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Kiabi : 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, une croissance de 8% malgré la crise de l’habillement

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  • Alors que le secteur de l’habillement traverse une crise profonde, Kiabi revendique une année 2025 en nette progression.
  • L’enseigne du groupe Mulliez annonce 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+8% sur un an), poursuit ses ouvertures en France et accélère sur l’innovation, la seconde main et l’affichage environnemental.  

   Kiabi avance à contre-courant. Mardi dernier, l’enseigne a annoncé un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2025, en hausse de 8% par rapport à 2024. Une performance qui s’inscrit, selon sa direction, dans une dynamique installée depuis plusieurs années. « On fait de la croissance régulièrement », affirme Patrick Stassi. « Depuis, l’après-Covid, on est en train de croître chaque année », tout en conservant l’essentiel de sa promesse : un ADN de « mode à petit prix ».

Invité sur France Inter ce lundi 16 février, le directeur général précise l’ampleur de l’activité en tenant compte des taxes de « 3 milliards d’euros en TTC ». Avant d’ajouter un avertissement dans un contexte instable : « Il faut rester humble parce qu’on est dans un secteur où le vent peut tourner très vite. »

Dans un marché où plusieurs acteurs multiplient les plans de restructuration, Kiabi met en avant un modèle de gouvernance censé sécuriser ses décisions stratégiques. Patrick Stassi insiste sur le soutien d’un « actionnariat familial de long terme », estimant être chanceux de ne pas être « adossé à un fonds d’investissement qui veut revendre l’entreprise dans quelques années ». Un message clair : privilégier la durée, même dans un secteur soumis aux cycles et à la pression promotionnelle.

Huit ouvertures en France et une stratégie d’innovation renforcée

 La croissance se traduit aussi sur le terrain. Kiabi indique avoir ouvert huit magasins en 2025 en France, renforçant ainsi son maillage. Mais pour continuer à exister dans la mode française, l’enseigne mise également sur l’innovation.

« Aujourd’hui, on a une direction innovation avec une trentaine de personnes qui continuent à faire des tests », explique Patrick Stassi.

Parmi les chantiers prioritaires : la seconde main, devenue un enjeu de fidélisation et d’image. Le directeur général de Kiabi affirme que la marque a été l’une des premières « à tester la seconde main ». Le dispositif est désormais opérationnel en magasin et en ligne : des clients peuvent revendre des vêtements, et Kiabi les rachète via des bons d’achat à utiliser dans ses points de vente, grâce à Beebs by Kiabi.

Le bébé, un pilier stratégique : “400 000 livrets bébé” par an

Autre moteur revendiqué : l’univers de la petite enfance. « L’une des grandes fiertés de Kiabi est aussi d’être extrêmement bien positionné sur le marché du bébé », souligne Patrick Stassi. Il rappelle le potentiel du marché : « En France, il y a 600 000 naissances par an », et l’enseigne dit ouvrir « chaque année 400 000 livrets bébé », son programme de fidélité destiné aux jeunes mamans.

Pour élargir la réponse aux besoins des familles, Kiabi ne veut plus se limiter au textile. « Pour répondre à ces besoins familiaux, on a ouvert notre offre à autre chose que des vêtements », explique le dirigeant, sans détailler ici les catégories concernées.

À l’échelle internationale, Kiabi revendique 25 millions de clients dans le monde et un réseau de 700 magasins dans 37 pays, 350 en France. Interrogé sur l’origine de fabrication des vêtements, Patrick Stassi assume une production diversifiée : Kiabi « fait fabriquer partout dans le monde, là où il y a de la compétence », avec « un petit peu en Chine », mais aussi en Inde et dans le bassin euro-méditerranéen.

L’enseigne met également en avant certaines productions françaises : « des centaines de milliers de quantités en France également », cite le directeur général, évoquant notamment du « jean au Denim Center dans le Nord » et « le tricot à la Manufacture de Layette à Roanne« .

Durabilité et éco-score : cap sur 100% des produits d’ici fin 2026

Dans un contexte de critique croissante de la fast-fashion, Kiabi assure vouloir renforcer la durabilité. Patrick Stassi affirme que le positionnement de la marque est « basé sur des produits durables » et dit « lutter même contre l’obsolescence émotionnelle des produits », c’est-à-dire contre « la vente frénétique de produits qui ne sont pas durables ».

 Objectif de l’enseigne est d’atteindre 100% des produits avec un éco-score d’ici fin 2026, afin d’indiquer le coût environnemental des articles. « On a 75% de nos vêtements » déjà dotés de cette étiquette, précise le dirigeant, tout en reconnaissant la complexité du déploiement : « C’est un sujet qui est technique, c’est la raison pour laquelle il nous reste encore un petit peu de travail pour finir cet affichage. »

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