La CGT de TotalEnergies appelle à la grève le 8 octobre sur tous les sites du groupe, filiales Hutchinson et Argedis comprises. Le syndicat défend le pouvoir d'achat, les effectifs et les conditions de travail, et prévient que raffineries et stations-service pourraient être perturbées selon la mobilisation locale.
| Augmentation du dividende 2026 | 5,9%chiffre avancé par la CGT dans son communiqué |
|---|---|
| Part du capital détenue par les salariés | 7,6 %salariés de TotalEnergies |
| Stations-service exploitées par Argedis | environ 180principalement sur autoroute |
Un appel à la grève dans un contexte déjà tendu pour les carburants. La CGT de TotalEnergies a annoncé, mercredi 16 septembre, une mobilisation le 8 octobre « sur tous les sites du groupe ». Le syndicat entend défendre le pouvoir d’achat des salariés, les effectifs et les conditions de travail, avec un appel qui concerne également les filiales Hutchinson et Argedis.
Annoncé environ trois semaines avant l’échéance, le mouvement pourrait perturber les expéditions de carburants et l’activité de certaines stations-service. Son ampleur dépendra toutefois de la participation des salariés et des décisions prises sur chaque site.
Des perturbations possibles dans les raffineries et les stations-service
Selon Éric Sellini, coordinateur CGT au sein de TotalEnergies, des arrêts d’expédition depuis les raffineries ou des fermetures de stations-service pourraient intervenir « en fonction de l’engouement » des salariés et « des modalités décidées » localement, rapporte l’AFP
Cet appel intervient alors que l’approvisionnement est déjà soumis à des difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies dans son réseau a, parallèlement, attiré de nombreux automobilistes à la recherche de carburants moins chers, sur fond de hausse des cours du pétrole et des produits raffinés.
À ce stade, l’appel à la mobilisation ne permet donc pas de déterminer quels sites seront effectivement touchés ni l’étendue des perturbations.
Le pouvoir d’achat au cœur des revendications
La CGT met en cause les conséquences de la crise énergétique sur les salariés. « Depuis des mois, les salariés paient la facture de la crise entamée du fait de la guerre déclenchée par les États Unis et Israël au Moyen-Orient. Cette crise a été aggravée par la spéculation sur les matières premières et notamment le pétrole. Et les salariés du Groupe Totalenergies ne sont pas épargnés », écrit le syndicat dans son appel à la mobilisation.
L’organisation oppose l’évolution des rémunérations à celle des revenus des actionnaires. « Les prix continuent d’augmenter dans les rayons et sur les factures, le carburant atteint des prix records et les salaires, eux, restent bloqués. En revanche les actionnaires continuent de s’enrichir grassement (augmentation de 5,9% du dividende pour 2026) sur les richesses produites par l’ensemble des travailleurs du Groupe », affirme-t-elle.
Le chiffre de 5,9 % est celui avancé par la CGT dans son communiqué. Les salariés détiennent par ailleurs 7,6 % du capital de TotalEnergies et perçoivent, à ce titre, une partie des dividendes. Le groupe a annoncé fin juin une augmentation de capital réservée aux salariés.
Pour le syndicat, cet actionnariat ne règle pas la question des rémunérations des « milliers » de salariés dont le pouvoir d’achat recule. Il assure que « de nombreux travailleurs dans les filiales, perçoivent la prime d’activité de la CAF pour compenser des rémunérations devenues insuffisantes face à l’explosion du coût de la vie ».
Des effectifs et des conditions de travail dénoncés par la CGT
Au-delà des salaires, l’organisation syndicale alerte sur les moyens humains. Éric Sellini décrit des effectifs « sous tension », notamment dans les raffineries, et un recours croissant à l’intérim ainsi qu’aux contrats à durée déterminée (CDD). Une évolution qui aurait, selon lui, des conséquences sur la sécurité.
« Les salariés subissent une dégradation continue de leurs conditions de travail qui s’est accentuée pendant les périodes de canicule », dénonce également la CGT dans un tract.
Ces difficultés concernent aussi Hutchinson, la filiale spécialisée dans le caoutchouc et les joints destinés à l’industrie, selon le coordinateur syndical. L’appel du 8 octobre dépasse ainsi les seules activités de raffinage et de distribution de carburants.
Argedis et ses quelque 180 stations-service également concernées
La CGT appelle également à débrayer chez Argedis, filiale qui exploite environ 180 stations-service TotalEnergies, principalement sur autoroute.
Certaines de ces stations avaient déjà connu des grèves au printemps. Les salariés réclamaient alors une aide pour financer leurs dépenses de carburant, alourdies par la hausse des prix. La mobilisation du 8 octobre prolonge ces revendications de pouvoir d’achat à l’échelle du groupe, avec des modalités qui devront être définies localement.
Questions fréquentes
Quand a lieu la grève chez TotalEnergies ?
La CGT a appelé à une grève le 8 octobre sur tous les sites du groupe, ainsi que dans les filiales Hutchinson et Argedis.
Pourquoi la CGT appelle-t-elle à la grève ?
Le syndicat défend le pouvoir d'achat des salariés, les effectifs et les conditions de travail, dénonçant des salaires bloqués face à des actionnaires qui s'enrichissent.
La grève va-t-elle affecter les stations-service ?
Des arrêts d'expédition depuis les raffineries ou des fermetures de stations-service pourraient intervenir selon la participation des salariés et les modalités décidées localement.
Quelles filiales sont concernées par la mobilisation ?
L'appel concerne aussi Hutchinson, spécialisée dans le caoutchouc et les joints, et Argedis, qui exploite environ 180 stations-service, principalement sur autoroute.
