LVMH a réalisé au deuxième trimestre un chiffre d'affaires de 19,52 milliards d'euros, en hausse organique de 3 %. La mode-maroquinerie renoue avec la croissance, la joaillerie progresse de 11 %, mais le résultat opérationnel courant recule de 4 % au premier semestre.
| Chiffre d'affaires 2e trimestre | 19,52 milliards d'euroscroissance organique de 3 % |
|---|---|
| Chiffre d'affaires premier semestre | 38,64 milliards d'euros+2 % à taux et périmètre constants, -3 % en données publiées |
| Croissance montres et joaillerie | 11 %au 2e trimestre, après 7 % au premier |
| Marge opérationnelle | 22,5 %contre 21,8 % attendu, 22,6 % un an plus tôt |
| Bénéfice net part du groupe | 5,7 milliards d'eurospremier semestre |
Après un début d’année sous pression, LVMH montre des signes d’amélioration. Le groupe aux 75 maisons a réalisé au deuxième trimestre un chiffre d’affaires de 19,52 milliards d’euros, en croissance organique de 3 %, après une progression de 1 % au cours des trois premiers mois de l’année.
Cette performance se situe globalement au niveau des attentes du marché. HSBC anticipait une hausse de 2 %, Barclays et Deutsche Bank de 2,6 %, tandis qu’UBS et Citi tablaient sur une croissance de 3 %.
Premier grand groupe français du luxe à dévoiler ses résultats semestriels, avant Kering et Hermès, LVMH continue d’évoluer dans un environnement géopolitique incertain. Le conflit au Moyen-Orient a directement affecté les ventes dans la région, mais aussi les dépenses des touristes du Golfe en Europe, notamment en France.
Le ralentissement du trafic aérien est particulièrement sensible pour un secteur dans lequel environ 30 % des achats sont effectués en dehors du pays de résidence des clients. LVMH estime que sa croissance organique aurait atteint 4 % au deuxième trimestre hors impact du conflit, soit un effet négatif d’environ un point de pourcentage à l’échelle du groupe.
Malgré ce contexte, la direction affiche davantage de confiance. « L’accélération de la croissance au deuxième trimestre provient notamment du grand succès des premières créations de Jonathan Anderson pour Christian Dior, et des performances remarquables des nouvelles boutiques d’exception de Louis Vuitton à Pékin et Séoul, et des lignes iconiques de Tiffany et Bulgari », a déclaré Bernard Arnault, président-directeur général de LVMH, dans le communiqué de résultats.
La mode-maroquinerie renoue avec la croissance
Le principal motif de satisfaction vient de la mode et de la maroquinerie, qui regroupe notamment Louis Vuitton, Christian Dior, Celine, Fendi, Loewe et Loro Piana. Cette division concentre plus de 70 % du résultat opérationnel courant du groupe.
Au deuxième trimestre, ses ventes ont progressé de 1 % en données organiques. La performance reste légèrement inférieure au consensus de 1,7 % relevé par Bernstein, mais elle marque un changement de tendance important.
« C’est la première fois en sept trimestres, depuis le troisième trimestre 2024, que cette division se situe en territoire positif », souligne l’intermédiaire financier. Les nouvelles créations de Jonathan Anderson ont notamment soutenu la dynamique de Dior, tandis que Louis Vuitton a bénéficié des performances de ses nouvelles adresses à Pékin et à Séoul.
La reprise demeure toutefois fragile. Sur l’ensemble du premier semestre, les revenus de la mode-maroquinerie reculent encore de 1 % en données organiques et de 5 % en données publiées, à 18,15 milliards d’euros. Son résultat opérationnel courant diminue de 7 %, à 6,20 milliards d’euros, sous l’effet notamment des fluctuations monétaires.
La joaillerie affiche la plus forte progression
Les montres et la joaillerie ont constitué le principal moteur de croissance au deuxième trimestre, avec une hausse organique de 11 %, après 7 % au premier trimestre. Tiffany & Co. et Bulgari ont profité de la demande soutenue pour leurs lignes iconiques.
La distribution sélective, portée par Sephora, a également accéléré, avec une progression de 6 %, contre 4 % au trimestre précédent. Les vins et spiritueux ont maintenu une croissance de 5 %, grâce aux premiers signes de reprise du champagne et du cognac.
Les parfums et cosmétiques font figure d’exception. Leurs revenus organiques ont diminué de 1 % au deuxième trimestre, après être restés stables au cours des trois premiers mois de l’année.
Les États-Unis prennent le relais
Sur le plan géographique, les États-Unis ont confirmé leur rôle de principal relais de croissance. Les ventes y ont progressé de 6 %au deuxième trimestre, après 3 % au premier. La demande des consommateurs américains les plus aisés reste soutenue, notamment par la création de richesse dans les secteurs de la technologie et de l’intelligence artificielle.
L’Asie hors Japon, qui comprend notamment la Chine, a enregistré une croissance de 4 %, contre 7 % au premier trimestre. En Europe, les ventes se sont stabilisées après avoir reculé de 3 % au début de l’année, le repli des dépenses touristiques ayant continué à peser sur l’activité.
Une marge meilleure qu’attendu
Sur l’ensemble du premier semestre, LVMH a réalisé un chiffre d’affaires de 38,64 milliards d’euros. Les ventes progressent de 2 %à périmètre et taux de change constants, mais diminuent de 3 % en données publiées en raison d’un effet de change négatif de 5 %.
Le résultat opérationnel courant recule de 4 %, à 8,69 milliards d’euros, contre 9,01 milliards au premier semestre 2025. Il dépasse néanmoins le consensus d’environ 2,8 %, selon Bernstein. La marge opérationnelle atteint 22,5 %, contre 21,8 % attendu, et reste quasiment stable par rapport aux 22,6 % enregistrés un an plus tôt. Le bénéfice net part du groupe se maintient à 5,7 milliards d’euros, tandis que le flux de trésorerie disponible d’exploitation progresse de 2 %, à 4,1 milliards.
« Dans l’ensemble, nous considérons ces résultats comme rassurants, notamment en raison de marges et de bénéfices supérieurs aux prévisions », estime Royal Bank of Canada, citée par Reuters.
L’accueil des investisseurs pourrait néanmoins rester prudent. L’American Depositary Receipt de LVMH reculait de 1,6 % lundi en fin de séance à Wall Street. Pour Bernstein, la question est désormais de savoir si cette amélioration suffira à soutenir durablement le titre et à convaincre le marché que le secteur du luxe est engagé dans une reprise plus solide.
Questions fréquentes
Quels sont les résultats de LVMH au deuxième trimestre 2025 ?
LVMH a réalisé un chiffre d'affaires de 19,52 milliards d'euros au deuxième trimestre, en croissance organique de 3 %, après une progression de 1 % au premier trimestre.
Comment se porte la mode-maroquinerie de LVMH ?
La division mode-maroquinerie a progressé de 1 % en organique au deuxième trimestre, son premier trimestre positif depuis sept trimestres, soutenue par Dior et Louis Vuitton.
Quelle division a le plus progressé chez LVMH ?
Les montres et la joaillerie, avec une hausse organique de 11 % au deuxième trimestre, portées par Tiffany & Co. et Bulgari.
Quel impact du conflit au Moyen-Orient sur LVMH ?
Le conflit a affecté les ventes dans la région et les dépenses des touristes du Golfe. LVMH estime un effet négatif d'environ un point sur sa croissance.
