 000 personnes. Près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires sont déployés.
| Participants attendus samedi | 5 000 personnesCongrès au Zénith d'Orléans |
|---|---|
| Participants attendus dimanche | 10 000Meeting de Marine Le Pen à la CO'Met Arena |
| Manifestants anti-RN attendus | 20 000 à 30 000 personnesSelon le préfet du Loiret, venues de toute la France |
| Éléments radicaux estimés | 2 000 à 3 000 éléments radicauxSelon le préfet, parmi les manifestants |
| Renforts de sécurité | près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentairesUne quinzaine d'unités de forces mobiles |
Le Rassemblement national veut faire de son congrès d’Orléans une étape majeure de sa préparation à l’élection présidentielle de 2027. Quelque 5 000 personnes sont attendues samedi et 10 000 dimanche pour le meeting de Marine Le Pen. Une trentaine de cars ont été affrétés pour acheminer les militants venus de toute la France.
Selon le programme officiel du Rassemblement national, le congrès se déroule samedi au Zénith d’Orléans, avant un grand meeting de lancement de campagne présidentielle dimanche à la CO’Met Arena.
Jordan Bardella attendu à la tête du parti, Marine Le Pen à la tribune
La première journée doit être consacrée au renouvellement des instances dirigeantes. Jordan Bardella devrait être réélu président du RN, avant d’annoncer la composition du bureau national et du bureau exécutif.
Dimanche, trois prises de parole doivent se succéder : celle d’Éric Ciotti, maire de Nice et allié du RN, puis celle de Jordan Bardella et, enfin, celle de Marine Le Pen. Ce rassemblement doit donner le coup d’envoi officiel de la campagne présidentielle de cette dernière.
Une mobilisation contre le RN déplacée hors du centre-ville
En parallèle, une importante manifestation est annoncée samedi à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, de syndicats et de mouvements politiques, principalement de gauche. Le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, a indiqué jeudi attendre « 20 000 à 30 000 personnes venues de toute la France » pour les mobilisations contre le congrès.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, le maire La France insoumise de Saint-Denis, Bally Bagayoko, la dirigeante des Écologistes, Marine Tondelier, et la secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), Sophie Binet, doivent participer au rassemblement contre « le racisme, le fascisme et l’impérialisme ».
Initialement prévu à 10 h 30 sur le parvis de la cathédrale, le départ a été déplacé après une modification du tracé par la préfecture vendredi après-midi. Le cortège doit finalement partir de l’esplanade du Souvenir Français, emprunter plusieurs grands boulevards et revenir à son point de départ, en évitant le centre-ville.
Le RN et la CGT s’opposent sur le sens de la manifestation
À la veille du congrès, les échanges se sont durcis entre le RN et ses opposants. « Les personnalités politiques » qui viendront à Orléans « veulent intimider nos militants », a dénoncé vendredi sur France Inter Laure Lavalette, députée et porte-parole du Rassemblement national.
Sophie Binet a rejeté cette accusation sur franceinfo : « Il faut que Marine Le Pen arrête son cinéma, arrête de se victimiser, on ne va pas empêcher la tenue de son congrès. »
La secrétaire générale de la CGT a défendu l’objectif politique du rassemblement : « Nous nous rassemblerons pour dénoncer le danger absolu que fait peser l’extrême droite sur notre démocratie. C’est un parti qui veut mettre à bas toutes les valeurs de notre République. »
Le préfet a, pour sa part, distingué cette mobilisation des risques de débordements qu’il anticipe : « Cette manifestation régulièrement déclarée s’inscrit dans la légalité. (…) L’Etat, c’est son rôle, garantira l’exercice de cette liberté de manifester. »
Près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires
Les autorités redoutent toutefois la présence de groupes cherchant à perturber le congrès. Selon Hugues Moutouh, des organisations « identifiées comme appartenant à la mouvance de l’ultragauche » ont affiché « leur ferme intention d’empêcher par tous les moyens la tenue du congrès du Rassemblement national et du meeting de madame Le Pen ».
Le préfet estime que « 2 000 à 3 000 éléments radicaux » pourraient se trouver parmi les manifestants. Il a également prévenu qu’« il n’y aura aucune manifestation déclarée dimanche (…) parce que nous savons malheureusement que ces rassemblements sont des attroupements, souvent de personnes armées, dont l’objectif est de déstabiliser les institutions de la République et de s’en prendre aux libertés des personnes ».
Pour sécuriser le week-end, il a annoncé « des moyens absolument massifs mobilisés par le ministère de l’Intérieur », dont « une quinzaine d’unités de forces mobiles », « soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires ». Un blindé Centaure de la gendarmerie ainsi que des engins lanceurs d’eau doivent également être déployés.
Transports, musées et commerces concernés par les restrictions
La municipalité a parallèlement annoncé plusieurs mesures préventives. « Il y aura un dispositif exceptionnel », a assuré jeudi sur franceinfo le maire d’Orléans, Serge Grouard, évoquant « un dispositif très réactif ».
« On n’attend pas l’arme au pied qu’on vienne tout nous casser », a-t-il déclaré, sans détailler l’organisation opérationnelle : « Si on révèle le dispositif, on se crée une faiblesse. »
Les mesures annoncées comprennent l’interdiction de stationner dans le centre-ville, l’arrêt de la circulation des tramways, le retrait de mobilier public et des protections autour de certains bâtiments. Plusieurs lieux publics, dont les musées, doivent fermer, tandis que des spectacles ont été annulés.
Les commerces pourront rester ouverts. Les établissements du centre-ville devront toutefois replier leurs terrasses, dans une ville dont le fonctionnement sera largement affecté par la sécurisation du congrès et des mobilisations.
Questions fréquentes
Quand a lieu le congrès du RN à Orléans ?
Le congrès se déroule samedi au Zénith d'Orléans, avant un grand meeting de lancement de campagne présidentielle dimanche à la CO'Met Arena, avec les prises de parole d'Éric Ciotti, Jordan Bardella et Marine Le Pen.
Qui manifeste contre le congrès du RN ?
Une cinquantaine d'organisations, syndicats et mouvements de gauche, dont Olivier Faure, Marine Tondelier et Sophie Binet (CGT). Le préfet attend 20 000 à 30 000 personnes contre « le racisme, le fascisme et l'impérialisme ».
Quelles sont les mesures de sécurité à Orléans ?
Près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires, un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d'eau. La ville prévoit l'arrêt des tramways, l'interdiction de stationner et la fermeture des musées.
Qui dirigera le RN après le congrès ?
Jordan Bardella devrait être réélu président du Rassemblement national samedi, avant d'annoncer la composition du bureau national et du bureau exécutif.
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