- Marie Barsacq, ministre des Sports, se retrouve au centre d’une vive polémique après ses déclarations sur le voile dans le sport.
- Ses propos, jugés controversés par de nombreux responsables politiques, ont alimenté un débat déjà très clivant sur la laïcité et la liberté religieuse
La ministre des Sports, Marie Barsacq, se retrouve au centre d’une vive controverse après ses déclarations sur le voile, le 12 mars dernier, devant la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale. En réponse aux questions des députés, elle a exprimé son point de vue sur la manière dont le port du voile est souvent associé à la radicalisation dans le sport, une position qui a suscité de nombreuses réactions politiques, notamment à droite et à l’extrême droite.

"Il ne faut pas confondre voile et radicalisation"
Lors de son audition, Marie Barsacq a pris soin de distinguer les sujets de la radicalisation et du port du voile. « Les sujets de radicalisation dans le sport sont un autre sujet que celui du port du voile et des insignes religieux », a-t-elle souligné devant les députés, insistant sur le fait qu’il fallait éviter les « confusions » et les « amalgames ». Pour elle, ces deux questions ne devraient pas être abordées sous le même prisme.
Cette prise de position intervient dans un contexte législatif tendu, où le Sénat a adopté, le 18 février, une proposition de loi portée par les Républicains, visant à interdire le voile dans les compétitions sportives. Marie Barsacq semble marquer une différence nette avec ce texte. « L’objectif du ministère des Sports, c’est de donner l’accès à la pratique sportive à tous et toutes », a-t-elle rappelé, en précisant que le sport doit être un outil d’émancipation, accessible à toutes les personnes, sans distinction religieuse.
Le voile dans le sport et laicité : un débat politique clivant
Depuis plusieurs années, le port du voile dans le sport suscite de vives polémiques en France. Certaines fédérations, comme celle du football, ont opté pour son interdiction, tandis que d’autres, à l’instar du handball, l’autorisent dans certaines conditions. Ces divergences font naître des débats complexes, alimentés par des questions de laïcité et d’intégration.
« La laïcité ne se résume pas au fait de porter ou non le voile », a affirmé la ministre, insistant sur la complexité du sujet. Marie Barsacq a également souligné que « l’entrisme ne se résume pas au port du voile ».
Une vague de critiques et une opposition résolue
Les propos de la ministre ont rapidement déclenché une vague de critiques, en particulier du côté de l’extrême droite et de la droite. Le député RN Julien Odoul, auteur d’un rapport dénonçant les « dérives communautaristes et islamistes » dans le sport, n’a pas tardé à fustiger la position de Marie Barsacq, l’accusant de « faire l’autruche » face à des phénomènes qu’il juge inquiétants.

En réponse, la ministre a rétorqué : « Ce que vous visez, c’est le voile islamique. Est-ce que le voile résume l’entrisme ? La réponse est non. Il y a des femmes qui exercent leur liberté religieuse comme la loi de 1905 l’autorise dans notre pays, que ça vous plaise ou non, c’est comme ça, elles en ont le droit et c’est d’ailleurs le cas dans beaucoup de démocraties ».
Toutefois, Marie Barsacq n’a pas manqué de nuancer ses propos : « Mais je ne suis pas naïve, il y a des situations où il y a des femmes voilées qui participent de façon contrainte ou délibérée à ce qu’on appelle l’entrisme. C’est inacceptable », a-t-elle ajouté.

Le président des députés Républicains, Laurent Wauquiez, a, quant à lui, exprimé son désaveu sur les réseaux sociaux, affirmant : « Pas de voiles dans le sport. Le principe de laïcité doit être strictement appliqué dans les compétitions sportives. Transiger, c’est se soumettre ». Sur CNews, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a également rappelé : « Sur un terrain de sport, il n’y a ni religion ni politique. Il n’y a pas de port du voile ».
Même au sein de la majorité, certaines voix se sont élevées contre la ministre. Le député Charles Rodwell, membre du groupe « Ensemble pour la République », a demandé la démission de Marie Barsacq, estimant qu’elle ne répondait pas correctement aux enjeux de la laïcité dans le sport.

Face à la montée des critiques, le cabinet de Marie Barsacq a tenu à préciser sa position. Selon L’Équipe, la ministre « est alignée avec la position favorable du gouvernement à la proposition de loi votée au Sénat », qui interdit le port du voile dans les compétitions sportives. Ainsi, même si Marie Barsacq a exprimé une position plus nuancée sur ce sujet, elle soutient néanmoins la législation en cours.
Les déclarations de Marie Barsacq viennent raviver un débat de longue date sur la laïcité et le port du voile dans le sport en France. Entre les impératifs d’inclusion, d’émancipation, et les préoccupations liées à la radicalisation, ce sujet semble plus que jamais diviser la classe politique.
